Affaire Epstein: Jack Lang est visé par une enquête pour blanchiment
Le parquet national financier français a ouvert une enquête préliminaire pour «blanchiment de fraude fiscale aggravée» visant l'ancien ministre français de la culture Jack Lang dans le cadre de l'affaire Epstein. L'enquête vise également sa fille, Caroline Lang.
Celle-ci concerne «les faits révélés par Mediapart relatifs à Caroline et Jack Lang» et leurs liens financiers supposés avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein, a précisé vendredi le PNF, confirmant une information du Figaro.
Jack Lang, 86 ans, occupe la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris. Les appels à sa démission se sont multipliés depuis que ses liens avec Jeffrey Epstein ont été mis au jour avec la publication de millions de documents le 30 janvier par la justice américaine.
Vendredi, le gouvernement n'excluait aucune option sur le mandat de l'ancien ministre de la culture socialiste. «Il est convoqué par le ministère» des affaires étrangères, principal financeur de l'IMA, «et sera reçu dimanche», a déclaré le ministre Jean-Noël Barrot.
La subvention annuelle du ministère, de 12,3 millions d'euros, représente la moitié du budget de l'IMA. Sollicité par l'AFP, Jack Lang, 86 ans, qui a jusqu'à présent exclu de quitter son poste, n'avait pas répondu dans l'immédiat. Il est à Marrakech, «sonné et épuisé», selon ses proches.
Mercredi, Jack Lang avait formellement exclu de démissionner, invoquant sa «naïveté» face aux révélations sur ses liens passés avec Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019.
Après avoir déclaré lundi «assumer pleinement [ses] liens» passés avec le criminel sexuel américain, Jack Lang a assuré mercredi qu'il ignorait tout du passé criminel de cet homme quand il l'a rencontré il y a «une quinzaine d'années» par l'entremise du réalisateur Woody Allen.
Aucune charge ne pèse contre Jack Lang, mais la mention de son nom à 673 reprises et ses liens d'intérêt avec le financier américain l'ont éclaboussé, ainsi que sa fille Caroline.
Cette dernière a démissionné lundi de la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma après des révélations sur une société «offshore» qu'elle a fondée en 2016 avec l'homme d'affaires américain.
«C'était un ami. Ce n'était pas un intime. Il n'était pas du tout dans mon cercle proche d'amis», a-t-elle assuré jeudi soir sur BFMTV. «Comment pouvait-on imaginer des horreurs pareilles?» «Je ne pouvais pas savoir. Et mon père non plus», a-t-elle ajouté. (ats/afp)
