Les effets néfastes que la (sur)consommation de viande peut avoir sur la santé humaine sont de plus en plus documentés. Une nouvelle étude menée par l'Université de Cambridge, publiée ce mardi, en apporte une preuve supplémentaire.
La recherche a impliqué deux millions de personnes dans le monde entier et constitue l'analyse la plus complète du lien entre la viande et le diabète de type 2 jamais effectuée, selon ses auteurs. Le verdict? Une consommation régulière de viande entraîne un risque accru de développer cette maladie.
Si le constat est vrai pour toutes les viandes, les auteurs de l'étude ont observé d'importantes différences. La volaille présente les risques les plus faibles, suivie par la viande rouge non transformée. En manger 100 grammes par jour augmente le risque de développer le diabète de type 2 de 8 et 10%, respectivement.
La viande hautement transformée se révèle nettement plus dangereuse. Il suffit d'en ingérer 50 grammes par jour, soit l'équivalent de deux tranches de jambon, pour voir le risque bondir de 15% au cours des dix années suivantes.
«Il est bien connu que des produits comme le jambon, les saucisses, le bacon, les hot-dogs ou le salami sont hautement transformés», affirme auprès de CNN Nita Forouhi, l'une des auteurs de l’étude.
Le diabète de type 2 touche actuellement plus de 400 millions de personnes dans le monde et représente «un danger pressant pour la santé mondiale», estime le Guardian. Ses effets comprennent la cécité, l'insuffisance rénale, ainsi que des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et l'amputation des membres inférieurs.
En Suisse, on estime que quelque 460 000 personnes sont atteintes de diabète de type 2, soit environ 5% de la population - un pourcentage qui grimpe à 16% chez les hommes de plus de 65 ans, qui représentent la catégorie la plus touchée.
Les causes du diabète de type 2 comprennent «une alimentation déséquilibrée et un manque d’activité physique pendant des années», associés à l’obésité. Cette dernière joue «un rôle décisif» dans l’apparition de la maladie, relate l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).
Outre le maintien d'un poids sain et l'augmentation de l'activité physique, il est prouvé qu'améliorer son régime alimentaire est l'un des principaux moyens de réduire le risque du diabète, indique encore le Guardian.
Tout comme les auteurs de l'étude, de nombreux spécialistes appellent donc à réduire la consommation de viande. Cette dernière peut être mangée moins souvent, dans des portions plus petites, ou être remplacée par d'autres aliments riches en protéines tels que les lentilles, les haricots et le tofu, liste Nita Forouhi.
Plusieurs études et organisations ont élaboré des recommandations en ce sens. La commission EAT-Lancet, composée d'experts internationaux en nutrition, santé et développement durable, estime par exemple qu'il ne faudrait pas manger plus d'une quarantaine de grammes de viande par jour (soit 300 par semaine).
Les Suisses sont bien loin de ce seuil. Selon des données relatives à 2022, chaque Helvète consomme, en moyenne, quelque 140 grammes de viande par jour. (asi)