La Russie teste une étrange stratégie à dos de cheval
Dans la guerre en Ukraine, l’armée russe ne semble pas vouloir renoncer à l’idée d’utiliser des chevaux. Après la mise sur pied d’une unité de cavalerie l’an dernier, les forces armées russes cherchent à renforcer encore l’usage de ces montures.
En décembre, le reporter de guerre David Axe avait fait état d’une attaque menée par des soldats russes à cheval près de la ville de Razine, dans l’est de l’Ukraine. Mais l’opération avait tourné court. Des drones ukrainiens équipés de caméras thermiques avaient repéré les assaillants et les avaient neutralisés.
Des images en direct transmises par Starlink
Il existe désormais des indices laissant penser que les chevaux et leurs cavaliers seraient équipés de technologies de pointe. Des images diffusées sur des canaux de blogueurs de guerre ukrainiens montrent un terminal Starlink fixé directement sur l’animal.
Selon la chaîne Telegram Kherson Cat, l’antenne satellitaire transmet des images au quartier général de la cavalerie. Les images sont filmées à l’aide d’un smartphone glissé dans la poche poitrine du soldat, l’alimentation électrique étant assurée par une batterie externe rangée dans une petite sacoche à la ceinture.
Starlink est un système d’internet par satellite développé par l’entreprise spatiale américaine SpaceX, fondée par Elon Musk. Le projet vise à fournir un accès rapide à internet partout dans le monde, y compris dans des régions reculées ou mal desservies.
Pour cela, Starlink s’appuie sur un réseau de milliers de satellites en orbite basse, capables d’envoyer et de recevoir des données directement vers de petites antennes au sol.
Pour bénéficier d’une connexion internet sur le front, les soldats ukrainiens utilisent Starlink depuis longtemps. Il apparaît désormais que des unités russes ont elles aussi accès au système américain, généralement via le marché noir. Car officiellement, Starlink n’est pas disponible en Russie.
Une approche qui n'a pas que des avantages
La reconnaissance à cheval s’inscrit dans une nouvelle stratégie adoptée par la Russie depuis quelques mois. Plutôt que de lancer de vastes offensives sur toute la ligne de front, Moscou envoie de petites unités, plus mobiles et difficiles à repérer.
Ces éclaireurs sont chargés de repérer les failles dans la défense ukrainienne, avant que de petits groupes de soldats ne soient déployés à leur tour.
L'automne dernier, des images avaient déjà circulé montrant des chevaux et des ânes transportant du ravitaillement et de l’équipement pour des soldats russes à travers une boue montant jusqu’aux genoux. Ces animaux progressent plus facilement en terrain difficile et sont moins bruyants que les véhicules blindés.
Another combat donkey joins the Russian army, now upgraded with helmet and body armor. https://t.co/5GkOidwmZF pic.twitter.com/K74GcOkUxZ
— WarTranslated (@wartranslated) December 27, 2025
Ils seraient aussi capables d’éviter les mines, du moins à en croire le quotidien proche du Kremlin Kommersant, qui cite un commandant russe. Mais l’entretien des chevaux coûte cher et, aujourd’hui, ceux-ci peuvent être rapidement repérés par des capteurs thermiques.
On ne sait toutefois pas si les soldats visibles dans ces vidéos testaient simplement ce type d’équipement ou si celui-ci était déjà destiné à être utilisé à plus grande échelle.
Traduit de l'allemand par Joel Espi

