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Le Hezbollah veut venger la mort de l'un de ses chefs

Le Hezbollah veut venger la mort de l'un de ses chefs

RMAICH, LEBANON - MAY 19: Smoke rises above the village of Maroun al-Ras, from an Israeli strike against a Hezbollah target, which the Iran-backed Shiite group says killed at least two of its members, ...
De la fumée s'élève au-dessus du village de Maroun al-Ras, à la suite d'une frappe israélienne contre une cible du Hezbollah, en mai dernier.Getty Images Europe
Alors que les espoirs de trêve s'amenuisent dans la bande de Gaza, la situation s'aggrave à la frontière avec le Liban. Comment Israël réagit-il aux tirs de roquettes du Hezbollah?
13.06.2024, 16:5513.06.2024, 16:58
Lisa Schneider, Jerusalem / ch media
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Pour la première fois depuis le 7 octobre, le Hezbollah a tiré des roquettes sur la ville de Tibériade, au nord d'Israël. De là, il y a environ 50 kilomètres jusqu'à la frontière entre le Liban et Israël. Il est rare que des projectiles du Hezbollah pénètrent aussi profondément en territoire israélien. Mais il y a quelques jours seulement, un drone de la milice chiite a presque atteint la ville voisine de Nazareth. L'attaque la plus profonde en Israël jusqu'à présent. La milice étend ses attaques – et pas seulement d'un point de vue géographique.

Mort d'un important commandant

Au moins 170 roquettes et quelques obus antichars ont été tirés sur le nord d'Israël mercredi, après qu'une frappe aérienne de l'armée israélienne a tué, la nuit précédente, un important commandant du Hezbollah, Taleb Sami Abdallah.

Selon Al-Mayadeen, chaîne de télévision libanaise considérée comme proche de l'Iran et du Hezbollah, Abdallah était un «chef connu dans la résistance islamique». Il serait «mort sur le chemin d'al-Quds» – le nom arabe de Jérusalem. Trois autres combattants du Hezbollah ont été tués avec lui.

Considéré comme l'un des commandants les plus expérimentés de la milice, Abdallah dirigeait l'une des trois unités régionales du Hezbollah au Sud-Liban et était donc probablement responsable de dizaines d'attaques contre le nord d'Israël au cours des derniers mois. Selon l'armée israélienne, il s'agit du commandant le plus important qu'elle ait abattu jusqu'à présent.

Sa mort ne sera pas sans conséquences. Un membre du Hezbollah a d'ores et déjà averti lors des funérailles d'Abdallah que la milice allait augmenter «l'intensité, la force, la quantité et la qualité» des attaques. L'armée israélienne a indiqué qu'elle s'était préparée aux dernières attaques et qu'elle s'attendait à d'autres. Dès le début de la semaine, et mercredi encore, l'armée a visé des lanceurs de roquettes du Hezbollah.

Une guerre contre le Liban?

De plus en plus de voix en Israël – parmi lesquelles de nombreuses personnes évacuées du nord du pays (plus de 100 000) – estiment qu'il est temps d'entrer en guerre contre la milice du voisin du nord. Car depuis octobre dernier, ils ne peuvent plus retourner dans leurs maisons.

Sans oublier qu'il y a environ une semaine, les attaques du Hezbollah ont déclenché un incendie de forêt, également favorisé par le climat chaud et sec qui règne actuellement en Israël. 25 équipes de pompiers luttent encore contre les incendies à grand renfort d'avions.

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Un avion en pleine action contre les incendies de forêt dans le nord d'Israël, après des tirs de roquettes.Image: getty

Selon le Times of Israel, la milice houthi a en outre visé une nouvelle fois un cargo au Yémen. Ces attaques mettent une nouvelle fois en évidence le conflit multi-frontières dans lequel Israël se trouve actuellement: avec le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah et les milices apparentées au Sud-Liban et la milice houthi au Yémen.

Il y a peu, il semblait qu'au moins la guerre dans la bande de Gaza pourrait bientôt prendre fin, libérant ainsi les 120 otages qui y sont toujours détenus et soulageant enfin les souffrances de la population civile palestinienne.

Dans un discours prononcé le 31 mai, le président américain Joe Biden a présenté une proposition de cessez-le-feu en trois phases de la part d'Israël. Cet accord prévoyait entre autres la libération des otages et des prisonniers palestiniens en Israël ainsi que la reconstruction de Gaza. Mais selon les médias, l'un des principaux points de conflit entre le Hamas et Israël n'a toujours pas été clarifié: alors que le Hamas exige un cessez-le-feu immédiat et durable, Israël veut continuer à combattre la milice.

Le Hamas veut modifier l'accord

Mardi, le Hamas a répondu à la proposition du 31 mai en demandant des «modifications». Selon Israël, ces modifications équivaudraient à un rejet de l'accord. En effet, le Hamas aurait «modifié tous les paramètres principaux» de la proposition, selon le Times of Israel.

Lors d'une conférence de presse au Qatar, le ministre américain des Affaires étrangères, Antony Blinken, a, lui aussi, critiqué le comportement du Hamas: certains des changements seraient «irréalisables», selon lui. Il précise encore que le deal actuellement sur la table est pratiquement identique à une proposition que le Hamas a lui-même soumise le 6 mai.

En avril, le Qatar avait déjà expulsé la direction du Hamas, qui s'était ensuite installée temporairement en Turquie - ce qui devait augmenter la pression sur le groupe pour qu'il accepte un accord. Depuis, la direction du Hamas a toutefois repris son siège habituel au Qatar.

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

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