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Réveil musculaire

Contestés de toutes parts, les JO de Tokyo refusent d'abdiquer

A une très large majorité, le peuple japonais réclame l'annulation des Jeux olympiques, au minimum un report. Le gouvernement et le CIO restent inflexibles. Voici pourquoi.
18.05.2021, 06:5519.05.2021, 07:39

C'est quoi le réveil musculaire?

La principale actualité de la nuit commentée tous les matins à 7 heures tapantes, avec juste ce qu'il faut de mouvements d'humeur et d'exercices de style.

Selon un énième sondage publié lundi, 80% des Japonais sont farouchement opposés aux Jeux olympiques; même si la moitié des opposants s'accommoderait d'un nouveau report. Les grands médias nationaux, à partir de positions irréconciliables, tirent le même constat: plus la pression populaire augmente (et elle devient insoutenable), plus la réponse des autorités est ferme.

«Nous serons en mesure d'organiser les Jeux»
Toshiro Muto, directeur général de Tokyo 2020

Mais les mouvements de protestations prennent des formes diverses, et n'en restent pas là. Ils s'activent dans tout le pays.

A neuf semaines de la cérémonie d'ouverture, une quatrième vague d'infections submerge les hôpitaux, tandis que la chaîne de vaccination accuse des retards répétés. Le gouvernement japonais a décrété l'état d'urgence sanitaire dans neuf départements. Pour autant, rien dans sa communication officielle ne suggère l'éventualité même d'un report des JO. A aucun moment ce cas de figure n'est évoqué. Le Comité international olympique n'est pas moins têtu:

«Nous sommes à l’écoute, mais nous ne nous laisserons pas guider par l’opinion publique»
Mark Adams, le porte-parole du CIO. le 13 mai

Devant les micros et les rétroprojecteurs, les organisateurs répètent qu'ils ont passé six mois à imaginer les pires scénarios, et six autres mois à les préparer. Ils promettent un périmètre sanitaire ultra-sécurisé, où tous les participants seront testés (chaque deux jours?) et les accès fermés au public.

D'un événement international sans spectateurs étrangers, les JO pourraient devenir une manifestation sans spectateur du tout (décision en juin), puis un rendez-vous médiatique sans journalistes - prochaine étape: une compétition sans sportifs?

La semaine dernière, les laboratoires Pfizer-Biontech ont signé un protocole d'accord avec le CIO pour une vaccination facilitée de toutes les délégations présentes à Tokyo (ou ce qu'il en reste), au grand étonnement de certaines nations.

«C’est sensible car la philosophie de la vaccination est basée sur l’âge et jusqu'ici, elle s’est avérée la bonne»
Nigel Huddleston, ministre britannique des Sports

En dépit de toutes ces précautions, une nouvelle enquête d'opinion confirme la montée de la peur, dans des proportions parfois irrationnelles: 87,7% des Japonais craignent les sportifs comme la peste le Covid et n'en veulent pas sur leur sol. Ceux-ci prédisent que la cérémonie d'ouverture du 23 juillet sera un défilé des variants.

Pour éviter les attroupements, le calendrier des compétitions est régulièrement modifié. Seule la position des autorités reste inflexible: les JO auront bien lieu. A la date prévue.

Pourquoi tant d'obstination?

  • Selon un reportage du Monde, le Japon en fait «une question d’orgueil national»: les JO ont pour dessein inavouable de modifier une sorte de perception générale, de se substituer au souvenir «des séismes, des tsunamis et des catastrophes nucléaires» dans l'inconscient planétaire. Non de devenir la victime expiatoire d'un nouveau péril sanitaire.
  • Une annulation rappellerait fâcheusement celle de 1940, quand la guerre avait été fatale aux Jeux de Sapporo (déjà).
  • Selon Le Monde encore, le Japon refuse de perdre la face vis-à-vis de son voisin chinois, «qui ne manquerait pas de railler la faillite» des JO avant d'organiser lui-même ceux de 2022.
  • Quand bien même les Jeux sont assurés contre une annulation à hauteur de 250 millions de francs (auprès de la compagnie helvétique Swiss Re), les pertes financières seraient colossales. Après avoir investi dans les infrastructures (environ 15 milliards de francs), le Japon a encaissé beaucoup d'argent qu'il devrait rembourser tout ou en partie, que ce soit aux sponsors (3 milliards de francs) aux télévisions ou aux détenteurs de billets.
  • De nombreuses fédérations sportives dépendent des subventions olympiques, et survivraient péniblement à une annulation des JO.
  • Toute une génération d'athlètes, dans des sports relativement mineurs, serait sacrifiée à jamais, privée de son seul tremplin social.

Dans ce contexte, les sondages semblent avoir une portée symbolique, davantage qu'un réel effet de dissuasion. Les JO auront lieu, insiste le gouvernement. Comme le dit un proverbe japonais, «une mauvaise action court plus vite que le vent», si tant est qu'il faille considérer ces sondages comme du vent.

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