Voici les «sujets épineux» qui bloquent un accord entre Moscou et Kiev
Après bientôt quatre ans de guerre sur sol ukrainien, Kiev et Moscou sont-ils sur le point de trouver un accord, parrainés par Donald Trump? Les efforts diplomatiques intensifs se poursuivent, mais des points de friction considérables menacent de faire échouer les négociations, selon les responsables occidentaux impliqués dans le processus.
L’administration américaine et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont affirmé qu’ils avaient rapproché leurs positions, mais «un ou deux sujets épineux» restent ouverts, et ce sont précisément ces désaccords qui préoccupent Kiev, relate la BBC.
Le Donbass au centre
Le point le plus problématique pour l’Ukraine est évidemment territorial. Moscou exige que Kiev retire ses forces, notamment du Donbass:
- L'oblast de Louhansk, totalement contrôlé par la Russie
- L'oblast de Donetsk, tenu à 75% par la Russie
- Quelques zones au nord de Kharkiv et de Soumy
- De Dnipropetrovsk (est)
- De Myokolaiv (sud)
Zelensky a proposé le retrait des troupes tant ukrainiennes que russes sur la même distance de la ligne de front, puis le contrôle de la zone par des troupes internationales. Mais selon la BBC, il y a peu de chances que Poutine l'accepte. Son envoyé a déclaré accepter entrer en matière sur le retrait des troupes... si les territoires restent sous le contrôle russe.
Kiev veut des garanties crédibles
L'autre enjeu central concerne les garanties de sécurité exigées par Kiev, considérées comme indispensables pour éviter que tout accord ne débouche sur une nouvelle agression russe à moyen terme. L’Ukraine insiste sur la nécessité de mécanismes concrets et crédibles permettant de dissuader Moscou de reprendre les hostilités, dans des conditions potentiellement encore plus défavorables pour elle.
Volodymyr Zelensky aimerait s'assurer de voir l'Otan intervenir en cas de nouvelle attaque russe. Dans tous les cas, elle veut conserver au moins 800 000 hommes dans son armée. Les Etats-Unis et leurs alliés européens cherchent à rassurer Kiev sans s’engager sur des promesses qu’ils pourraient avoir du mal à tenir dans la durée.
Zaporijia, point chaud
La centrale nucléaire de Zaporijjia, dont les six réacteurs sont débranchés depuis trois ans, est actuellement sous contrôle russe. Kiev insiste pour que toute négociation inclue la démilitarisation du site et son retour sous contrôle ukrainien, estimant que la présence de forces russes fait peser un risque nucléaire. Pour la remettre en marche, Kiev aurait besoin du barrage hydroélectrique de Kakhovka, détruit par Moscou.
L'Ukraine estime que la région devrait également être démilitarisée et transformée en «zone économique spéciale». Les Etats-Unis ont proposé de une gestion conjointe entre l'Ukraine et la Russie, ce que Kiev refuse. Zelensky a laissé entendre qu'une gestion ukraino-américaine serait envisageable, Washington étant ensuite libre de vendre sa part d'électricité à la Russie si elle le désire.
La Russie, elle, refuse d’abandonner le contrôle du site, qu’elle présente comme désormais intégré à son dispositif territorial. Malgré la présence d’experts de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), les inquiétudes sur la sûreté demeurent.
(acu)
