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Ukraine: ils racontent les frappes russes sur Odessa

«Il lui manque la moitié de la tête»: Ils racontent les frappes russes
Son chat dans les bras, Tetiana raconte les frappes de la nuit passée.Image: AFP

«Mon fils avait la tête arrachée»: ils racontent les frappes russes

Les frappes russes terrorisent les habitants d'Odessa, important centre portuaire ukrainien. Trois personnes nous racontent le cauchemar des bombardements qui ont secoué la ville la nuit dernière.
16.04.2026, 17:2317.04.2026, 12:35
Oleksandr Gimanov, Odessa (ukraine) / afp

Au moins neuf personnes ont été tuées à Odessa dans la nuit du mercredi à jeudi. La villa a été la cible de «plusieurs vagues d'attaques nocturnes de missiles et de drones», a rapporté le chef de l'administration militaire locale, Sergiy Lysak. Selon un dernier bilan, 23 autres personnes ont été blessées.

Trois habitants d'un même ensemble d'immeubles ont témoigné, choqués, à peine quelques heures après cette énième attaque en quatre ans de guerre. L'un d'eux dit avoir perdu son fils, Vlad, et sa belle-fille.

«Pendant la nuit, des messages indiquaient qu'il allait se passer quelque chose. J'ai essayé de rassembler rapidement mes papiers d'identité, mais je n'ai pas pu. L'impact s'est produit immédiatement», raconte Tetiana, qui ne donne que son prénom.

«J'ai essayé de sortir de l'appartement. Je me suis penchée, puis la fenêtre a explosé»
Tetiana

Son chien dans les bras, Tetiana, en doudoune sans manches enfilée sur un pull rose, ajoute avoir tenté de rejoindre le rez-de-chaussée, sans succès. «Les fenêtres se sont mises à tomber sur nous».

epa12893649 The site of the Russian strike on a nine-storey residential building in Odesa, Ukraine, 16 April 2026, amid the Russian invasion. At least eight people were killed and six others injured a ...
Un immeuble résidentiel endommagé par les bombardements russes à Odessa.Keystone

«Honnêtement, c'est horrible. Toute la nuit, on nous a bombardés — ils n'ont pas arrêté, même pas une demi-heure», affirme-t-elle, ajoutant avoir peur de rester là:

«J'ai déjà rassemblé mes affaires, parce que les gens disent qu'il va y avoir d'autres attaques»
Tetiana

«Il lui manque la moitié de la tête!»

La voix brisée, le visage strié par la douleur, Roman décrit quant à lui l'horreur, à l'aube. «On s'est réveillé à cause d'une frappe et on a été tout à coup enseveli sous les meubles. Le plafond s'est effondré. Ma femme et moi avons essayé de sortir. Elle s'est précipitée vers notre fils et a crié: "Il lui manque la moitié de la tête!"».

«Alors j'ai pris leur pouls. On ne le sentait plus, ni celui de Vlad ni celui de ma belle-fille», dit-il dans un sanglot, sans préciser leurs âges. Il ajoute:

«Quand on voit un être cher avec la tête arrachée, c'est tout simplement terrifiant»
Roman

Sa femme, en état de choc, a été admise en soins intensifs.

«Tout était en train de brûler»

Lioubov Karpinska, qui s'occupe de l'entretien d'un des immeubles, dit s'être précipitée dans le couloir, au moment où le plafond tombait, avant de réussir à atteindre l'abri antiaérien.

«Tout était en train de brûler, des gens étaient coincés sous les décombres. Une femme hurlait depuis un immeuble de neuf étages», raconte-t-elle, une capuche sur la tête, sur fond de ciel bleu.

«Une très bonne amie à moi est morte au troisième étage. Hier, je lui avais proposé de passer la nuit chez moi. Mais elle a dit: "J'ai vraiment envie de dormir". Elle s'est endormie — endormie pour toujours. Voilà».

La guerre en Ukraine en images
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La guerre en Ukraine en images
Un bâtiment en flammes après un bombardement russe, Kiev.
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