Charles III lâche un discours étonnamment cash
C'était à l'occasion d'une réception organisée en grande pompe à la Maison-Blanche mardi, en présence du roi Charles III et de la reine Camilla, que Donald Trump, sur le ton de la fanfaronnade, a assuré que les Etats-Unis n'avaient pas «d'amis plus proches que les Britanniques».
Le souverain et son épouse ont été formellement accueillis à la Maison-Blanche le matin-même, sous un ciel gris, lors d'une cérémonie militaire. Vingt et un coups de canon ont été tirés pour leur arrivée. «Quelle belle journée britannique!», a déclaré le président américain depuis une estrade installée sur la pelouse sud de la Maison-Blanche.
«Depuis que nous avons obtenu notre indépendance, il y a plusieurs siècles, les Américains n'ont pas eu d'amis plus proches que les Britanniques», a déclaré le président américain ajoutant que les deux pays entretenaient une «relation particulière et nous espérons qu'il en sera toujours ainsi».
Charles devant le Congrès
Donald Trump et Charles III se sont ensuite entretenu en privé dans le Bureau ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l'éducation et à l'intelligence artificielle.
Dans l'intervalle, Charles III a pris la parole devant le Congrès américain, 250 ans après la déclaration d'indépendance des colonies américaines de la couronne britannique, le 4 juillet 1776.
Devant l'assemblée, il a critiqué la violence qui a émaillé récemment la vie politique américaine, notamment après les tirs survenus lors du gala de la presse auquel participait le président américain ce dimanche.
Le souverain a également profité de son allocution d'une trentaine de minutes, plus longue que prévu, pour faire allusion à la guerre en Iran, sujet de désaccord notoire entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ainsi qu'aux victimes de Jeffrey Epstein. Sans aller jusqu'à nommer explicitement le pédophile américain, il a affirmé:
C'est seulement la seconde fois qu'un souverain britannique prenait la parole sur la colline du Capitole, après un discours d'Elizabeth II en 1991. N'en déplaise aux affirmations de Donald Trump, Charles s'exprimait à un moment de crispation toute particulière dans la «relation spéciale» entre les deux pays, qu'il a qualifié d'«une des plus grandes alliances de l'histoire humaine».
Car s'il est bien disposé personnellement à l'égard du roi, Donald Trump ne ménage pas ses critiques envers le premier ministre Keir Starmer, en raison des réserves de Londres concernant la guerre en Iran. Le dirigeant travailliste a notamment refusé l'utilisation de bases britanniques lors des premières frappes américaines.
Dans ce contexte, Charles III a rappelé que la défense des idéaux démocratiques est «essentielle pour la liberté et l'égalité» face aux défis internationaux, et rappelé les multiples alliances qui lient les deux pays, comme l'Otan, malmenée par Donald Trump - comme son fils, le prince Harry, l'a d'ailleurs fait quelques jours plus tôt, lors d'une visite surprise en Ukraine.
Le roi, âgé de 77 ans, reprendra brièvement la parole le soir venu lors du dîner d'Etat, prévu dans une salle de la Maison-Blanche. Mercredi, le couple royal doit prendre le chemin de New York pour se rendre au mémorial du 11-Septembre, avant de s'envoler jeudi pour le territoire britannique des Bermudes, dans l'océan Atlantique. (mbr/ats)
