Trump retire immédiatement un engagement militaire clé de l'Otan
Les Etats-Unis ont retiré avec effet immédiat d’importants engagements militaires pris envers l’Otan pour les opérations aériennes et navales. C’est ce qu’a appris la Frankfurter Allgemeine Zeitung auprès de sources au sein de l’Alliance. Selon ces informations, une flotte aéronavale, une force de bombardiers à long rayon d’action et plus de 50 avions de combat sont concernés.
D’après des sources de l’Alliance, ces capacités ont été retirées des plans de l’Otan peu avant une conférence des pays contributeurs de troupes, organisée au début du mois de juin. Les alliés ont été invités à combler eux-mêmes, dans les plus brefs délais, les capacités désormais manquantes.
Un porte-parole de l'Otan a indirectement confirmé ce changement de cap auprès du quotidien allemand. Par le passé, l’Alliance s’était «trop appuyée sur les forces et les capacités des Etats-Unis». L’Europe et le Canada renforçant désormais leurs moyens de défense, la répartition des responsabilités peut évoluer.
Pour un diplomate de l’Otan, c'est «enfin de la clarté»
Selon des sources au sein de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, ces réductions concernent principalement les capacités navales et aériennes. Les Etats-Unis retirent ainsi l’un des deux groupes aéronavals initialement prévus, une partie de leurs escadrons de destroyers et de croiseurs, ainsi que plusieurs appareils de reconnaissance et de combat. Des drones de reconnaissance à long rayon d’action sont également concernés.
Au sein de l’Otan, cette décision est interprétée comme une étape supplémentaire dans le transfert progressif des responsabilités vers les alliés européens. Un haut diplomate de l’Alliance a déclaré à la Frankfurter Allgemeine Zeitung que cette mesure apportait «enfin de la clarté». Les capacités perdues ne pourront certes pas être remplacées intégralement à court terme, mais la situation reste, selon lui, globalement maîtrisable.
D’après l’évaluation de diplomates et de responsables militaires, cette décision ne devrait pas être la dernière. Beaucoup s’attendent à ce que les Etats-Unis réduisent encore leur contribution militaire au cours des prochaines années. Dans le même temps, il est jugé probable que Washington continue de mettre ces capacités à disposition en cas de crise, à condition qu’elles ne soient pas mobilisées sur d’autres théâtres d’opérations.
Il reste toutefois incertain de savoir à quelle vitesse l’Europe sera en mesure de combler ces déficits capacitaires. Les experts estiment que le retard est particulièrement important en matière d’armes de précision à longue portée et de moyens permettant de frapper des objectifs situés loin derrière les lignes ennemies. (trad. hun)

