Donald Trump veut supprimer un désagrément qui donne des maux de tête à de nombreux Américains de l'étranger et binationaux tous les douze mois: l'obligation de remplir chaque année une déclaration d'impôts américaine - même s'ils gagnent la totalité de leurs revenus en dehors des Etats-Unis. Jeudi, Trump a fait une grande promesse dans un petit clip publié par son équipe de campagne:
Les Etats-Unis sont la seule grande économie qui oblige les citoyens émigrés à déclarer leurs revenus auprès du fisc national, l'IRS (Internal Revenue Service). Cette obligation de déclaration s'applique également aux citoyens qui n'ont jamais résidé aux Etats-Unis ou qui n'y résident plus depuis longtemps.
Il n'est toutefois pas vraiment correct de parler de double imposition. En effet, selon l'IRS, il existe actuellement une franchise de 126 500 dollars par an et par personne (ce qui correspond à environ 108 500 francs):
A cela s'ajoutent les nombreuses déductions assez généreuses aux Etats-Unis. Mais comme remplir une déclaration d'impôts américaine donne mal au ventre, c'est une maigre consolation.
Trump n'a pas donné plus de détails sur son plan, qu'il a également présenté (indirectement) dans la vidéo comme une réduction d'impôts. Lors d'un discours à Detroit (Michigan) jeudi, qui avait été annoncé comme un discours de politique économique, il n'est pas entré dans les détails de son annonce. On ne sait pas par exemple comment Trump empêcherait les Américains super-riches de transférer leur domicile dans un paradis fiscal étranger afin de ne plus payer d'impôts à l'avenir.
Il a toutefois précisé ce qu'il attendait en retour de la part des citoyens américains expatriés: qu'ils votent pour lui. On dit que c'est Solomon Yue, le chef très actif du groupe Republicans Overseas, qui a convaincu Trump des avantages de cette idée. En collaboration avec des organisations de lobbying, Yue se bat depuis longtemps pour abolir l'obligation fiscale des expatriés.
Les Democrats Abroad ont réagi avec scepticisme à cette annonce.
Kamala Harris ne s'est pas encore exprimée sur le sujet.
Plusieurs millions d'Américains vivent à l'étranger, selon les Democrats Abroad, ils sont près de 900 000 à avoir participé aux élections présidentielles de 2020. Et les deux partis se battent pour ce réservoir d'électeurs, trois semaines avant le scrutin. Ils pourraient décider de la course entre la démocrate et le républicain dans les Etats fédéraux les plus politiquement disputés.
Traduit et adapté par Chiara Lecca