Les locaux de la Fondation suisse de déminage (FSD) qui ont été touchés par une frappe de missile russe mercredi. Le bâtiment a subi d'importants dégâts, ainsi que des véhicules et du matériel, précise la FSD. Aucun membre de l'organisation n'a toutefois été tué.
Selon le gouverneur de la région, Oleh Syniehubov, la frappe a eu lieu vers 05h00 locales. Les locaux de la FSD ont été touchés par un «missile balistique» russe, a-t-il écrit dans un message publié sur Telegram et rapporté par le site Kyiv Independent.
L'organisation se dit «profondément attristée» par cette frappe. Elle assure prendre des mesures immédiates pour assurer la sécurité de son personnel et soutenir les personnes affectées. Elle évalue l'étendue des dégâts et élabore un plan pour reprendre «le plus rapidement possible» ses opérations.
Après une évaluation initiale, la porte-parole de la FSD Alexandra Brutsch a précisé que les opérations de déminage ne seront «quasiment pas» affectées par cette frappe: les démineurs vont poursuivre leurs activités dans les champs de mines où ils sont actuellement déployés. Ils ne travaillent pas depuis le bureau et sont logés à proximité des lieux d'opération.
Seules les activités d’enquête non technique et de sensibilisation au danger des mines seront touchées, puisqu'elles sont menées partiellement depuis le bureau en temps normal. Dès qu’un nouveau bureau aura été trouvé et le matériel renouvelé, les opérations pourront reprendre dans leur entièreté.
Cette attaque souligne les conditions difficiles et dangereuses dans lesquelles les organisations humanitaires opèrent dans les zones de conflit, relève la Fondation.
L'ONG appelle «toutes les parties à respecter le droit humanitaire international et à assurer la sécurité et la protection des travailleurs humanitaires et des civils. Notre mission est d'alléger les souffrances causées par les mines terrestres et les munitions non explosées et nous poursuivrons nos efforts pour créer un environnement plus sûr pour tous», ajoute-t-elle.
La Confédération condamne les attaques sur Karkhiv, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans une prise de position. Elle exprimera cette condamnation au sein des instances internationales. Les attaques contre les infrastructures civiles constituent une violation du droit international humanitaire, dénonce le DFAE, qui rappelle que la FSD est un partenaire important dans la mise en œuvre du programme de déminage humanitaire de la Suisse en Ukraine.
Fondée en 1997, la FSD est une ONG spécialisée dans la lutte antimine. Son engagement en Ukraine remonte à 2015, dans le Donbass. Ses effectifs ont depuis été «considérablement» renforcés, écrit-elle sur son site internet. Au total, plus de 600 employés de la Fondation travaillent dans les provinces de Tchernihiv, Kharkiv et Donetsk. L'ONG prévoit d'être opérationnelle dans les prochaines semaines dans la province de Kherson.
Le programme de la FSD en Ukraine est financé par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et la Direction du développement et de la coopération (DDC), la Chaîne du Bonheur, le Département d'Etat américain, plusieurs fondations, cantons et municipalités suisses, ainsi que des donateurs privés.
(ats/svp/acu)