7 missions spatiales marqueront l'Histoire en 2026
Les géants de la tech visent toujours plus loin avec leurs entreprises SpaceX, Blue Origin et Virgin Galactic. Elon Musk et Jeff Bezos ont déjà la Lune dans leur ligne de mire.
La NASA vise aussi la Lune, dès début février. Pour la première fois depuis plus de 50 ans, des humains devraient à nouveau effectuer une orbite autour de notre satellite naturel. Aucun alunissage n’est prévu, mais cette mission doit préparer le terrain pour les suivantes.
L’Inde et le Japon prévoient également des missions spectaculaires dans l’espace. Le Japon souhaite faire atterrir un robot sur Phobos, une lune de Mars, afin d’y prélever des échantillons. L’année à venir pourrait être l’une des plus passionnantes de l’histoire de l’exploration spatiale moderne. En voici les temps forts.
Fusée géante et programme spatial indien
L’Inde démarre l’année sur les chapeaux de roues: L’agence spatiale indienne Indian Space Research Organisation (ISRO) prévoit de lancer en janvier un vol d’essai inhabité du module d’équipage Gaganyaan.
L'ISRO testera des systèmes centraux destinés à un futur vol habité, notamment les modules de survie de l’équipage et le système de rentrée de la capsule dans l’atmosphère terrestre.
En janvier, la société SpaceX d’Elon Musk va également faire de nouveaux essais. Ce sera le douzième vol de la fusée géante Starship, depuis le site spatial de Starbase à Boca Chica, au Texas.
Lors de ce vol, SpaceX souhaite tester de nouvelles composantes améliorées de sa fusée, notamment des moteurs Raptor mis à jour et la fiabilité du bouclier thermique. SpaceX pourrait également de nouveau s’exercer à la récupération de ses propulseurs réutilisables à la tour de lancement.
Des astronautes en mission autour de la Lune
Le 5 février aura lieu le lancement de l’une des missions spatiales les plus spectaculaires de ces cinquante dernières années: Artemis 2. La NASA prévoit d’envoyer quatre astronautes pour un voyage de dix jours autour de la Lune.
L'objectif du vol est de tester la capsule spatiale Orion, dont le module de service a été construit en Allemagne. La NASA souhaite notamment vérifier les systèmes de survie et le comportement de la capsule lors de sa rentrée dans l'atmosphère terrestre.
Les astronautes américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman et l’astronaute canadien Jeremy Hansen seront à bord. S’ils accomplissent la mission comme prévu, ils seront les premiers humains à s’approcher de la Lune depuis la mission Apollo 17 en 1972.
Jeff Bezos vise aussi la Lune
Même si la NASA ne prévoit pas encore d’alunissage en 2026, l'entreprise Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, pourrait y arriver. L’entreprise souhaite poser son atterrisseur Blue Moon Mark 1 (MK1) près du cratère Shackleton, sur le pôle sud de la Lune.
Blue Origin souhaite tester des technologies comme les systèmes de propulsion, l'électronique de bord et le moteur BE-7 de l'atterrisseur. La NASA participe également à la mission, avec un instrument scientifique destiné à étudier les nuages de poussière lors de l’atterrissage.
L’atterrisseur MK1 mesure huit mètres de haut et peut transporter jusqu’à trois tonnes de charge utile. Cette taille présente un inconvénient majeur: un centre de gravité élevé pouvant entraîner une instabilité à l’atterrissage. Son avantage, en revanche, est une capacité de transport accrue.
Un successeur commercial de l’ISS
Une mission particulière est prévue pour le deuxième trimestre 2026: la mise en orbite d’une nouvelle station spatiale, en plus de l'International Space Station (ISS). Celle-ci sera exploitée commercialement et ne comportera qu’un seul module pour quatre personnes. Le projet est porté par la société californienne Vast Space.
Le module, baptisé Haven-1, doit être lancé à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Les astronautes devraient ensuite s’y rendre également via SpaceX.
Le module offrira un volume habitable de 45 mètres carrés et sera destiné à des missions habitées de deux semaines à des fins de recherche. Son orbite cible se situera, comme celle de l’ISS, à environ 425 kilomètres d’altitude.
Le Japon et SpaceX en route pour Mars
Tous les deux ans s’ouvre une fenêtre de transfert Terre-Mars, période durant laquelle la distance entre les deux planètes est suffisamment réduite pour permettre des missions spatiales.
L'agence spatiale japonaise Japan Aerospace Exploration Agency (Jaxa) souhaite profiter de cette opportunité pour lancer son programme «Martian Moons eXploration». L'objectif de la sonde spatiale MMX sera d'étudier en détail les deux lunes martiennes de Phobos et Deimos depuis leur orbite et de prélever pour la première fois des échantillons de matériaux sur la première.
Comme la Jaxa collabore avec l'Agence spatiale européenne (ESA), des technologies et des chercheurs européens participent également à la mission. Le retour des échantillons sur Terre est prévu pour 2031.
SpaceX souhaite également exploiter cette fenêtre de transfert afin d’envoyer un vaisseau Starship inhabité vers la planète rouge.
Lancement de la mission Plato
Comment les systèmes planétaires se sont-ils formés? Existe-t-il une forme de vie ailleurs que sur Terre? La mission Plato (Planetary Transits and Oscillations of stars) pourra aider à répondre à ces questions.
L’ESA prévoit un lancement en décembre à bord d’une fusée Ariane 6. La sonde observera jusqu’à un million d’étoiles à l’aide de 24 caméras grand-angle, afin de mesurer les transits planétaires et les oscillations stellaires. L’objectif est de découvrir des exoplanètes, en particulier celles similaires à la Terre.
La Chine développe une fusée réutilisable
La Chine est aussi près d'atteindre un objectif important dans le cadre de sa première mission lunaire habitée. Le pays prévoit le premier lancement de sa nouvelle fusée Long March 10.
Plusieurs variantes de cette fusée seront développées pour des missions habitées vers la Lune et la station spatiale Tiangong («Palais céleste», en français). Nous ne savons pas encore si le premier vol transportera déjà un équipage.
La Long March 10 est considérée comme un projet stratégique majeur pour les ambitions spatiales chinoises. Elle symbolise un tournant technique, marquant le passage vers des technologies réutilisables pour les missions spatiales habitées.
Traduit de l'allemand par Anne Castella

