Réunion de hauts responsables militaires américains et cubains
Des généraux se sont entrevus pour «un bref échange sur des questions de sécurité opérationnelle», a annoncé le commandement militaire américain pour l'Amérique latine et les Caraïbes (SOUTHCOM) dans un communiqué.
La rencontre s'est déroulée à Guantanamo, base américaine située dans le sud-est de l'île. Dans une courte publication sur Facebook, le ministère cubain des armées a indiqué que «les deux délégations ont jugé positivement leurs échange» et ont convenu de «maintenir la communication».
Les relations entre les deux pays se sont considérablement tendues depuis janvier. Les Etats-Unis ont imposé un blocus pétrolier de facto à l'île, édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, et inculpé l'ex-président Raul Castro dans une affaire remontant à 1996.
Cette rencontre intervient également alors que Cuba a récemment envisagé des scénarios pour utiliser des drones militaires contre Guantanamo, voire contre le territoire des Etats-Unis, selon des informations de médias américains.
«Menace extraordinaire»
Les Etats-Unis ont évalué la sécurité du personnel et du périmètre, a précisé le SOUTHCOM. «La base navale de la baie de Guantanamo est un centre opérationnel et logistique essentiel qui soutient nos efforts militaires visant à contrer les menaces qui compromettent la sécurité, la stabilité et la démocratie dans notre hémisphère», est-il ajouté.
Le ministère cubain a aussi expliqué que des questions «liées à la sécurité autour du périmètre de l'enclave militaire» américaine avaient été soulevées.
Donald Trump estime, lui, que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride (sud-est), représente «une menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois menacé d'en «prendre le contrôle».
Les deux gouvernements disent toutefois poursuivre leurs contacts diplomatiques. À la mi-mai, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu à La Havane pour rencontrer de hauts responsables cubains. Une autre réunion, à un haut niveau diplomatique, a eu lieu le 10 avril dans la capitale cubaine. Aucun avion gouvernemental américain n'avait alors atterri à Cuba depuis 2016.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a néanmoins affirmé il y a une semaine que Washington était «déterminé» à imposer un changement sur l'île.
Cuba est économiquement au bord du gouffre en raison du blocus pétrolier et des sanctions américaines, qui entraînent de graves pénuries et des coupures de courant. (ats)
