La police russe a des méthodes violentes pour recruter des soldats
L'occasion était sans doute trop belle pour les autorités russes. Le 6 janvier, elles ont lancé une descente policière contre un concert à Moscou. Le public y aurait subi des fouilles empreintes de violence.
L'opération avait deux objectifs: intimider ceux qui protestent contre la guerre et, parmi ces personnes, recruter les hommes aptes au service militaire — qui, donc, refusent de s'engager volontairement.
Un concert de punk qui tourne mal
Ainsi, le 6 janvier, les forces de l'ordre sont intervenues lors du concert de punk du groupe «Harvest Fest», organisé au club Motyga, à Moscou. Selon le média d'opposition russe exilé Meduza, qui cite également deux autres médias du pays, des témoins présents sur place parlent d'une intervention violente.
Les agents se seraient présentés sur place avant même que le concert ne commence, et auraient directement procédé à des fouilles dans la salle. D'après Meduza, toujours, les spectateurs auraient notamment été contraints de s'allonger face contre terre lors de leur fouille.
Les policiers auraient scruté les cartes d'identité et même les téléphones des fêtards. Les comptes Telegram auraient été fouillés, les numéros de téléphone relevés, et les cartes d'identité prises en photo. Ils cherchaient visiblement des liens entre les participants et des organisations jugées «indésirables» par l'Etat.
Selon une source, celles et ceux qui «bougeaient» ou «résistaient» ont subi des violences. Avec, notamment, «matraques, tasers, tout ce qui était nécessaire».
Recruter des soldats
Mais l'opération ne s'est pas arrêtée là: dans ce climat de répression, les personnes abonnées à des chaînes Telegram anti-guerre auraient été «vivement encouragées», selon une source, à signer un contrat militaire avec le ministère de la Défense.
Un avocat, qui aurait accouru pour prêter assistance aux spectateurs, se serait vu refuser l'accès au club. Les forces de l'ordre lui auraient toutefois assuré que toutes les personnes présentes seraient libérées après vérification de leurs téléphones.
Cet événement n'est pas un cas isolé. En ce début d'année, le Kremlin semble particulièrement cibler les manifestations culturelles jugées indésirables.
Selon Meduza, la veille déjà, des agents de police auraient perturbé une représentation théâtrale — toujours à Moscou — où apparaissaient des acteurs nus. Sept organisateurs du spectacle auraient été arrêtés à cette occasion. Mais le directeur dudit théâtre a démenti ces informations.
Ce n'est pas la première fois que le Kremlin s'attaque à des événements culturels qui incluent de la nudité. Selon le Berliner Morgenpost, début 2024 déjà, Vladimir Poutine s'était offusqué des images prises lors d'une soirée «naked party», à laquelle assistaient principalement des célébrités russes.
Ces photos avaient alors fait le tour des médias russes et internationaux. A la suite de quoi le chef du Kremlin avait déclaré qu'«on ne pourra plus se balader sans pantalon lors d'un événement.» Le club où s'était tenue la sauterie jugée transgressive avait été temporairement fermé.
