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Pourquoi ces deux femmes sont soupçonnées de «complicité de génocide»

The Israel flag and police are present at a Pro-Israel demonstration in Leipzig, Saxony, on January 17, 2026. Pro-Palestine groups call for a demonstration in Leipzig Connewitz to protest against the  ...
Les deux militantes sont également soupçonnées de «provocation publique et directe au génocide».Image: NurPhoto

Pourquoi ces deux femmes sont soupçonnées de «complicité de génocide»

La justice française a délivré des mandats d'amener pour «complicité de génocide» contre deux militantes franco-israéliennes soupçonnées d'avoir bloqué l'aide humanitaire à Gaza.
02.02.2026, 22:4202.02.2026, 22:42

«Une première dans le monde»: la justice française a récemment délivré des mandats d'amener, pour «complicité de génocide», à l'encontre de deux militantes franco-israéliennes, soupçonnées d'avoir participé à des actions de blocage de l'aide humanitaire à Gaza.

Ces mandats ont été délivrés fin juillet 2025 contre l'avocate Nili Kupfer-Naouri de l'association Israël Is Forever et contre Rachel Touitou de l'organisation Tsav 9, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en mai 2025 à Paris à la suite de plaintes d'ONG, a appris l'AFP de source judiciaire, confirmant une information du quotidien Le Monde.

Contrairement aux mandats d'arrêt, les mandats d'amener visent à faire comparaître rapidement une personne devant un magistrat sans imposer de détention provisoire, et peuvent être délivrés directement par des juges d'instruction, sans avoir besoin de l'aval du Parquet national antiterroriste (Pnat).

«Provocation au génocide»

Les faits se sont produits entre le 1er janvier et le 26 novembre 2024, ainsi qu'en mai 2025, lorsque des camions transportant de l'aide humanitaire à destination des Gazaouis ont été bloqués, notamment aux postes frontières de Nitzana et de Kerem Shalom.

Les deux militantes sont également soupçonnées de «provocation publique et directe au génocide», en appelant à empêcher «le ravitaillement des Gazaouis» et en les «déshumanisant», selon la source judiciaire.

Selon une source proche du dossier, «une dizaine d'autres personnes sont susceptibles d'être visées par des mandats d'amener».

«C'est la première fois qu'une juridiction nationale se prononce sur des faits de complicité de génocide, à travers le blocage de l'aide humanitaire», s'est félicitée auprès de l'AFP Me Clémence Bectarte, qui défend les organisations palestiniennes de défense des droits humains PCHR (Palestinian Center for Human Rights), Al-Haq et Al-Mezan, parties civiles.

«Décision forte»

Même satisfecit du côté des avocates de l'Union juive française pour la paix (UJPF), Mes Damia Taharraoui et Marion Lafouge, qui évoquent aussi une «première» mondiale: «C'est une décision forte qui montre que la justice française reste indépendante».

«Il s'agit là d'étapes importantes vers la fin de l'impunité totale israélienne pour des crimes internationaux commis par des personnes ayant la double nationalité», se sont aussi félicitées les associations PCHR, Al-Haq, Al-Mezan, Nidal, UJPF et Urgence Palestine dans un communiqué commun.

Ces accusations sont en revanche battues en brèche par les deux militantes, nées en France. «Si manifester pacifiquement avec un drapeau israélien contre le fait qu'une organisation terroriste s'empare de l'aide humanitaire, la détourne et la revend au prix fort aux Gazaouis est un crime – alors pas besoin de regarder les Mollahs de haut, la France c'est l'Iran!», a réagi Rachel Touitou, 34 ans, sur son compte X.

«Je souhaite bien du courage à la justice française pour persuader les autorités israéliennes qu'un génocide à Gaza a été commis»

A balayé son avocat Gilles-William Goldnadel.

Nili Kupfer-Naouri, 50 ans, a de son côté porté plainte lundi pour dénonciation calomnieuse contre les «associations propalestiniennes» parties au dossier, indique son avocat.

Elle ne peut plus serendre en France

Dans un entretien au site The News, la mise en cause a aussi qualifié l'information judiciaire française de «délire antisémite». Une «ligne de défense» qualifiée de «dangereuse» par les avocates de l'Union juive française pour la paix, qui estiment que cette enquête est «le cours normal de la justice face à des faits».

Ce n'est pas la vision de l'avocat de Nili Kupfer-Naouri, qui voit dans la procédure judiciaire une volonté de «criminaliser les Franco-Israéliens en raison de leur engagement public en soutien à l'État d'Israël». «Pour des raisons évidentes de sécurité, Nili Kupfer-Naouri ne peut désormais plus se rendre en France», mais «se tiendra à la disposition des autorités judiciaires françaises en Israël», a assuré Me Pardo.

Série de plaintes

Une série de plaintes ont été déposées en France visant d'éventuelles exactions commises contre des Palestiniens, à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Le parquet anti-terroriste a demandé fin novembre à un juge d'instruction d'enquêter pour «crimes de guerre» après la mort de deux enfants français dans un bombardement israélien à Gaza en octobre 2023, après une plainte déposée par la grand-mère maternelle.

D'autres plaintes visent deux soldats franco-israéliens d'une unité d'élite de l'armée israélienne, la «Ghost Unit», accusés d'«exécutions sommaires» de civils à Gaza, ou encore l'entreprise française d'armement Eurolinks.

Le parquet a aussi ouvert en octobre 2023 une enquête dite «miroir», notamment pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste, concernant l'attaque sanglante du Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre 2023. Cette attaque a déclenché la guerre dans la bande de Gaza. (sda/ats/afp)

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