Cette proposition de Trump met la Suisse face à un dilemme
Le président américain Donald Trump cherche un soutien international pour son plan de paix dans la bande de Gaza et pense aussi à la Suisse. Comme le confirme le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à notre demande, la Suisse a reçu une invitation à rejoindre le «Board of Peace».
Reste toutefois à savoir si Berne donnera suite à cette initiative américaine. Certes, la Suisse est en principe ouverte aux initiatives de promotion de la paix, mais le DFAE doit examiner «minutieusement» la proposition. Des discussions avec les acteurs concernés doivent d’abord permettre de déterminer si la Suisse pourrait s’engager et sous quelle forme, explique la porte-parole du DFAE, Mélanie Gugelmann.
Une adhésion possible sans milliard
Le DFAE ne précise pas non plus si la Suisse serait disposée, en cas d’adhésion, à payer la «cotisation d’adhésion» d’un milliard de dollars exigée par Donald Trump, dont le média américain Bloomberg News a fait état en premier. Selon la charte fondatrice du «Board of Peace», il serait possible d’y adhérer sans verser cette somme, mais uniquement pour une durée limitée à trois ans.
Cette initiative s’inscrit dans une série de démarches américaines visant à réorganiser la politique au Moyen-Orient. Dès novembre 2025, le Conseil fédéral avait déjà décidé de mesures concrètes pour soutenir le «Gaza Peace Plan» présenté par les Etats-Unis.
Le gouvernement avait alors mis l’accent sur l’aide humanitaire, le renforcement des institutions palestiniennes et des contributions à la stabilité régionale.
La France décline poliment
L’invitation actuelle à rejoindre le «Board of Peace» place désormais la Suisse face à une nouvelle décision délicate. D’un côté, la promotion de la paix fait partie de l’ADN de la politique étrangère du pays; de l’autre, l’agenda de politique étrangère de Trump est controversé au niveau international.
Le fait que des dirigeants tels que Vladimir Poutine ou le président turc Recep Tayyip Erdogan figurent parmi les pays invités ne facilite pas la tâche. Selon des informations en provenance de Washington, environ 60 nations ont reçu une invitation.
Le palais de l’Elysée a confirmé, lundi, avoir lui aussi reçu une invitation. Une source proche du président Emmanuel Macron, citée par la Deutsche Presse-Agentur, déclare:
L’agacement des partenaires de Donald Trump au sein de l’Otan semble manifestement trop important après le conflit autour du Groenland, provoqué de manière délibérée, pour qu'ils soient prêts à apporter un soutien aux Etats-Unis sur un autre dossier. Lundi soir, seuls la Hongrie et le Vietnam avaient confirmé leur participation.
Un plan pour Gaza qui se dévoile peu à peu
Le plan de paix de Trump pour Gaza prévoit, après le cessez-le-feu, la création d’un «Conseil de paix». Cet organe serait chargé de superviser un gouvernement de transition pour le territoire côtier dévasté et fournirait une aide à la reconstruction favorisant la paix.
La Maison-Blanche a publié la semaine dernière un communiqué présentant les grandes lignes de l’organisation: la direction sera assurée par un «Executive Board» présidé par le président américain lui-même. En feront également partie des proches de Trump, tels que le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner, ainsi que l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, présenté comme un homme d’Etat «expérimenté sur le plan international» et «diplomate chevronné».
A noter également: l’«Executive Board» de Trump pour Gaza est, à ce stade, composé exclusivement d’hommes.
Traduit de l'allemand par Anne Castella
