Des comptes pro-Kremlin exploitent les documents Epstein contre l'Ukraine
Des comptes pro-Kremlin sur les réseaux sociaux exploitent la nouvelle avalanche de documents liés au criminel sexuel Jeffrey Epstein pour continuer de propager des allégations contre l'Ukraine et sur le trafic d'enfants, selon des recherches effectuées par l'AFP et un rapport de l'Institut pour le dialogue stratégique publié jeudi.
Depuis le déclenchement de l'invasion, la Russie a déporté ou déplacé de force près de 20'000 enfants ukrainiens, selon Kyiv. La Russie assure les avoir évacués pour les protéger des combats.
En 2023, la Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine pour la «déportation illégale» d'enfants des zones occupées d'Ukraine vers la Russie.
Des millions de documents publiés le 30 janvier concernant Epstein, le financier américain retrouvé mort dans sa cellule de prison à New York en 2019 alors qu'il attendait son procès pour des crimes sexuels sur mineurs, ont éclaboussé des figures de premier plan à travers le monde.
Des comptes pro-Kremlin ont également véhiculé l'idée selon laquelle ces documents prouveraient que l'Ukraine était un centre mondial de traite sexuelle. Selon certains d'entre eux, les fichiers montrent que le président russe Vladimir Poutine aurait tenté de sauver des enfants ukrainiens d'un réseau lié à Epstein.
Une récente publication sur X, vue plus de trois millions de fois, a ainsi affirmé que les fichiers Epstein «confirmaient... que Poutine n'a(vait) pas enlevé des enfants en Ukraine, mais les a(vait) évacués pour les protéger d'une vente dans la traite sexuelle des enfants».
Centre de traite sexuelle
De telles affirmations ont explosé sur les réseaux sociaux après la dernière publication de dossiers, avec plus de 15'000 posts sur X en deux jours, a indiqué l'ISD, basé à Londres, dans son rapport publié jeudi.
D'autres comptes pro-Kremlin véhiculent également l'idée selon laquelle ces documents prouveraient que l'Ukraine était un centre mondial de traite sexuelle.
Bien qu'il n'existe aucune preuve que l'État russe soit à l'origine de ces publications, la diffusion des dossiers Epstein «sert ses intérêts», estime l'une des autrices du rapport, Liana Sendetska.
«Ils essaient simplement de saturer l'espace informationnel avec tout cela pour voir si cela prend», ajoute la coautrice, Olga Tokariuk. (dal/ats/afp)
