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Le chef d'Etat-major américain contredit Trump à propos de l'Iran

Le chef d'Etat-major Dan Caine et le président Donald Trump lors d'une conférence de presse en janvier à Mar-a-Lago.
Le chef d'Etat-major Dan Caine et le président Donald Trump, ici lors d'une conférence de presse en janvier à Mar-a-Lago.Image: Alex Brandon / AP

Le chef d'Etat-major américain contredit Trump

Le chef d'Etat-major américain Dan Caine aurait mis en garde Donald Trump contre les risques d'une opération militaire en Iran, selon plusieurs médias. Une situation que le président américain ne semble pas apprécier.
24.02.2026, 18:5224.02.2026, 18:52
Bojan Stula

Les tensions entre Washington et Téhéran s'intensifient à nouveau, et avec elles, la question de savoir à quel point Donald Trump prend au sérieux une éventuelle frappe militaire contre l'Iran.

Tandis que le président américain affiche publiquement sa détermination et parle d'une guerre «facile à gagner», plusieurs médias, à Washington, dressent un tableau nettement plus nuancé des délibérations internes.

Une opération qui implique de gros risques

Ce débat a été déclenché par plusieurs articles, selon lesquels le chef d'Etat-major Dan Caine aurait mis en garde le président, lors de réunions, contre les risques considérables d'une intervention militaire. Selon le Washington Post, Caine craint notamment des pénuries dans les systèmes d'armement importants et un «danger considérable» pour les soldats américains impliqués.

Les stocks d'armes américains auraient, en effet, déjà été réduits par le soutien massif apporté à Israël dans la guerre à Gaza et à l'Ukraine. Le Wall Street Journal a également rapporté des mises en garde du ministère de la Défense concernant de possibles pertes et une surcharge générale des forces armées américaines.

Le New York Times confirme cette version et précise que Caine aurait souligné, en interne, que même une frappe limitée comporterait un «risque potentiellement élevé de pertes américaines» et alourdirait encore les arsenaux. De plus, les opérations contre l'Iran seraient «bien plus difficiles» que des interventions précédentes, comme l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Une position plus que délicate pour Dan Caine

Trump a réagi vivement à ces informations. Sur sa plateforme Truth Social, il a évoqué des médias «Fake News» qui prétendaient que Caine était contre une guerre avec l'Iran. Ce serait «faux à 100%».

Au contraire, «son opinion est que ce sera quelque chose de facile à gagner» si une décision militaire devait être prise, a écrit Trump. Caine «ne veut pas la guerre, comme nous tous», mais ne sait «qu'une chose: comment gagner».

Dans le même temps, le président américain n'a laissé aucun doute sur la chaîne de commandement dans sa publication: «C'est moi qui prends la décision», a encore écrit Trump. Il préfère certes un accord, mais si aucun n'est conclu, «ce sera un très mauvais jour pour ce pays», menace-t-il.

La discordance entre la communication publique et les évaluations internes est manifeste. Selon des informations du New York Times, Caine a présenté au président lors de réunions, notamment dans le Situation Room de la Maison-Blanche, différentes options militaires et leurs risques, sans prendre position politiquement.

C'est précisément là que réside l'équilibre délicat pour le principal conseiller militaire: présenter des options sans faire de la politique lui-même.

Des efforts diplomatiques encourageants

Sur le fond, les scénarios discutés vont, selon le Wall Street Journal et le New York Times, de frappes aériennes limitées contre des installations nucléaires, des bases des Gardiens de la révolution et des infrastructures du programme de missiles, jusqu'à une opération nettement plus large qui pourrait viser, à terme, un renversement du pouvoir à Téhéran.

Le New York Times a rapporté que Trump aurait dit à des conseillers que, si la diplomatie ou une première frappe ciblée ne poussait pas le régime des mollahs à céder, il envisagerait, dans les prochains mois, une attaque de bien plus grande envergure.

Dans le même temps, les efforts diplomatiques se poursuivent. Une nouvelle session de discussions entre représentants américains et iraniens est prévue jeudi à Genève. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi s'est montré optimiste auprès de la chaîne CBS News, estimant qu'il serait possible d'«élaborer un texte viable et de parvenir rapidement à un accord».

Au sein même du gouvernement américain, des voix, dont celle de l'envoyé spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, le gendre de Trump, pousseraient ce dernier à donner la priorité à la diplomatie, selon le portail américain Axios.

La situation reste donc contradictoire: derrière des portes closes, les militaires mettent en garde contre les risques; publiquement, le président parle d'une victoire rapide. Que Washington s'en tienne à une rhétorique martiale ou opte véritablement pour l'escalade, la réponse pourrait venir dans les tout prochains jours, peut-être dans une salle de négociation à Genève.

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source: epa / sedat suna
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