Trump exige de l’Iran qu’il cesse tout enrichissement d’uranium
Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de «décision finale» sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.
Le président américain a déclaré à des journalistes «ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier», au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.
Mais «nous n'avons pas pris une décision finale» sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.
Le chef de la diplomatie omanaise, médiateur des négociations, a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu dans celles-ci, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.
«C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage», a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.
Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue «aucun enrichissement» d'uranium. Lors d'un déplacement au Texas, déclare:
Le Gerald Ford a été déployés
Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël – leur allié et ennemi juré de l'Iran – en raison «de risques pour leur sécurité».
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lui lundi en Israël – que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a aussi annoncé le département d'Etat.
Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.
Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant «des détentions injustifiées», et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à «partir immédiatement».
Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'«il ne faut faire aucune concession» aux Américains.
Accusant Téhéran – qui dément – de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.
Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter «toute exigence excessive», tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.
La situation risque de s'aggraver
Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit «extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale».
La Chine a conseillé à ses ressortissants actuellement en Iran d'évacuer «dès que possible».
Londres a annoncé des mesures pour protéger son personnel diplomatique, face au risque d'une aggravation «rapide» de la situation.
Berlin a déconseillé de son côté «de toute urgence» à ses ressortissants de se rendre en Israël. Et la compagnie turque Turkish Airlines a annulé ses vols vendredi soir vers Téhéran au départ d'Istanbul.
Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de «très bons progrès» dans les discussions avec les Etats-Unis.
Une prochaine session doit se tenir «très bientôt», après des discussions «entre équipes techniques» lundi à Vienne en Autriche, assistées «d'experts» de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.
«La paix est à portée de main», a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.
Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir «en aide». (tib/ats)
