Les parents de Muriel Furrer veulent la vérité sur le décès de leur fille
L’accident tragique de Muriel Furrer et les circonstances qui l’entourent continuent de bouleverser. L’histoire de cette jeune cycliste, qui a grandi tout près du lieu de l’accident, à Egg dans l’Oberland zurichois, et qui incarnait les Championnats du monde de cyclisme sur route à Zurich en tant qu’ambassadrice locale, a fait le tour du monde. L'athlète de 18 ans est décédée le lendemain, à l'hôpital, des suites de ses blessures (traumatisme crânien).
De nombreuses questions restent sans réponse. Comment est-il possible que la chute de Muriel Furrer, survenue lors de la course juniors des Mondiaux, le 26 septembre 2024, soit passée totalement inaperçue? Comment expliquer qu’elle soit restée grièvement blessée pendant une heure et demie dans un sous-bois au-dessus de Küsnacht (ZH), sans que personne ne donne l’alerte? Et comment se fait-il qu’elle n’ait été retrouvée que par pur hasard?
Ses parents, Christine et Reto Furrer, insistent sur un point dans l'entretien qu'ils ont récemment accordé à CH Media, groupe auquel appartient watson: il ne s’agit pas pour eux de chercher des coupables. Mais ils veulent des réponses. Comme c’est l’usage dans ce type de drame, le Ministère public a été chargé d’enquêter sur le déroulement de l’accident. Il doit déterminer si une infraction pénale a été commise ou non.
Au printemps 2025, une première expertise médicale sur les causes du décès a été remise. Ni le Ministère public ni la famille Furrer ne souhaitent en dévoiler le contenu. Une chose est toutefois claire: aux yeux des parents, les conclusions de ce rapport montrent que les circonstances de l’accident méritent d’être approfondies. Christine Furrer affirme:
Son mari Reto ajoute:
«Nous voulons comprendre pourquoi l’accident a été détecté si tard et pourquoi le sauvetage a pris autant de temps», poursuit Christine Furrer. «Nous ne savons pas non plus si le dispositif de sécurité mis en place lors des Mondiaux était suffisant. C’est important, aussi, pour améliorer certains aspects à l’avenir.»
A ce stade, la famille Furrer ignore si le Ministère public mènera d’autres actes d’enquête. Pour défendre leurs intérêts juridiques, les parents sont désormais accompagnés par un avocat.
Contacté, le Ministère public zurichois fait savoir, par la voix d’un porte-parole, qu’en raison de la procédure pénale en cours, aucune information supplémentaire ne peut être communiquée tant que l’enquête n’est pas terminée. La clôture de la procédure est prévue pour le premier trimestre 2026.
Une lutte pour plus de sécurité
Juste après les Championnats du monde, le directeur des courses, Olivier Senn, avait déclaré que le concept de sécurité était solide et que les parcours ainsi que leurs dispositifs de protection se situaient «au plus haut niveau». Selon lui, il appartenait au Ministère public de déterminer si des erreurs avaient été commises. Et si tel devait être le cas, «nous assumerons bien entendu nos responsabilités, en tant qu’organisateurs, et moi personnellement», avait assuré l’Argovien.
En tant que directeur du Tour de Suisse, Olivier Senn a introduit cet été un système de suivi GPS, une technologie disponible depuis longtemps mais jusqu’ici non souhaitée par l’Union cycliste internationale (UCI) lors des Championnats du monde. Un tel dispositif aurait permis de localiser Muriel Furrer plus rapidement et de la prendre en charge plus tôt. Reste à savoir si cela aurait pu lui sauver la vie. Une incertitude dont les parents sont pleinement conscients.
Plus largement, Christine et Reto Furrer militent pour un renforcement de la sécurité dans le cyclisme. Cela passe notamment par le tracking, mais aussi par des airbags visant à réduire les risques de blessures au cou et au dos, ainsi que par des avancées dans le domaine des casques. «On investit énormément pour rendre les casques plus aérodynamiques, mais beaucoup trop peu pour les rendre plus sûrs», déplore Reto Furrer.
Adaptation en français: Yoann Graber
