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Hantavirus: voici à quoi sont préparés les bateaux de croisière

Si un passager ou un membre d'équipage tombe gravement malade, il est impératif de le débarquer pour qu'il puisse recevoir des soins.
Si un passager ou un membre d'équipage tombe gravement malade, il devient nécessaire de le débarquer pour qu'il puisse recevoir les soins appropriés.Image: Imago

Voici ce qui prépare les bateaux de croisière au «pire scénario possible»

Le hantavirus a transformé le navire de croisière MV Hondius en foyer d'infection. En règle générale, ce sont d'autres urgences qui préoccupent les équipages. Un médecin de bord explique ce qui est commun en haute mer, et ce qui ne l'est pas.
17.05.2026, 18:5917.05.2026, 18:59
Stephanie Schnydrig

C'est une simple question de probabilités: là où se rassemble une foule de gens, quelqu'un tombera inévitablement malade. Les maladies infectieuses et les urgences médicales font partie du quotidien des navires de croisière et d'expédition. C'est pourquoi au moins un médecin est toujours présent à bord.

Christian Ottomann exerce comme médecin de bord depuis près de vingt ans sur des croisières et des voyages d'expédition, y compris dans des régions isolées comme l'Arctique et l'Antarctique. Il sait à quel point les navires sont équipés sur le plan médical, et pourquoi la prise en charge en mer a ses limites.

Un médecin pour des centaines de passagers

Selon les normes minimales internationales, les navires transportant plus de 100 personnes à bord et effectuant des trajets de plus de trois jours doivent embarquer au moins un médecin. En revanche, le nombre de passagers à partir duquel des médecins supplémentaires sont requis n'est pas fixé. Christian Ottomann, spécialiste de la médecine maritime, indique:

«Dans le secteur, il est d'usage d'avoir un deuxième médecin à partir d'environ 800 passagers. Un troisième à partir d'environ 2000 passagers.»

A cela s'ajoutent le personnel infirmier et les secouristes.

A bord du navire d'expédition MV Hondius, où sont apparus les cas de hantavirus, un médecin de bord néerlandais, qui présentait lui-même des symptômes, assurait le suivi des quelque 170 passagers.

Les navires de passagers recherchent des généralistes dotés d'une large expérience, comme des médecins de famille ou des urgentistes. Ils doivent être capables d'identifier et de traiter des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux, même sans équipement de diagnostic de pointe. Selon des professionnels du secteur, les qualifications du personnel médical ne sont toutefois pas toujours vérifiées de manière suffisante, notamment chez les compagnies de croisières low cost.

Christian Ottomann exerce depuis de nombreuses années en tant que médecin de bord.
Christian Ottomann exerce depuis de nombreuses années en tant que médecin de bord.Image: dr

Un manque de données

La plupart des cas sont banals: rhumes, syndromes grippaux, maux de tête et de gorge, douleurs dorsales, troubles digestifs ou blessures légères, par exemple après une chute. Le mal de mer fait également partie du quotidien. La situation devient délicate lors d'épidémies gastro-intestinales, considérées dans la médecine de bord comme le «pire scénario possible». Car les norovirus, particulièrement contagieux, peuvent faire en très peu de temps des centaines de malades.

Les données fiables sur la fréquence des différentes maladies sont toutefois rares. Les compagnies maritimes divulguent rarement ces informations. Les critiques y voient une tentative de préserver l'image de cette «industrie du soleil».

Le problème des diagnostics médicaux à bord

A bord d'un bateau, il est fondamental d'identifier l'agent pathogène responsable d'une maladie, ce qui n'est toutefois pas toujours possible. Christian Ottomann explique:

«De nombreux hôpitaux de bord peuvent réaliser des analyses de laboratoire de base, comme une formule sanguine simplifiée et des tests rapides. Mais un laboratoire PCR ou de virologie complet n'est pas la norme.»

Dans l'affaire actuelle des infections au hantavirus, des laboratoires spécialisés auraient été nécessaires, avec une logistique d'échantillonnage adaptée, des tests validés et du personnel formé. Pour Christian Ottomann:

«Ce type de diagnostic complexe n'existe pas à bord, et, compte tenu de la rareté de ces cas, il ne serait pas non plus judicieux d'en disposer.»

Les infections au hantavirus n'ont été confirmées que dans un laboratoire spécialisé du Cap.

Le diagnostic médical des maladies virales se limite aux agents pathogènes courants tels que le coronavirus, la grippe et les norovirus.
Sur les bateaux de croisière, le diagnostic médical des maladies virales se limite aux agents pathogènes courants, tels que le coronavirus, la grippe et les norovirus.Getty Images / Ergin Yalcin

La question des opérations chirurgicales en mer

Pour les navires membres de la Cruise Lines International Association (CLIA), la plus grande association professionnelle de l'industrie des croisières au monde, la règle est la suivante: les navires transportant plus de 100 personnes sur des voyages internationaux doivent disposer d'une salle d'intervention, d'une unité de surveillance intensive, de possibilités d'isolement et d'une capacité d'hébergement suffisante.

Une salle d'opération classique ne fait pas partie de l'équipement standard. Les procédures hautement spécialisées, comme la dialyse, ainsi que la prise en charge à long terme de patients devant être mis sous oxygène, ne sont généralement pas possibles non plus. Les appareils de radiographie et d'électrocardiogramme (ECG) sont souvent présents, mais pas les systèmes complexes, comme les IRM.

Les installations médicales sont davantage conçues pour la prise en charge d'urgence, la stabilisation, ainsi que les premiers soins diagnostiques et thérapeutiques. Des interventions mineures, comme le traitement des plaies ou de simples mesures chirurgicales sont possibles.

En théorie, beaucoup de choses pourraient s'improviser, selon Christian Ottomann, qui précise:

«Le goulot d'étranglement n'est pas la salle, c'est l'expérience chirurgicale du médecin»

Les cas urgents dans les régions isolées

En cas d'infarctus, d'accident vasculaire cérébral ou de blessures graves, chaque minute compte. Si possible, le patient est évacué par hélicoptère ou bateau de secours. La décision appartient au médecin de bord, en concertation avec le capitaine et des intervenants extérieurs. Il s'agit de déterminer si une prise en charge dans le port le plus proche est plus judicieuse qu'une évacuation risquée. Dans les cas urgents, le navire peut modifier sa route.

Dans les régions isolées comme l'Antarctique, cela peut toutefois s'avérer particulièrement difficile. Le mauvais temps ou les grandes distances retardent parfois les évacuations de plusieurs jours. Il ne reste alors souvent qu'une option: stabiliser le patient à bord aussi longtemps que possible.

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