«L'Europe est foutue et c'est un plaisir de voir ça»: la Russie jubile
Pour Vladimir Poutine, Donald Trump s’avère (une fois de plus) être l’un de ses alliés les plus productifs. Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a annoncé que son chef avait reçu par des canaux diplomatiques une invitation des Etats-Unis à participer au «Conseil de paix» pour la bande de Gaza.
Peskov a commenté, visiblement satisfait, auprès de l’agence étatique russe Interfax:
Une occasion en or pour le chef du Kremlin
Selon des analystes, Poutine ne laissera pas passer une telle occasion de revenir sur la scène diplomatique occidentale. La «cotisation d’adhésion» d’un milliard de dollars exigée par Trump, révélée par le média américain Bloomberg News, ne devrait pas non plus représenter un obstacle.
Mais en Russie, c'est moins le tapis rouge du Moyen-Orient à la Maison-Blanche que le désaccord sur le Groenland que l'on considère comme le plus important. Le sujet est au centre de l'actualité russe en ce début de semaine. Le quotidien Moskovski Komsomolets écrit dans un commentaire:
La semaine dernière a donné lieu à une bonne blague, poursuit l'auteur:
D'où le titre de l'article: «A l'asile, le médecin-chef est devenu fou».
La presse russe est en liesse
Le quotidien national Rossiïskaïa Gazeta aborde également le sujet avec beaucoup d'enthousiasme, mais avec une tournure intéressante en plus et un titre optimiste: «Le Groenland – la fin de l'Otan?». On peut y lire:
L'auteur conclut:
Steve Rosenberg, correspondant de la BBC à Moscou et spécialiste de la Russie, analyse cet article dans sa revue de presse:
En parallèle, le conflit du Groenland détourne l'attention de la guerre menée par Poutine contre l'Ukraine et justifie les revendications russes sur le pays voisin. Rosenberg résume:
Today’s Russian papers on Greenland: “Europe’s at a total loss. It’s a pleasure to watch.” Government paper: “Europe doesn’t need the American greatness Trump is promoting…the Old World's keen to keep Greenland for itself, even at the risk of Nato’s collapse.” #ReadingRussia pic.twitter.com/9VJmRRewev
— Steve Rosenberg (@BBCSteveR) January 19, 2026
De quoi faire entrer Trump dans l'histoire
Le quotidien Komsomolskaïa Pravda utilise une rhétorique similaire dans sa couverture du conflit autour du Groenland:
Selon l'article, cela placerait Donald Trump aux côtés des grands présidents américains, tels qu’Abraham Lincoln ou George Washington. «Au bout du compte, personne ne retient que George Washington avait des esclaves ou qu’Abraham Lincoln a agi brutalement contre les Indiens», poursuit l'auteur.
Quelle que soit la motivation derrière les ambitions de Trump concernant le Groenland, le résultat est sans équivoque, a déclaré le célèbre politologue moscovite Sergueï Stankevitch à la télévision russe:
Traduit de l'allemand par Anne Castella
