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Les missiles iraniens ont dévasté Bet Shemesh: on y a été

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Immédiatement après l'impact, le 1er mars, les secours tentent d'évaluer la situation à Bet Shemesh.Image: keystone

On a exploré la ville israélienne dévastée par les missiles iraniens

Après une attaque de missiles iraniens contre une synagogue dans la ville israélienne de Bet Shemesh, neuf personnes ont été tuées et plus de 40 blessées, dont certaines grièvement. Reportage sur place.
05.03.2026, 16:5805.03.2026, 16:58
Lisa Schneider et Balig Sladeen, Bet Shemesh / ch media

Bet Shemesh est devenue une ville fantôme. Hormis les supermarchés essentiels aux habitants, la plupart des commerces sont fermés, et seules quelques voitures circulent dans les rues. Les trottoirs sont presque déserts, les aires de jeux aussi.

Et dans un quartier résidentiel tranquille, devant des immeubles jaunâtres dont les climatiseurs blancs brillent au soleil: des voitures calcinées. Les maisons ont les vitres brisées. Une étendue de décombres.

Bet Shemesh.
carte: watson

Une ville entière sinistrée

Une synagogue se dressait là autrefois. Elle est à peine reconnaissable. Dimanche dernier, un missile tiré par l'Iran a frappé le quartier de Ramat Lehi, dans cette ville à dominante orthodoxe située à l'ouest de Jérusalem. Neuf personnes ont perdu la vie, plus de 40 ont été blessées, dont certaines grièvement.

Israel Zeev Leventhal, chemise blanche et kippa sombre, était assis avec sa famille dans l'abri de son immeuble, à environ 300 mètres de là, quand c'est arrivé. Il raconte:

«Soudain, nous avons entendu une forte détonation. J'ai d'abord cru que notre bâtiment avait été bombardé»

Ses enfants auraient commencé à pleurer en s'accrochant à lui. C'est ensuite par les chaînes d'informations officielles qu'il apprend ce qui vient de secouer son quartier.

Le rayon de destruction et de dégâts est d'environ un kilomètre, indique Shmuel Greenberg, maire de Bet Shemesh. Il a assisté à neuf enterrements ce lundi. «Ce n'est pas facile», dit-il. Il faut maintenant aider la population. Lors d'un enterrement, la sirène d'alerte aérienne retentit soudainement et les personnes en deuil doivent se mettre à l'abri.

epa12789178 Mourners take cover as sirens sound during the funeral of Ronit Elimelech and Sara Elimelech, two of the victims killed in an Iranian airstrike the previous day, in Beit Shemesh, Israel, 0 ...
Pendant les funérailles de plusieurs victimes au cimetière de Bet Shemesh, la sirène d'alerte aérienne retentit soudainement, et les personnes présentes doivent se mettre à l'abri. (2 mars 2026)Image: keystone

Dans l'après-midi du lundi, des bus entrent et sortent continuellement du quartier, chargés de personnes. Comme lors de la guerre contre le Hezbollah en 2024, l'Etat israélien héberge à nouveau des personnes évacuées dans des hôtels.

Parmi ceux qui quittent Bet Shemesh se trouve Shlomo Tal Korkus. En épaisse veste d'hiver, il se tient dans l'appartement qui était jusqu'alors son domicile. Il raconte:

«D'habitude, je ne vais pas à l'abri. Mais une demi-heure avant l'impact, j'avais un rendez-vous, donc je n'étais pas chez moi. Après l'explosion, des gens m'ont envoyé des photos de mon appartement gravement endommagé.»

Son rendez-vous lui a peut-être sauvé la vie.

L'attaque la plus meurtrière jusqu'ici

L'attaque contre Bet Shemesh est à ce jour la plus meurtrière dans la guerre d'Israël contre l'Iran. Et le fait que des personnes aient également été tuées dans un abri suscite une vive inquiétude dans une grande partie du pays.

Shai Klapper est commandant du Home Front Command. Ce dernier est l'un des quatre commandements des forces armées israéliennes. Sa mission est de protéger la population civile, et de la secourir en cas d'urgence.

