La météo impacte le sandwich chéri des bobos
S'il fait depuis quelques années déjà l'objet de classements et de critiques à Paris, le lobster roll reste encore une rareté en Suisse romande, à l'exception d'une poignée d'adresses et food trucks qui ont compris tout l'attrait de cette brioche beurrée farcie à la chair de homard, venue tout droit des Etats-Unis.
Situations «hors de contrôle»
Justement, dans sa région d'origine, la Nouvelle-Angleterre et le Main, le lobster roll pourrait voir son prix grimper en flèche cette année, affectant les restaurants de cette région touristique. «J’entends dire que le prix va monter, monter, monter», s'alarme Paul DeAngelis, l'un des patrons du célèbre Lobster Roll à Amagansett, un hameau de la ville d'East Hampton, dans l'Etat de New York, dans le New York Post.
Selon ses prévisions, le prix du sandwich d’environ 140 grammes pourrait grimper à près de 50 dollars cet été. «Vous pourriez voir cette année des lobster rolls dans les Hamptons à 45 ou 48 dollars l’unité — pour un sandwich contenant environ 140 à 170 grammes de homard», poursuit le restaurateur, dont le lobster roll d’environ 170 grammes dans son établissement est actuellement vendu 39 dollars (soit 30 francs suisses).
Quant au chef du restaurant Jackson Hall à East Islip, également situé dans le comté du Suffolk, il s'alarme du fait que les prix du célèbre crustacé à pinces ont quasiment doublé: «Les homards se vendent entre 20 et 23 dollars la livre (environ 44 à 51 dollars le kilo, ndr)», soit à peu près le double des prix habituels.
En cause? La vague de froid aussi exceptionnellement frigorifique qui a frappé une partie des Etats-Unis pendant plusieurs semaines, en février.
Même les homards ont souffert du froid, selon George Malafis, vice-président de Coral Seafood Inc. Pour se protéger, les crustacés s'éloignent au large, plongent en profondeur et s'enfouissent dans le sable. Le froid intense était encore pire en mer, notamment dans les zones de pêche au homard recouvertes de glace, comme la Nouvelle-Ecosse et la Nouvelle-Angleterre.
«En février dernier, avec ce froid glacial que nous avons connu, il était encore plus difficile pour les bateaux de sortir en mer… La demande était forte, et ils n’arrivaient tout simplement pas à trouver de bateaux», poursuit George Malafis dans le Post. «Beaucoup de gars ne sont pas sortis parce que c'était tout simplement trop dangereux.»
Or, cette tempête brutale qui frappe les prix du homard pourrait ne pas s'adoucir en même temps que les températures. Les conditions météorologiques en mer en mars et avril seront cruciales. «S'il y a du vent, cela crée des vagues et des conditions très difficiles pour les gars», indique encore George Malafis. «Et si le froid persiste et que la température de l’eau ne remonte pas, les homards resteront plus loin au large.»
Etant donné que l'écrasante majorité des homards consommés en Europe provient des zones de pêche de l’Atlantique Nord, notamment du Canada, il est donc possible que les adeptes de lobster rolls sous nos latitudes doivent faire face à une montée des prix similaires.
Ou, tout du moins, à voir leur bien-aimé sandwich davantage garni de céleri et de laitue... que de chair de homard, comme l'avertit Mike Landesberg: «Je connais un restaurant qui m'a déjà dit qu'il allait réduire la quantité de homard dans ses sandwichs au homard. Si vous voyez que le homard est haché comme une salade de thon, il y a de fortes chances qu'ils y ajoutent d'autres ingrédients pour compenser les coûts.»
Nous voilà prévenus.
