Ce Romand a marqué des points pour aller au Mondial
Les alternatives au poste d’avant-centre derrière le titulaire Breel Embolo portaient jusqu’ici toujours les mêmes noms: Andi Zeqiri et Cedric Itten. Mais Murat Yakin a décidé de se passer d'eux pour ces deux matchs contre l'Allemagne et la Norvège, mardi. A la place, il a convoqué Joël Monteiro.
A première vue, ce choix peut surprendre: cette saison, le natif de Sion a disputé 25 matchs de Super League avec Young Boys. Mais un seul en tant qu’avant-centre.
Mais Yakin voit en ce joueur de 26 ans – habituellement aligné comme milieu gauche en club – un point d’ancrage dans l’axe de l’attaque. C’est dans ce rôle que Monteiro a remplacé Embolo après 62 minutes de jeu contre l’Allemagne (défaite 4-3), vendredi à Bâle en match de préparation pour la Coupe du monde.
Et, 17 minutes plus tard, il a égalisé à 3-3, d’une superbe frappe, aussi puissante que soudaine. Le Valaisan d'origine se distingue aussi par ses déplacements intelligents et sa capacité à dévier des ballons pour ses partenaires. Mission accomplie pour lui dans ce match! Ses chances d’obtenir un billet pour la Coupe du monde ont fortement augmenté.
Jusqu’ici, on considérait que Joël Monteiro ne pourrait participer au Mondial que si Zeki Amdouni ne retrouvait pas la forme après sa rupture des ligaments croisés. Désormais, Monteiro peut prétendre à une sélection indépendamment de l’évolution d’Amdouni. Comme deuxième attaquant derrière Embolo.
Et au vu des difficultés offensives actuelles de son club, un constat se pose: Young Boys aurait peut-être pu économiser plus de dix millions de francs pour les décevants Bedia, Cordova et Essende s’il avait misé dès le départ sur Monteiro à ce poste d'attaquant...
Denis Zakaria ne trouve pas sa place
Les entraîneurs apprécient le dynamisme et l'impact physique de Denis Zakaria. Le Genevois (29 ans), capitaine de l'AS Monaco, possède une solide expérience et un certain sang-froid. C’est aussi l’avis de Murat Yakin. Pourtant, le sélectionneur n’a toujours pas trouvé de place pour Zakaria – milieu axial – en équipe nationale, car le Romand se heurte depuis des années à l’indéboulonnable duo du milieu Xhaka/Freuler.
Zakaria remplaçant? On peut légitimement se demander si son potentiel n’est pas sous-exploité. Yakin partage cet avis. Il cherche donc une place, une mission, un rôle pour le Genevois, sans devoir renoncer à l’un des deux titulaires Granit Xhaka ou Remo Freuler.
La solution la plus évidente serait de faire évoluer Zakaria en défense centrale, comme c’est souvent le cas cette saison à Monaco. Le sélectionneur de la Nati observe aussi comment ce type de situation est géré ailleurs. Par exemple en Allemagne, avec Joshua Kimmich.
Au Bayern Munich, ce dernier est le maître à jouer incontesté au milieu de terrain. En équipe nationale, en revanche, il évolue comme latéral droit avec une tendance à repiquer dans l’axe lorsque l’Allemagne a le ballon.
L’approche de Murat Yakin consiste à trouver une place pour ses dix meilleurs joueurs de champ. Zakaria en fait partie. D’où l’idée d’une réponse suisse à Kimmich. Et ce, justement avant d’affronter Kimmich et l’Allemagne, vendredi à Bâle.
Mais l’expérience n'a pas fonctionné. Entré à la pause à la place du latéral droit Silvan Widmer, Denis Zakaria a peiné à trouver sa position. Cela s’explique aussi par la qualité de l’adversaire, l’Allemagne, très solide ce soir-là, et par les nombreux remplacements qui ont considérablement désorganisé le jeu suisse.
Il serait toutefois faux de considérer l’expérience Zakaria en latéral droit comme un échec définitif. Yakin partage ce point de vue. Il est donc très probable que le Romand obtienne une nouvelle chance mardi contre la Norvège. Une chose est sûre: laisser Zakaria sur le banc revient un peu à laisser un cabriolet au garage tout l’été.
Noah Okafor a présenté ses excuses
Le retour de Noah Okafor au sein de la Nati – pour la première fois depuis novembre 2024 – est un sujet sensible. Vendredi, le Bâlois aurait dû jouer contre l'Allemagne. Mais rien ne s'est passé comme prévu: il s'est blessé pendant l’échauffement. Sa participation au match de mardi en Norvège est également incertaine.
Après le rassemblement de l’équipe nationale lundi dernier, le sélectionneur s'est adressé au groupe. Son message? Personne n’est au-dessus de l’équipe. Les individualités guidées par des intérêts personnels ne sont pas tolérées. Yakin a ensuite donné la parole à Okafor.
L'attaquant de Leeds – qui s'était plaint publiquement de ses non-sélections précédentes – a saisi l’occasion et a présenté ses excuses à l’équipe. Ses différends avec Murat Yakin semblent donc réglés. La voie est libre pour son retour.
Les limites de la Nati dévoilées
Sept victoires, trois matchs nuls et une différence de buts de 26-6: c'est le bilan des dix rencontres disputées en 2025 par la Nati. Une année formidable, donc. Mais les Helvètes n'avaient pas affronté de cador du foot mondial.
Vendredi, c'était le cas face à l'Allemagne. Et la Suisse a perdu. Ses limites ont été mises en évidence. Le principal enseignement: face à des adversaires de ce calibre, la moindre erreur se paie cash, comme le montrent les buts du 1-1 et du 2-2.
Granit Xhaka et ses coéquipiers ont passé plus de temps à défendre qu’à attaquer, une situation à laquelle ils doivent se réhabituer. Et en tirer les bonnes conclusions s’ils veulent atteindre leur objectif cet été: réaliser la meilleure Coupe du monde de l'histoire de la Nati.
Une compétition où, selon les résultats de la phase de groupes, un adversaire redoutable pourrait déjà se dresser en 16e de finale.
Adaptation en français: Yoann Graber
