DE | FR

Pourquoi la Russie laisse mourir ses meilleurs généraux en Ukraine

Au moins cinq militaires de haut rang russe ont été abattus en Ukraine en l'espace de quatre semaines. Pour Moscou, une telle perte est inédite depuis la Seconde Guerre mondiale.
22.03.2022, 12:10
Un article de
t-online

La portée de ces décès est aussi considérable que symbolique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le taux de victimes n'a jamais été aussi élevé parmi les hauts gradés russes. Dans sa guerre contre l'Ukraine, l'armée de Vladimir Poutine en a, apparemment, déjà perdu au moins cinq.

Le président russe Vladimir Poutine avec le ministre de la Défense Sergueï Choïgou (gauche).
Le président russe Vladimir Poutine avec le ministre de la Défense Sergueï Choïgou (gauche).image: keystone

Le fait que des généraux et officiers supérieurs soient tués au combat est un fait plutôt rare. Une enquête du magazine américain Foreign Policy, publiée le 21 mars, révèle les possibles raisons derrière le dangereux périple des généraux qui s'engagent au front. Le manque de discipline parmi les soldats russes et les problèmes de communication sont pointés.

>>> Guerre en Ukraine: suivez le développement de la crise en direct

Mort d'un commandant sur cinq

Selon le magazine américain, le nombre de militaires de haut rang tués représente déjà un cinquième du nombre de commandants stationnés en Ukraine. Soit cinq officiers sur 20 au total, si l'on s'en tient aux estimations des services de renseignement occidentaux.

Ces décès seraient liés au manque de volonté des soldats, juge un diplomate européen, qui affirme que des généraux russes sont parfois allés sur le terrain pour s'occuper de problèmes disciplinaires. En pleine guerre, certains auraient dû gérer des conscrits russes qui pillaient des magasins et des maisons.

L'amiral américain à la retraite James Foggo dans le Foreign Policy pointe:

«C'est le signe d'une armée indisciplinée et non professionnelle qui est mal dirigée et mal entraînée. Pour compenser cela, les généraux se précipitent sur le terrain»

Ils s'exposent, par conséquent, à un risque plus important que d'habitude.

La guerre des chiffres

Sans surprise, pas tout le monde avance les mêmes chiffres. Pas plus tard que dimanche 20 mars, un conseiller de haut rang du gouvernement ukrainien avait déclaré que six généraux russes avaient été tués. Selon ce rapport, le week-end dernier, le commandant adjoint de la flotte russe de la mer Noire, Andrey Paliy, qui devait être promu au rang d'amiral une étoile, a été abattu par les forces ukrainiennes en dehors de la ville assiégée de Marioupol.

De son côté, l'armée ukrainienne affirme avoir tué plusieurs dizaines d'officiers russes de haut rang. Parmi ceux-là, il y aurait au moins six généraux de l'armée et de la garde nationale.

«Elimination» confirmée par l'Ukraine

Dans l'ensemble, les pertes de l'armée russe sont élevées. Ce constat a été confirmé par l'Ukraine qui a déclaré que la Russie avait perdu, jusqu'à présent, 14 700 personnes et 476 chars. Des commandants du régiment de parachutistes de la ville russe de Kostroma, au nord-est de Moscou, et du régiment de cosaques de Stavropol, au sud de la Russie, ont également été «éliminés», a annoncé l'armée ukrainienne dimanche 20 mars. Le commandant de la 346e brigade des forces spéciales a, en outre, été blessé.

Censure du nombre de victimes ukrainiennes?

La Russie parle de pertes nettement moins importantes. En réaction, le journal russe Komsomolskaya Pravda, proche du Kremlin, a publié des chiffres élevés concernant les Russes prétendument tués en Ukraine... avant de finalement les supprimer.

Un article citant le ministère de la Défense mis en ligne dimanche a relayé l'information selon laquelle 9861 soldats russes seraient morts depuis le début de la guerre. Ce serait nettement plus que les 498 morts officiellement confirmés par Moscou jusqu'à présent.

Quelques heures plus tard, le passage en question avait disparu de l'article de la Komsomolskaya Pravda. Le journal n'a pas réagi suite à cette modification. Pour l'heure, ni les données de la Russie ni celles de l'Ukraine n'ont pu être vérifiées de manière indépendante. (aj/t-online )

(Traduit de l'allemand par mndl)

Marioupol, assiégée par les Russes

1 / 12
Marioupol, assiégée par les Russes
source: sda / evgeniy maloletka
partager sur Facebookpartager sur Twitterpartager par WhatsApp

La petite ukrainienne qui chantait «Libérée, délivrée» rempli un stade

Plus d'éclairages sur ce qui se passe en Ukraine:

Que se passe-t-il dans la tête de Poutine?

Link zum Artikel

Pas facile d'être russe en Suisse: «Je n’ose même plus dire le mot russe»

Link zum Artikel

L'objectif de Poutine en Ukraine? Etendre sa sphère d'influence

Link zum Artikel

Pourquoi personne ne peut se passer de l'Ukraine économiquement

Link zum Artikel
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
La Russie n'envoie plus de gaz en Finlande, quid de la Suisse?
Moscou met à mal la Finlande. La raison? Le pays nordique a refusé de payer le fournisseur russe Gazprom en roubles. Et pire encore, il a osé demander son adhésion à l'Otan. La Suisse risque-t-elle la même sentence?

Gazprom a «complètement arrêté ses livraisons de gaz» à la Finlande, dévoile le géant russe dans un communiqué. L'échéance du 20 mai est arrivée et le pays nordique n'avait toujours pas payé en roubles (monnaie russe), si bien que la sanction est tombée.

L’article