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France: Mélenchon aura été le Le Pen des municipales

Founder of French left-wing party La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon speaks during a campaign meeting in Lille, northern France, on March 19, 2026, ahead of the second round of France's ...
Jean-Luc Mélenchon, Lille, 19 mars 2026.Image: AFP
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La «brute» Mélenchon aura été le Le Pen de ces municipales

La stratégie de brutalisation de la vie politique du leader de la France insoumise, ses sous-entendus antisémites, ont fait mordre la poussière à la gauche dans des grandes villes qu'elle était censée garder ou qu'elle pouvait gagner. A Paris, Rachida Dati chute durement.
22.03.2026, 22:2123.03.2026, 08:25

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon n’a dans l’ensemble pas porté chance aux candidats avec lesquels elle était alliée lors du second tour des élections municipales qui s'est déroulé ce dimanche 22 mars en France. Brest, Clermont-Ferrand, Besançon, jusqu’ici tenues par la gauche, et dont le sortant ou la sortante faisait alliance avec LFI, passent à droite. En revanche, et ce n'est pas rien, les écologistes associés à LFI – mais sans programme commun – sont reconduits à Lyon. Certes, face à une totale erreur de casting à droite: l'ex-président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas n'avait pas le tonus nécessaire pour mener campagne, partant, sans doute pas non plus pour faire le job de maire.

Sanglants règlements de compte

Dans les grandes villes, LFI se révèle plutôt une machine à perdre. Avignon vire ainsi, aussi, à droite, là où la sortante socialiste était alliée à la France insoumise. Marseille, elle, où le RN se faisait très menaçant, reste à gauche, en main PS, sans accord électoral, là non plus, avec les insoumis. Mais à Nantes, la sortante PS, et à Grenoble, le nouvelle venue écologiste, deux villes de gauche qui comptent, l'emportent avec le soutien de LFI.

Les règlements de compte seront sanglants à gauche, entre PS, écologistes et insoumis. La stratégie assumée de brutalisation de Jean-Luc Mélenchon, ses sous-entendus antisémites, complètement fous venant d’un candidat de la gauche, pastichant le Jean-Marie Le Pen de la «grande époque», auront certainement empêché celle-ci de conserver des villes importantes ou d’en gagner d’autres, importantes elles aussi. Toulouse reste ainsi à droite, en dépit d'une alliance à gauche avec la France insoumise théoriquement plus forte.

Strasbourg s'est souvenu de ses juifs

La défaite peut-être la plus retentissante, en termes symboliques, de ces «accords de la honte», comme certains les appellent, avec LFI, est Strasbourg, où l’ex-maire socialiste, Catherine Trautmann, alliée à la droite Horizons, aura réussi à battre la sortante écologiste soutenue par la France insoumise, qui partait favorite. Strasbourg, la ville de l'Europe, la ville de l'humanisme, s’est comme souvenue in extremis de son histoire séculaire avec le judaïsme, longtemps douloureuse pour ce dernier comme ailleurs.

LFI ne sort pas bredouille de ces municipales. Elle remporte deux villes de 100 000 habitants ou plus sur son nom: Saint-Denis, dimanche dernier, et Roubaix, ce 22 mars. Peut-être a-t-elle ravi d'autres communes dans le quart nord-est de la France et à la périphérie des métropoles, investissant sur un électorat populaire dit musulman. De plus, c’était là son but, comme celui de tous les partis, elle va gagner des sièges dans les conseils municipaux, ce qui solidifiera son implantation locale.

Plafond de verre pour le RN, mais ailleurs?

Et le Rassemblement national? Dans les grandes villes, telles Marseille, Nîmes et Toulon, c’est l’échec. Pourtant en bonne place, il ne parvient pas à percer le fameux plafond de verre le concernant, même si la victoire de son allié Eric Ciotti à Nice le réconfortera un peu. A Nîmes, le Parti communiste allié à des partis de gauche mais sans LFI, renverse la droite, et à Toulon, la droite traditionnelle, unie, garde la mairie.

Il faudra attendre la carte de tous les résultats, lundi, pour mesurer la percée ou non du RN dans les villes moyennes de la France dite périphérique. Elle pourrait être importante et venir confirmer ici ou là le raz-de-marée dans certains territoires du parti d’extrême droite aux législatives anticipées de 2024.

La droite marque des points avant 2027

Au plan national, les Républicains se profilent comme les vainqueurs de ces élections locales, pas une première pour eux. La droite de gouvernement au sens large peut même se rassurer avant la présidentielle de 2027. La victoire de l'ancien premier ministre Edouard Philippe (Horizons), reconduit au Havre, en fait, à l'heure actuelle, un favori pour cette droite-là l'an prochain.

Dati sévèrement battue

On en oublierait presque Paris. On sentait venir la victoire du socialiste Emmanuel Grégoire face à la redoutable Rachida Dati – mauvaise dans le débat télévisé de l’entre-deux-tours. Les électeurs ont préféré assurer en élisant son concurrent socialiste, qui se présentait au second tour sans le concours de la candidate LFI Sophia Chikirou, qui s’était maintenue. Ils ont certainement jugé hasardeux de confier les clés de la capitale à une femme menacée d’une condamnation pour corruption lors d’un procès devant se tenir cette année.

Les trois plus grandes villes de France – Paris, Lyon, Marseille – demeurent à gauche, mais la droite devrait garder sa mainmise sur une large majorité de communes, voire l'agrandir encore.

Un front républicain dans des villes importantes

Moralité, si l’on peut en retenir une: un front républicain qui se présentait ou non comme tel a empêché le RN de remporter des villes importantes et n'a pas permis à LFI de faire de même, en cheffe de file ou comme alliée.

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