Les politiciens français s'écharpent sur leurs candidats à l'Elysée
A un an de la présidentielle, la droite et le centre peuvent-ils décréter l'union sacrée face à un possible duel RN-LFI? L'appel à une candidature unique de dizaines de personnalités allant des macronistes aux Républicains semble très compliqué à mettre en place et divise les caciques des partis.
Déjà des invectives
En réponse au chef des Républicains Bruno Retailleau, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon (Renaissance) a tonné dimanche sur LCI:
Le Vendéen, candidat pour 2027, a rejeté toute «synthèse molle, dans la continuité du macronisme» dans le JDD, et estimé qu'une éventuelle «candidature unique ne peut être que le produit d'une dynamique» de campagne.
Il a ainsi pris le contre-pied d'un appel lancé par 90 personnalités de droite et du centre dans La Tribune Dimanche. Parlementaires, ministres et anciens ministres, de Renaissance aux Républicains, en passant par le MoDem et Horizons, exhortent leurs dirigeants à «dialoguer» et «construire» un «large rassemblement» et à dépasser «les querelles d'ego».
Pas le bon timing
«On leur dit 'entendez vous'», résume Maud Bregeon, signataire. Tout comme le député LR Antoine Vermorel-Marques, sur X:
Reste que le chemin vers une candidature unique semble très compliqué à tracer, entre les ambitions des chefs et les divergences, qu'elles soient politiques ou stratégiques. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères et cadre du MoDem, Jean-Noël Barrot, a désapprouvé le timing sur France 3:
D'autant qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui un pont de Gabriel Attal, patron de Renaissance, à Bruno Retailleau. Le premier ayant reproché au second des positions qui «glissent vers l'extrême droite» et proposé à Horizons et au MoDem un «comité de liaison», sans LR. Pas en reste, le patron des Républicains abonde:
Législature ratée
Un grand écart sur la ligne de départ qui donne des munitions aux oppositions: ce sont «des gens qui n'ont pas grand-chose à faire ensemble, qui veulent garder leur place», a évacué dimanche sur BFMTV le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen.
Quant à l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, dans les starting-blocks pour 2027, il a prédit à tout candidat du bloc central un risque de «déficit de crédibilité», sur le plateau du Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat. Car, à ses yeux, «le macronisme est mort» et, tous, jusqu'à l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, seront comptables de ce bilan qu'il juge raté.
De son côté, en privé, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'exclut pas de jouer lui-même un rôle de facilitateur. L'influent président du Sénat Gérard Larcher (LR), qui a réuni à plusieurs reprises les chefs de partis, se veut aussi un intermédiaire.
Difficile de désigner un candidat commun
A la question de la ligne politique s'ajoutera la difficulté du mode de désignation d'un éventuel candidat commun, entre partisans d'une primaire et d'une sélection par les sondages. Le patron du Sénat serait, lui, plutôt favorable à une primaire de la droite et du centre et un candidat commun d'ici «novembre».
Un proche de Gabriel Attal se veut optimiste, – «ce qui est important c'est qu'il n'y en ait pas cinq à la fin», sans manquer de relativiser l'avance sondagière d'Edouard Philippe, «candidat depuis un an et demi».
Dans un sondage Elabe paru samedi, le patron d'Horizons est considéré comme le seul de son espace politique à même de battre au second tour l'extrême droite, toujours loin en tête des estimations. Il a «pris une sérieuse option» mais «douze mois c'est long» et «ça ne règle pas cette question de l'unité», a souligné Maud Bregeon. (btr/ats)
