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Voici comment l'Ukraine repousse les drones russes et iraniens

Un drone de type Shahed, un Geran-2 de fabrication russe, exposé aux côtés de chars et d'équipements russes détruits sur la place Mykhailivska, dan le centre de Kiev.
Un drone de type Shahed, un Geran-2 de fabrication russe, exposé aux côtés de chars et d'équipements russes détruits sur la place Mykhailivska, dans le centre de Kiev.Image: Imago

L'Ukraine a 4 techniques pour survivre aux drones iraniens

Confrontée presque chaque nuit aux drones russes, l’Ukraine a développé toute une panoplie de moyens de défense, des drones intercepteurs au brouillage électronique. Tour d'horizon.
10.03.2026, 05:3410.03.2026, 08:13
Team AFP / Kiev, Ukraine

Kiev a annoncé l'envoi d'experts militaires ukrainiens au Moyen-Orient pour aider des pays du Golfe à repousser les attaques de drones iraniens, un domaine que l'armée ukrainienne connaît bien.

L'Ukraine est visée quasi quotidiennement par des centaines de drones russes longue portée de type Shahed, une arme de conception iranienne que Moscou a copiée et produit désormais massivement sous le nom de Gueran-2.

C'est ce modèle de drones que l'Iran a lancé sur des pays du Golfe et Israël pour riposter aux bombardements israéliens et américains le visant. Voici un aperçu des méthodes utilisées par Kiev pour lutter contre ces appareils, qui, depuis des mois, déferlent presque chaque nuit sur son territoire.

Les drones d'interception

Des entreprises ukrainiennes de défense ont développé des drones d'interception: des appareils peu onéreux, à usage unique, conçus pour percuter et neutraliser les appareils longue-portée de type Shahed. Ces intercepteurs sont contrôlés généralement en temps réel par des pilotes au sol.

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L'année dernière, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait publié des images filmées depuis des intercepteurs au moment où ils s'écrasaient sur des drones russes. Il en a ordonné la production de jusqu'à un millier par jour.

Cette méthode prend de plus en plus d'importance. Mardi dernier, le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a affirmé que les «drones-intercepteurs» avaient permis d'abattre plus de 70% des drones russes ayant approché Kiev et ses banlieues en février.

Le prix d'un intercepteur peut aller de 700 à 12 000 dollars (540 à 9400 francs). Même les modèles les plus chers représentent une fraction du prix d'un missile tiré par les batteries antiaériennes Patriot, dont le coût est estimé à plus d'un million de dollars. Konstantyn, commandant adjoint d'une unité antiaérienne déployée dans l'est de l'Ukraine, a récemment expliqué:

«La guerre a beaucoup changé. Au début, c'était des drones contre des humains, des soldats et des chars. Maintenant, c'est surtout des drones contre d'autres drones.»
Un soldat ukrainien muni d'un drone intercepteur.
Un soldat ukrainien muni d'un drone intercepteur.Image: Imago

Les mitrailleuses et lance-missiles portatifs

L'armée ukrainienne dispose également de moyens antiaériens plus traditionnels et plus ou moins improvisés, comme des mitrailleuses lourdes déployées sur des trépieds ou à l'arrière de camionnettes.

A Kiev, des journalistes ont vu et entendu à plusieurs reprises ces unités au travail lors d'attaques nocturnes.

Les troupes ukrainiennes utilisent également des missiles sol-air tenus à l'épaule et tirés par des fantassins. Des armes prévues initialement pour abattre des appareils volant à basse altitude, comme les hélicoptères.

Ces armes portables sont utilisées de manière combinée avec des radars et des systèmes permettant de repérer et tracer les cibles.

Su cette photo, des citoyens ukrainiens volontaires se préparent à un exercice d'interception de drones et de missiles prévu pendant la nuit, près d'Odessa.
Sur cette photo, des citoyens ukrainiens volontaires se préparent à un exercice d'interception de drones et de missiles prévu pendant la nuit, près d'Odessa.Image: Imago

Les chasseurs et hélicoptères

L'Ukraine a fait pression pendant des mois sur ses alliés occidentaux pour obtenir des avions de chasse moderne F-16, de fabrication américaine, dont elle a reçu son premier lot à la mi-2024.

Kiev n'a pas reçu beaucoup de F-16 et des problèmes de formation des pilotes ukrainiens ont été signalés, mais ils font partie de l'arsenal aérien utilisé par l'Ukraine pour abattre les drones de type Shahed.

L'armée de l'air ukrainienne déploie également des appareils plus anciens d'origine soviétique pour abattre les drones russes, notamment des hélicoptères, comme les Mi-24 et Mi-8, ou encore de vieux avions d’entraînement et de voltige Yak-52.

Deux hélicoptères MI-24, ici lors d'un exercice de l'Otan en Pologne, le 17 septembre 2025.
Deux hélicoptères MI-24, ici lors d'un exercice de l'Otan en Pologne, le 17 septembre 2025.Image: Imago

Le brouillage électronique

L'Ukraine déploie divers appareils électroniques destinés à brouiller les systèmes de navigation utilisés par les drones de type Shahed pour verrouiller leurs cibles et s'en approcher.

Ces moyens de guerre électronique peuvent contraindre les drones russes à modifier leur trajectoire au-dessus de l'Ukraine et à retourner vers la Russie.

Selon l'armée de l'air ukrainienne, ses troupes interceptent ou abattent plus de 80% des drones russes longue portée entrant sur son territoire.

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Un bâtiment en flammes après un bombardement russe, Kiev.
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Comment l'Ukraine a capturé des soldats avec des drones terrestres
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