Ce site énerve profondément Rachida Dati
A l’approche des élections municipales en France, certains militants distribuent des flyers sur les marchés, d’autres collent des affiches au bord de la route... Et puis il y a ceux qui lancent un site internet.
C’est le cas d’un opposant politique qui a créé une page qui recense méthodiquement les différentes affaires et procédures judiciaires dans lesquelles le nom de Rachida Dati apparaît. Une sorte de CV judiciaire, version Wikipédia, régulièrement mis à jour.
Le site wikidati.fr, lancé par un employé de l’ONG Transparency international en marge de son emploi, n’a absolument rien d’officiel. Mais il commence à se faire une place dans les cercles politiques français et sur les réseaux sociaux.
Et surtout, il agace profondément la principale intéressée. Son équipe de campagne a tenté de le faire fermer, pour l'heure sans succès. Son créateur explique à nos confrères du Nouvel Obs qu'il y précise bien que Rachida Dati est présumée innocente.
«Je n’ai pas des affaires»
Interrogée récemment à ce sujet, Rachida Dati a vivement contesté cette présentation des choses. «On m’accable tous les jours, on instrumentalise en disant “des affaires”», a-t-elle déclaré, se disant «très sereine» sur l’issue des procédures en cours.
La candidate à la mairie de Paris conteste fermement les accusations dont elle fait l’objet et dénonce une instrumentalisation politique de la justice. Car sur le plan judiciaire, le calendrier de la Parisienne s’annonce chargé. Rachida Dati doit notamment comparaître devant le tribunal correctionnel pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault-Nissan, aux côtés de l’ancien patron du groupe, Carlos Ghosn.
Les juges soupçonnent que les honoraires perçus par la politicienne pour des prestations juridiques auraient en réalité dissimulé une activité de lobbying auprès des institutions européennes, ce que cette dernière conteste.
Une longue liste de dossiers
L’affaire Renault-Nissan n’est toutefois pas la seule mentionnée sur le fameux site. D’autres procédures ou signalements y apparaissent également, comme une enquête préliminaire pour une possible non-déclaration de bijoux de luxe auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
La justice s’intéresse aussi à plusieurs autres dossiers, notamment des paiements perçus lorsqu’elle était eurodéputée ou certains propos virulents visant la magistrature, qui ont fait l’objet d’un signalement pour «outrage à magistrat».
Pour les soutiens de Rachida Dati, cette page constitue une atteinte à la présomption d’innocence et une manœuvre politique destinée à ternir son image, à quelques mois d’un scrutin crucial. Pour son auteur, au contraire, il s’agit simplement de regrouper des informations déjà publiques.
