Qui sont les gardiens de la révolution, «piliers de la survie du régime»?
Arrivé au pouvoir en 1989, Ali Khamenei était le guide suprême iranien jusqu'à sa mort, samedi 28 février. Il a été tué dans des frappes américano-israéliennes qui ont provoqué, en réponse, un embrasement dans les Etats arabes du Golfe.
Sous ses ordres se trouvaient les puissants gardiens de la révolution, créés en 1979 par l'ayatollah Khomeiny dans le but de protéger le nouveau régime islamique. Décrits comme un empire dans un empire, les Pasdaran (en farsi) fonctionnent comme une armée d'élite et se disent prêts à tout pour «défendre leur leader qui est plus cher que leur vie». Alors, qui sont-ils réellement?
200 000 hommes
Mohammad Pakpour est à la tête de l'organisation depuis juin 2025. Né en Irak en 1961, ce titulaire d'un doctorat en géographie a succédé à Hossein Salami, tué lors de la guerre de 12 jours avec Israël. Samedi 28 février toutefois, Tsahal a indiqué qu'il aurait été éliminé par des frappes aux côtés d'autres responsables iraniens, relaye Le Parisien.
Au total, l'armée des gardiens de la révolution serait composée de 200 000 hommes, selon une source diplomatique occidentale anonyme citée par RTBF. Ils ont des moyens terrestres, maritimes et aérospatiaux et sont surtout mieux entraînés et payés que l'armée iranienne. Leur budget militaire? Entre six et neuf milliards de dollars par année, soit 40% du budget militaire officiel. Des moyens financiers qui leur permettent dès lors de contrôler l'économie iranienne, poursuit le média belge.
Mais ce n'est pas tout. Les gardiens de la révolution sont également à la tête de sociétés dans les secteurs stratégiques du pays: les transports, le gaz, le pétrole, les technologies ou encore le secteur bancaire. Une situation qui leur offre une position de monopole.
Pour terminer, ils ont mis en place le réseau de renseignement «le plus étoffé et performant du régime iranien». Résultat? Ils peuvent repérer en peu de temps les chefs d'une contestation et démanteler rapidement le mouvement. Ils disposent en effet d'une milice paramilitaire recrutée principalement chez les jeunes – entre 600 000 et 900 000 personnes insérées dans toutes les strates de la société.
Forte répression
Rappelez-vous: ceux que l'on considère comme «le bras armé du régime» sont accusés d'avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire de janvier. Selon un bilan officieux, révélé par deux hauts responsables du ministère de la Santé à Time Magazine, 30 000 manifestants auraient été tués. De son côté, l'ONG Human Rights Activists News Agency affirme avoir vérifié la mort de 6126 personnes. Elle cherche encore à confirmer 17 091 décès.
En 2019, les Etats-Unis classent les Pasdaran parmi les organisations terroristes. En janvier 2026, l'Union européenne a fait de même.
