Ces nonnes «rebelles» ont été chassées de leur couvent
Les nonnes de Belorado, dans le nord de l’Espagne ont pris leurs distances avec le Vatican, qu’elles accusent de penser davantage à lui-même qu’à Dieu. L’an dernier, elles ont rejoint un prêtre excommunié et controversé, qui s’était autoproclamé évêque. C’en était trop. Le Vatican les a exclues de l’Eglise et a exigé que ces clarisses, pour certaines âgées, quittent également leur couvent.
Elles ont refusé. Certaines ont même été brièvement arrêtées, soupçonnées d’avoir vendu des biens appartenant au couvent, comme des objets liturgiques et des tableaux, afin de subvenir à leurs besoins. Après une action en expulsion intentée par le diocèse, la police s’est présentée à plusieurs reprises devant la porte du couvent. Cette fois, elles doivent réellement partir. Mais pour aller où?
Les sept anciennes religieuses concernées semblent elles-mêmes ne pas vraiment le savoir. En début de semaine, elles ont donc mis en ligne un site internet intitulé «Queremos un convento»; «Nous voulons un couvent», en français. Dans l’Espagne rurale et dépeuplée, il doit bien exister un ancien couvent susceptible de les accueillir, écrivent-elles. A défaut, une grande maison pourrait aussi convenir à leur communauté. Il s’agit, selon elles, de trouver «une issue digne à une situation injuste».
Des propositions venues de tout le pays
Sur la plateforme en ligne, les nonnes expliquent traverser «l’un des moments les plus difficiles et les plus dramatiques de leur histoire». Elles disent avoir été «clouées au pilori, humiliées, accusées et persécutées. Et cela uniquement parce qu’elles ont cru en leur propre projet de vie».
Après le tumulte médiatique de l’an dernier, le site est rapidement devenu viral. De nombreuses personnes leur apportent leur soutien, comme sœur clarisse Clara ou le prêtre Marcelo. Les propositions affluent de tout le pays. Un certain Carlos évoque sur la plateforme un couvent récemment libéré à Jerez de la Frontera, dans le sud de l’Espagne.
Un autre internaute, Pepe, se dit prêt à leur vendre ou à leur louer une grande maison de campagne. Quelqu’un d’autre encore leur signale que le footballeur Pedri, du FC Barcelone, aurait récemment acheté un couvent vide, sans encore savoir quoi en faire. Mais les critiques ne manquent pas non plus. Une femme se présentant sous le nom d’Angeles écrit:
«Bien entendu, tout cela se ferait avec la plus grande discrétion et loin des regards du public.»
