Les désertions auraient doublé au sein de l'armée russe
Le nombre de soldats ayant déserté au sein de l'armée russe continuerait d'augmenter de manière significative. Selon une analyse du projet ukrainien Frontelligence Insight, le nombre de désertions documentées en 2025 a doublé par rapport à l'année précédente.
Selon les analystes, l'évaluation repose sur des dizaines de milliers de dossiers du personnel de soldats russes ainsi que sur des documents internes provenant de plusieurs unités, dont la 30ᵉ brigade de fusiliers motorisés, la 1ʳᵉ armée blindée et des éléments de la 58ᵉ armée.
Une fulgurante augmentation des cas
De janvier à juillet 2025, 3400 cas de désertion avaient déjà été recensés, soit davantage que sur l'ensemble de l'année précédente. Si la tendance se maintient, près de 70 000 soldats pourraient quitter le service chaque année, ce qui représenterait environ un dixième des troupes déployées en Ukraine.
Une hausse particulièrement marquée est observée au sein de la 30e brigade de fusiliers motorisés, où le nombre mensuel de soldats ayant déserté a été multiplié par six depuis le début de l'année 2024. A elle seule, cette unité a enregistré plus de 2000 cas en l'espace de deux ans. Selon l'analyse, la majorité des soldats ayant déserté sont des militaires sous contrat d'âge moyen.
Des témoignages de mauvais traitements
Malgré le durcissement des mesures disciplinaires, allant jusqu'à des sanctions extrajudiciaires et à des actes de torture, selon Frontelligence Insight, le nombre de tentatives de fuite continue d'augmenter. Dans certaines unités, comme la 144e brigade indépendante de fusiliers motorisés, jusqu'à 80% des soldats ayant déserté ont certes pu être ramenés, mais une part importante demeure néanmoins introuvable de manière durable.
Les motivations des soldats ayant déserté sont multiples. Outre la peur de la mort et des conditions d'approvisionnement déplorables, beaucoup évoquent leur opposition politique à la guerre. Dans plusieurs cas rapportés par le média Sever Realii, d'anciens soldats décrivent des violences dans les camps d'entraînement, de mauvais traitements infligés par leurs supérieurs ainsi que des conditions chaotiques sur le front.
Dans l'un des témoignages, un ancien ingénieur enrôlé de force affirme:
Un autre soldat raconte que des blessés auraient été délibérément abattus sur le front.
Traduit et adapté par Noëline Flippe

