Le moins qu'on puisse dire, c'est que le président hongrois Viktor Orban est clivant. Depuis des années, il s'insurge publiquement contre les institutions de l'Union européenne (UE), fustige les politiques de Bruxelles et torpille parfois les décisions des Etats membres. Certains l'accusent même de faire tout ce qui est en son pouvoir pour nuire à l'Union européenne.
Mardi, il était assis dans la salle de conférence de presse à Strasbourg lorsqu'un homme s'est subitement dirigé vers le podium. Mais la sécurité l'a intercepté avant qu'il puisse atteindre le dirigeant hongrois.
A demonstrator interrupts Viktor Orban's speech at the European Parliament in Strasbourg.
— Yasmina (@yasminalombaert) October 8, 2024
An activist, municipal councilor for a Hungarian opposition party, Márton Gyekiczki, interrupted Orbán as he was speaking, running toward the podium where Orbán sat and throwing a stack of… pic.twitter.com/iUEHayngWB
On peut entendre l'homme crier, en hongrois:
Celui-ci avait une pile de papiers à la main, apparemment une liasse de billets de banque qu'il comptait jeter sur le politicien de 61 ans pour dénoncer sa politique.
L'activiste est Marton Gyekiczki, un opposant politique hongrois. Après avoir été maîtrisé par la sécurité et plaqué au sol, on peut l'entendre crier, à l'encontre de Viktor Orban, alors qu’il est évacué:
Viktor Orban est, lui, resté de marbre et n'a fait aucun commentaire sur l'incident.
Marton Gyekiczki est membre du parti hongrois Coalition démocratique et siège au conseil municipal de Budapest, la capitale hongroise. Le président du parti, l'ancien premier ministre hongrois dans les années 2000 Ference Gyurcsany, n'a pas hésité à écrire sur les réseaux sociaux qu'il était «fier» de l'action de Gyekiczki.
Le premier ministre hongrois, critiqué pour sa proximité avec Vladimir Poutine et pour ses bonnes relations avec plusieurs régimes autocratiques, prononcera mercredi un discours devant le Parlement européen. La Hongrie assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l'UE, qui est attribuée à tour de rôle aux 27 Etats membres.
Orban a déjà donné un avant-goût de son discours aux journalistes présents lors de la conférence de presse. Il a fait l'éloge du candidat républicain à la présidence Donald Trump et a annoncé que si ce dernier remportait les élections américaines le 5 novembre, il fêterait l'événement avec «quelques bouteilles de champagne».
Récemment, Orban a réussi à rassembler certains des partis populistes de droite au Parlement européen en une seule entité politique. Les «Patriotes pour l'Europe» représentent désormais le troisième plus grand groupe au Parlement.
Ils regroupent des partis comme le Rassemblement national, le FPÖ autrichien ou le parti hongrois Fidesz, auquel appartient Viktor Orban. Parmi les points communs, on retrouve une critique prononcée des institutions européennes, une politique d'immigration très restrictive et un scepticisme sur les mesures de protection du climat.
(cc)
(Traduit et adapté par Chiara Lecca et Alexandre Cudré)