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Négociations sur l'Iran au Pakistan: 5 choses à savoir

Cinq choses à savoir sur les négociations entre Etats-Unis et Iran

Les délégations américaines et iraniennes sont censés entamer ce vendredi des pourparlers au Pakistan. Mais l'événement reste pour l'heure très incertain. On fait le point.
10.04.2026, 14:5410.04.2026, 14:54

Les Etats-Unis et l'Iran sont censés tenir à Islamabad des pourparlers, sous l'égide du médiateur pakistanais, pour transformer un fragile cessez-le-feu en paix durable, après une guerre qui a ébranlé l'économie mondiale.

Voici cinq choses à savoir sur les négociations, qui restent incertaines à ce stade, l'arrivée des délégations n'ayant pas été confirmée.

Etat de la situation

Le 28 février, les Etats-Unis et Israël ont lancé des frappes qui ont tué le guide suprême Ali Khamenei et visé au cours des semaines suivantes les infrastructures politiques, militaires et nucléaires de l'Iran. Bilan humain: plus de 3000 morts, selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis.

L'Iran a riposté en frappant Israël et les pays du Golfe, notamment les installations d'hydrocarbures, et bloquant quasi totalement le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. Le 8 avril, un cessez-le-feu convenu entre Washington et Téhéran est entré en vigueur. Il expire le 22 avril.

Pourquoi le Pakistan?

Le Pakistan assume la médiation en vertu de ses bonnes relations avec les deux protagonistes. L'Iran a été le premier pays à le reconnaître après son indépendance en 1947. Les deux voisins partagent une frontière de 900 kilomètres ainsi que des liens historiques, culturels et religieux profonds.

Islamabad représente les intérêts diplomatiques de Téhéran à Washington en l'absence d'ambassade iranienne et compte plus de 20 millions de musulmans chiites, soit la deuxième plus importante communauté au monde après celle d'Iran.

Islamabad cultive aussi des relations étroites avec Washington, Ryad et Pékin. Donald Trump a de fait déclaré que la Chine avait contribué à convaincre l'Iran de négocier. «L'espoir s'amenuisait mais la Chine est intervenue et a convaincu l'Iran d'accepter un cessez-le-feu préliminaire", a confirmé un haut responsable pakistanais.

Ce qui est sur la table

Le fossé entre les parties reste immense. La proposition américaine, qui compterait 15 points, insiste sur l'uranium enrichi iranien, les missiles balistiques, l'allégement des sanctions et la réouverture du détroit d'Ormuz.

Le plan iranien en 10 points exige pour sa part le contrôle du détroit, avec péage pour les navires le franchissant, la fin des opérations militaires dans l'ensemble de la région et la levée des sanctions. «Le refus de l'Iran de céder aux exigences nucléaires de longue date des Etats-Unis ne manquera pas d'empêcher un accord à Islamabad», pronostique le Soufan Center, think-tank basé à New York.

Le Liban constitue également un point de blocage majeur. Israël y poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré le cessez-le-feu, affirmant que le Liban n'est pas concerné par la trêve.

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Le vice-président américain JD Vance a évoqué un possible «malentendu légitime» côté iranien sur ce point. Jeudi, le président iranien Massoud Pezeshkian a averti que les frappes israéliennes au Liban rendaient les négociations «dénuées de sens».

Qui sont les négociateurs?

Il s'agit des entretiens bilatéraux au plus haut niveau depuis que le secrétaire d'Etat John Kerry a négocié l'accord nucléaire de 2015 avec Téhéran, que Donald Trump a dénoncé trois ans plus tard.

JD Vance dirigera l'équipe américaine, avec l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Jared Kushner. Witkoff avait participé à des discussions, sous médiation d'Oman, avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, avant que la guerre n'interrompe le processus.

Vice President JD Vance speaks to reporters before boarding Air Force Two to return to Washington, at Budapest Ferenc Liszt International Airport in Budapest, Hungary, Wednesday, April 8, 2026. (Jonat ...
JD VanceKeystone

La délégation iranienne n'a pas été annoncée officiellement. Mais des médias et le Soufan Center évoquent la présence du président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf. Cette délégation considère les pourparlers «comme un aveu implicite des Etats-Unis que le régime ne peut pas être renversé par des puissances extérieures», note le Soufan Center.

January 28, 2026, Tehran, Iran: Iranian Parliament Speaker, MOHAMMAD BAGHER GHALIBAF, speaks during an interview with CNN in Tehran. Tehran Iran - ZUMAi98_ 20260128_zih_i98_011 Copyright: xIcanax
Mohammad Bagher GhalibafImage: www.imago-images.de

Comment ça va se dérouler

Le gouvernement pakistanais n'a pas confirmé le lieu exact des discussions et même la date de leur lancement reste floue. L'hôtel Serena, dans la zone rouge hautement sécurisée de la capitale, a demandé à ses clients d'en partir mercredi. La capitale a été placée sous haute sécurité, avec le déploiement de soldats en armes et de nombreux contrôles de police.

Les pourparlers devraient demeurer indirects, avec les délégations dans des pièces séparées et une navette des intermédiaires pakistanais, comme pour les discussions précédentes. (jzs/afp)

Trump menace l'Iran de destruction totale
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