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La convoitise de Trump sur le Groenland fait jubiler en Russie

«Un cadeau pour Moscou»: Vladimir Poutine observe certainement avec amusement les agissements de la «maison de fous qu'est l'Europe».
Vladimir Poutine se délecte probablement du spectacle qu'offre l'Europe.Image: Ramil Sitdikov / AP

«L'Europe est foutue et c'est un plaisir de voir ça»: la Russie jubile

Au début de l'année, Moscou était encore sous le choc suite à la chute de Maduro au Venezuela. Mais aujourd'hui, le conflit au Groenland suscite l'euphorie.
21.01.2026, 05:3421.01.2026, 05:34
Bojan Stula / ch media

Pour Vladimir Poutine, Donald Trump s’avère (une fois de plus) être l’un de ses alliés les plus productifs. Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a annoncé que son chef avait reçu par des canaux diplomatiques une invitation des Etats-Unis à participer au «Conseil de paix» pour la bande de Gaza.

Peskov a commenté, visiblement satisfait, auprès de l’agence étatique russe Interfax:

«Nous examinons actuellement tous les détails de cette offre et espérons également entrer en contact avec la partie américaine afin d’en clarifier toutes les nuances.»

Une occasion en or pour le chef du Kremlin

Selon des analystes, Poutine ne laissera pas passer une telle occasion de revenir sur la scène diplomatique occidentale. La «cotisation d’adhésion» d’un milliard de dollars exigée par Trump, révélée par le média américain Bloomberg News, ne devrait pas non plus représenter un obstacle.

Mais en Russie, c'est moins le tapis rouge du Moyen-Orient à la Maison-Blanche que le désaccord sur le Groenland que l'on considère comme le plus important. Le sujet est au centre de l'actualité russe en ce début de semaine. Le quotidien Moskovski Komsomolets écrit dans un commentaire:

«L'Europe est foutue. Et franchement, c'est un plaisir de voir ça»

La semaine dernière a donné lieu à une bonne blague, poursuit l'auteur:

«Pendant des décennies, le Danemark, membre de l'Otan, a craint une attaque de la Russie. Aujourd'hui, c'est l'Otan qui l'attaque.»

D'où le titre de l'article: «A l'asile, le médecin-chef est devenu fou».

La presse russe est en liesse

Le quotidien national Rossiïskaïa Gazeta aborde également le sujet avec beaucoup d'enthousiasme, mais avec une tournure intéressante en plus et un titre optimiste: «Le Groenland – la fin de l'Otan?». On peut y lire:

«Pour Washington, l'alliance défensive occidentale dans laquelle les Etats-Unis ont joué un rôle prépondérant pendant des décennies est moins importante que l'extension de son territoire.»

L'auteur conclut:

«Si Trump parvient à annexer le Groenland le 4 juillet 2026, date à laquelle l'Amérique fêtera le 250e anniversaire de son indépendance, il deviendra sans aucun doute un personnage historique.»

Steve Rosenberg, correspondant de la BBC à Moscou et spécialiste de la Russie, analyse cet article dans sa revue de presse:

«Vu la façon dont c'est écrit, le journal encourage clairement Donald Trump à se battre pour le Groenland et à conclure la plus grosse affaire de sa vie. Il fait passer le Danemark et l'Europe en général pour les méchants qui font obstacle à la réalisation historique du président américain.»

En parallèle, le conflit du Groenland détourne l'attention de la guerre menée par Poutine contre l'Ukraine et justifie les revendications russes sur le pays voisin. Rosenberg résume:

«C'est comme un cadeau pour Moscou»

De quoi faire entrer Trump dans l'histoire

Le quotidien Komsomolskaïa Pravda utilise une rhétorique similaire dans sa couverture du conflit autour du Groenland:

«Si Donald Trump s’approprie le Groenland, les Etats-Unis deviendront, après la Russie, le deuxième plus grand pays du monde.»

Selon l'article, cela placerait Donald Trump aux côtés des grands présidents américains, tels qu’Abraham Lincoln ou George Washington. «Au bout du compte, personne ne retient que George Washington avait des esclaves ou qu’Abraham Lincoln a agi brutalement contre les Indiens», poursuit l'auteur.

Quelle que soit la motivation derrière les ambitions de Trump concernant le Groenland, le résultat est sans équivoque, a déclaré le célèbre politologue moscovite Sergueï Stankevitch à la télévision russe:

«Les Américains ont porté un coup fatal à l'Otan»

Traduit de l'allemand par Anne Castella

Vladimir Poutine dans tous ses états
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Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
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Poutine engage de "vrais mâles"
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