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Cette attitude de Trump désole républicains comme Ukrainiens

A Londres, une sympathisante de l'Ukraine affiche sur sa pancarte ce que beaucoup pensent: Donald Trump serait un «traître» manipulé par Poutine.
A Londres, une sympathisante de l'Ukraine affiche sur sa pancarte ce que beaucoup pensent: l'idée selon laquelle Donald Trump serait un «traître» manipulé par Poutine.Image: Tolga Akmen / EPA

Cette attitude de Trump envers Poutine «est à peine croyable»

La guerre contre l'Iran ne conduit pas, comme l'Ukraine l'espérait, à un refroidissement entre la Maison-Blanche et le Kremlin. Pourtant, les raisons de l'espérer ne manquent pas.
13.03.2026, 05:3713.03.2026, 08:49
Bojan Stula

En pleine guerre contre l'Iran, Donald Trump se surpasse une fois de plus: alors que la Russie fournit au régime iranien des renseignements sur des cibles militaires américaines, selon le Washington Post, le président américain s'entretient au téléphone avec le maître du Kremlin, Vladimir Poutine, et laisse entrevoir un assouplissement des sanctions pétrolières contre Moscou.

L'Ukraine, en revanche, qui prête main-forte aux Etats-Unis sans hésiter avec ses systèmes modernes de défense anti-drones, continue d'être bafouée, et son soutien passé sous silence.

Un comportement qui consterne

Même au sein du Parti républicain, l'attitude déconcertante de Trump est accueillie avec scepticisme; sans parler du fait qu'une majorité d'Américains se prononce contre la guerre contre l'Iran.

Ainsi, le représentant républicain au Congrès Don Bacon a mis en garde sur la plateforme X:

«Poutine hait l'Amérique, et nos dirigeants ne devraient jamais se tromper là-dessus»

Bacon réagissait ainsi à la déclaration de Trump selon laquelle Poutine voulait se montrer «utile» dans le contexte iranien, comme il l'aurait assuré lors de leur conversation téléphonique.

L'envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, s'est quant à lui franchement ridiculisé en affirmant naïvement dans une interview que Poutine avait juré au téléphone ne transmettre aucun renseignement à l'Iran. On pourrait donc «prendre les Russes au mot».

Face à une telle naïveté, beaucoup perdent patience. L'ancien officier de la CIA Marc Polymeropoulos écrit:

«L'incapacité de Trump à critiquer Poutine est à peine croyable. C'est désormais une maladie chronique sans remède. La Russie aide l'Iran à tuer des Américains. Réfléchissez-y.»

Et d'ajouter:

«Comment le Parti républicain peut-il garder le silence là-dessus? Ça devient grotesque»
Donald Trump dans les jardins de la Maison-Blanche, le 11 mars.
Donald Trump dans les jardins de la Maison-Blanche, le 11 mars.Image: Imago

Une bouée de sauvetage pour Poutine

Trump a déclaré lundi à Washington que les Etats-Unis lèveraient «certaines sanctions liées au pétrole» afin de faire baisser les prix de l'énergie dans le contexte de la guerre contre l'Iran. Une annonce qui a suscité la consternation à Kiev.

L'analyste Alexander Kirk a déclaré au portail en ligne Kyiv Independent:

«Un assouplissement des sanctions contre la Russie reviendrait à lancer une bouée de sauvetage au Kremlin, précisément au moment où l'étau se resserre. Les Ukrainiens paieraient cette décision de leur sang.»

Les critiques envers Trump se trouvent encore attisées par un reportage de l'émission d'actualité 60 Minutes diffusée sur CBS, selon laquelle la Russie serait derrière le «syndrome de La Havane», c'est-à-dire les affections neurologiques jusqu'ici inexpliquées dont souffrent des diplomates américains dans le monde depuis 2016, et qui font l'objet de nombreuses spéculations.

CBS a rapporté dimanche que le gouvernement américain aurait réussi à se procurer, via des sources russes, un prétendu appareil à micro-ondes susceptible de causer des dommages similaires.

Le New York Post a rapporté mardi qu'une querelle avait éclaté au sein des services de renseignement américains quant à la manière de traiter cette découverte, car attribuer la responsabilité à Moscou compliquerait les délicates négociations sur l'Ukraine.

Vladimir Poutine pourrait bien profiter de la guerre en Iran, au grand dam de l'Ukraine.
Vladimir Poutine pourrait bien profiter de la guerre en Iran, au grand dam de l'Ukraine.Image: Imago

Une situation dépourvue de sens pour l'Ukraine

Or, c'est précisément l'Ukraine qui aide les Etats-Unis à repousser les drones iraniens. Et elle aurait pu le faire bien plus tôt, si on le lui avait permis. Comme l'a révélé mardi le site d'information américain Axios, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait proposé à la Maison-Blanche, dès août 2025, un partenariat pour le développement de drones de défense.

Dans une présentation, son équipe avertissait: «L'Iran améliore le design de ses drones d'attaque à usage unique Shahed.» C'est pourquoi les Ukrainiens avaient proposé aux Etats-Unis la mise en place de «centres de défense anti-drones» en Jordanie, en Turquie et dans les pays du Golfe.

L'administration Trump avait cependant balayé l'offre. Un responsable américain s'est plaint auprès d'Axios:

«S'il y a eu une erreur tactique avant cette guerre contre l'Iran, c'est bien celle-là»

Ce n'est qu'après les lourdes contre-attaques iraniennes que le Pentagone aurait officiellement sollicité l'aide ukrainienne. Le journaliste ukrainien Illia Ponomarenko a résumé la situation avec amertume sur X:

«L'Ukraine répond immédiatement à l'appel au secours américain et envoie ses meilleurs experts. La Russie aide le régime iranien avec des renseignements pour tuer des Américains.»

Le résultat:

«La Russie et Poutine sont loués et choyés par Trump, et l'Ukraine est humiliée»

Une injustice difficile à accepter

Mais à Washington aussi, la question se fait de plus en plus pressante: pourquoi courtiser le Kremlin, qui soutient l'Iran, tout en bafouant l'Ukraine, qui aide concrètement les soldats américains? Pour beaucoup d'Américains, la réponse à cette question ne relève pas de la géopolitique, mais d'une vertu qui a toujours été élevée au rang de valeur fondamentale aux Etats-Unis: la justice.

Cela dit, et cela fait également partie de la vérité, la grande majorité des républicains ne manifeste toujours aucune intention de contester la politique de Trump vis-à-vis de la Russie. Le général retraité Don Bacon fait ici plutôt figure de voix dans le désert, et il ne se représentera de toute façon plus aux élections à l'automne.

Vladimir Poutine dans tous ses états
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Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
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Trump et ses poignées de main qui n’en finissent plus
Video: watson
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