Mercredi, tel un marathonien et comme annoncé, le président de la République n'a pas lâché son pupitre de 11h à 13h. Objectif: rassembler ses troupes et dégoupiller la campagne pour des législatives anticipées, qu'il a lui-même provoquées en dissolvant l'Assemblée nationale dimanche soir.
Depuis la razzia réalisée par le Rassemblement national aux élections européennes, tous les foyers politiques français semblent en urgence vitale. Les gauches tentent d'ignorer leurs haines respectives pour barrer la route à l'extrême droite. La droite implose depuis le sérieux coup de canif d'Eric Ciotti, président des Républicains, et son ralliement au parti de Marine Le Pen. De son côté, Jordan Bardella se présente déjà comme le prochain premier ministre, en prévision d'un score canon les 30 juin et 7 juillet prochain.
Au coeur du brasier, et considéré comme un pompier pyromane, Emmanuel Macron, qui «croit dans la démocratie et le retour au peuple». Sinon, vous, ça va?
Deux heures de blabla sous le mot-clé «ensemble», durant lesquelles le locataire de l'Elysée ne s'est pas retenu de fusiller le «petit jeu» des alliances qui se forment et se déforment autour de lui, à gauche comme à droite.
L'air plutôt serein et déterminé, Emmanuel Macron, qui exclut l'idée de «démissionner», a néanmoins avoué ne pas avoir fait «tout juste», tout en promettant «plus de fermeté, plus d'autorité». Au moment d'évoquer l'éventualité d'une perte de majorité à l'Assemblée nationale, il a fallu donner des noms pour le futur premier ministre. Si l'alliance des gauches cartonne? Ce sera sans doute Jean-Luc Mélenchon? Si le Rassemblement national rafle tout? Le président affirme qu'il respectera la Constitution, ce qui impliquera probablement la nomination de Jordan Bardella.
Deux poids lourds que tout oppose et qui, pour l'heure, sont encore occupés à draguer les indécis. Et ça a le don d'agacer un Macron qui mise tout sur le «bloc républicain». Et soudain, la petite vanne déboule de nulle part:
Macron : réflexion philosophique sur la tarte molle.
— Ozinzen (@ozinzen) June 12, 2024
10 ans qu'il est au pouvoir et il fait un monologue avec de la tarte molle.pic.twitter.com/CKflW9mUn2
Voilà autre chose. Le quadra à la poudre de perlimpinpin a donc profité de sa longue prise de parole pour dépoussiérer son fameux dictionnaire d'un autre temps. Si les internautes n'ont pas manqué l'expression, elle les a laissés pour la plupart dubitatifs. Même si certains ont l'air plutôt bien informés.
En sachant que les alliances en cours se forment autour de Mélenchon et de Bardella, beaucoup veulent y voir une attaque personnelle: «Tartemolle! Les oreilles de Bardella doivent siffler!»
D'autant que ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron utilise Tartemolle ou Macheprot. En septembre 2016, alors qu'il est sur le point d'annoncer sa candidature à la présidentielle, il prononcera une phrase qui va faire jaser entre les ronds de serviette d'un déjeuner de presse:
Mais qui est donc ce Tartemolle de 2016? François Hollande pardi! «Ce n'est pas parce que François Hollande doit se déclarer en décembre que je vais accélérer mon emploi du temps», traduira alors le Canard Enchaîné. Une attaque personnelle présumée qui sera très vite dégonflée par le principal intéressé: «Ce n'est pas le calendrier de Tartemolle ou de Macheprot qui dicte le mien, voilà ce que j'ai dit». Allez savoir...
Si, en France, Tartemolle s'utilise un peu comme Tartempion, Macheprot fait référence à un personnage du comédien Francis Blanche, décédé en 1974, avec lequel il fomentait des canulars téléphoniques.
Quoiqu'il en soit, le ton avec lequel Macron a prononcé les mots Tartemolle et Macheprot, on doute que l'estime et le respect aient guidé le président.