«Lamentable!» Green Day n’a pas osé défier Trump
Le show de Green Day, en ouverture de Super Bowl, était au moins aussi attendu que celui de Bad Bunny durant la mi-temps. Musicalement, mais aussi... politiquement. Ces dernières semaines, le puissant groupe de punk américain s’était montré particulièrement virulent envers Donald Trump, son administration, mais également les violences insufflées à la population de Minneapolis par les agents de l’ICE.
Deux jours avant le Super Bowl, la bande menée par Billie Joe Armstrong avait lancé une dernière salve de critiques durant le préconcert de vendredi, organisé par Spotify:
C’est donc tout logiquement que, dimanche, la centaine de millions de téléspectateurs s’attendait à un show ultra politisé de la part de Green Day, une fois sur la pelouse du Levi’s Stadium de Santa Clara, en Californie.
Spoiler: il n’en sera rien.
Le show de Green day en intégralité:
Ils en avaient pourtant l’occasion, car ils ont joué les morceaux qu’il fallait pour s’en prendre frontalement à Donald Trump, devant l’un des publics les plus denses du monde. Dans American Idiot, Billie Joe Armstrong n’a pas modifié les paroles de ce tube, comme il l’avait fait plusieurs fois auparavant, pour hurler qu’il ne fait «pas partie du programme redneck» et «du programme MAGA».
Green Day a carrément décidé de supprimer tout le couplet, plutôt que de chanter la version originale. En sautant également le deuxième couplet, le groupe a donc également évité de dire au monde que... « Eh bien, peut-être que je suis le pédé, l'Amérique».
Maigre consolation, Armstrong a sorti une (petite) vulgarité présente dans la version studio d’American Idiot, à savoir «The subliminal mindfuck America». Hélas pour le groupe punk, NBC a soigneusement censuré cette phrase, qui veut dire en français «Le lavage de cerveau subliminal de l'Amérique».
Une déception? Un peu. D’autant qu’ils étaient fermement attendus par leurs fans, salivant à l’idée d’un majeur dressé à l’attention de Trump durant la manifestation sportive américaine la plus importante de l’année. Green Day a-t-il préféré s’en tenir au très strict règlement de la NFL et encaisser leur chèque sans décoiffer le chef de l’Etat? Oui, ça en a tout l’air.
Et les fans se sont montrés particulièrement déçus sur les réseaux sociaux.
Green Day had THE opportunity to be political and they rested on American Idiot to make a statement? that songs been out since the late 2000s! where was the same energy from the night BEFORE where they called out everyone involved in the epstein files?? so disappointed.
— meg🌙 (@validhateme__) February 8, 2026
Green Day saying absolutely nothing political during that performance is a sign how far we’ve really fallen in Punk Rock. #SuperBowl #SuperBowlLX #GreenDay
— 𝕬𝖗𝖎𝖊𝖘 𝖁𝖊𝖎𝖑 (@AriesVeil) February 8, 2026
Il faut dire que Bad Bunny a lui aussi tiré sur le frein à main durant son show du Super Bowl, n’adressant aucun message politique de manière frontale. Un contraste étonnant, même si on sait à quel point les contrats avec la NFL ont la réputation d’être particulièrement méchants pour ceux qui envisageraient d’enjamber quelques clauses, une fois en direct.
Trump n’a pas résisté...
Que les mélomanes démocrates se rassurent, alors qu’un show alternatif MAGA était organisé en parallèle à la mi-temps officielle, Donald Trump n’a manifestement pas résisté à scruter discrètement Bad Bunny durant Super Bowl, en publiant frénétiquement des insultes sur Truth Social.
Peut-être aussi parce que Kid Rock ne maîtrisait pas tout à fait le play-back durant le spectacle MAGA, qui a tout de même attiré 5 millions de téléspectateurs, selon les chiffres de Turning Point USA, l'organisateur de la soirée.
Dude lip synched the whole thing in jorts. pic.twitter.com/DkmOYKJ5Qp
— Ron Filipkowski (@RonFilipkowski) February 9, 2026