Téhéran vit au rythme des explosions

Vidéo: watson

Le Home Front Command publie également des instructions à l'intention de la population sur la conduite à tenir; notamment que tous les rassemblements restent interdits jusqu'à la fin de cette semaine. Des alertes aux missiles sont transmises directement sur les téléphones portables via leur application. En autorisant l'accès à sa localisation, on reçoit des alertes et des informations adaptées à sa position.

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Une militaire aide à l'évacuation des maisons à Bet Shemesh.Image: keystone

Des morts dans des abris qui inquiètent

Une vingtaine de personnes se trouvaient dans l'abri, et la plupart ont survécu, dit Shai Klapper. Selon l'enquête du Home Front Command, deux victimes ont été tuées dans l'abri. L'une est morte dans l'escalier alors qu'elle s'apprêtait à fermer la porte du bunker. Six autres ont été tuées à l'extérieur de l'abri.

Parce qu'il y avait également des morts dans l'abri, l'armée israélienne a dans un premier temps ouvert une enquête. Celle-ci a toutefois conclu que l'abri répondait à toutes les normes de sécurité.

Lors de la guerre de douze jours contre l'Iran l'année dernière, un cas similaire s'était produit: un missile avait alors frappé directement le sixième étage d'un immeuble dans la ville désertique méridionale de Beer-Sheva, touchant des abris situés directement dans les appartements, appelés mamad. Quatre personnes qui s'y étaient réfugiées avaient péri.

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Il ne reste plus que des ruines de la synagogue.Image: keystone

Les abris, tels que ceux intégrés aux appartements sont conçus pour résister à l'onde de choc d'un missile, mais pas à l'impact direct d'un engin explosif.

Un avenir incertain pour tous les habitants

Cette fois, c'est un bunker souterrain, situé sous la synagogue de Bet Shemesh, qui n'a pas résisté à l'impact. Selon le rapport du Home Front Command, le missile était chargé d'environ 500 kilogrammes d'explosifs.

L'attaque a surtout laissé des traces chez ses enfants, confie Israel Zeev Leventhal. Il a prudemment essayé de leur expliquer que des personnes avaient perdu la vie lors de la forte détonation. «Ils m'ont demandé: "Et si un missile tombe sur nous?"», raconte-t-il. Il admet qu'il a été difficile de répondre à la question. «Dieu nous protège», leur a-t-il alors dit. Il admet:

«J'ai un trou dans le cœur»

Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahou s'est également rendu à Bet Shemesh. L'opération «Roaring Lion» («Lion rugissant» en français), comme est désignée la guerre contre l'Iran, vise à déjouer les «menaces existentielles» contre Israël, a-t-il assuré. Et le Premier ministre d'expliquer: «malheureusement, toutes les personnes tuées ne se trouvaient pas dans un abri».

Le fait que deux personnes se trouvaient effectivement dans le bunker et que les abris ne peuvent offrir une garantie à 100% en cas d'urgence n'a pas été mentionné. Il n'a pas été question non plus du fait que de nombreux endroits ne disposent d'aucun abri, notamment dans les communes à majorité arabe en Israël, ainsi que dans les territoires palestiniens.

Les Etats-Unis enquêtent sur l'attaque sur une école pour filles en Iran
Après la frappe dévastatrice contre une école pour filles en Iran, qui a fait au moins 175 morts, les autorités américaines cherchent à déterminer s'il s'agissait d'une frappe aérienne américaine, selon des informations du quotidien New York Times.

L'attaque a eu lieu le premier jour de la guerre et figure parmi les frappes les plus meurtrières de la campagne américano-israélienne contre l'Iran. Selon les médias d'Etat iraniens et les autorités sanitaires, les victimes étaient en majorité des enfants.

On ignore pour l'heure pourquoi l'école a été visée et si ce sont les forces américaines ou israéliennes qui sont responsables de l'attaque. Interrogée à ce sujet, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré ne disposer actuellement d'aucun élément indiquant une implication des Etats-Unis. Le Department of War enquête sur l'incident. Elle ne s'est pas non plus prononcée sur le rôle éventuel d'Israël et a renvoyé à nouveau aux investigations en cours. (chm)
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Des manifestations, en Iran et ailleurs
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source: epa / sedat suna
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Video: watson
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