Cette athlète suisse se sent bien seule aux JO
Le team suisse de saut à ski n'a pas besoin de beaucoup de place à Predazzo. Cette année, seulement trois hommes et une femme sont en lice: le vétéran Gregor Deschwanden ainsi que les débutants olympiques Felix Trunz et Sandro Hauswirth tenteront de se distinguer lundi, tandis que Sina Arnet a fait ses premiers sauts olympiques samedi (elle a terminé 28e sur le petit tremplin).
Etre la seule Suissesse sur le tremplin olympique doit être une sensation étrange, non? Arnet hausse les épaules à cette question, comme si elle n'y avait jamais vraiment réfléchi. «Bien sûr, ce serait agréable que mes coéquipières soient là pour qu'on puisse se pousser mutuellement», explique-t-elle. Mais après plus de quatre ans sur le circuit mondial, l'Obwaldienne s'est habituée à être parfois la seule représentante helvétique. Le simple fait d'avoir pu se qualifier pour les Jeux est déjà un succès national. Après tout, jusqu'ici, une seule Suissesse avait participé aux Jeux olympiques: Bigna Windmüller avait terminé 18e à Sotchi en 2014.
Mais des progrès sont en cours dans le saut à ski féminin en Suisse, selon Arnet et l'ex-entraîneur des jeunes, Christian Raimund, qui a repris l'équipe féminine cet été. «On constate une belle évolution», dit-il. Arnet souligne qu'une «forte dynamique d'équipe» s'est développée. Récemment, la jeune Rea Kindlimann, 23 ans, a elle aussi accumulé de l'expérience en Coupe du Monde. Et en Continental Cup, de jeunes espoirs comme Simone Buff et la prometteuse Anja Imhof, 16 ans, font également leurs premiers pas.
De l'extérieur, il aurait semblé logique de sélectionner Rea Kindlimann, quand bien même elle ne remplissait pas les critères de sélection. Cela aurait permis une participation au relais mixte olympique, composé de deux femmes et de deux hommes. Mais selon Raimund, la convocation aux JO doit rester une «décision basée sur la performance».
Raimund s'attend dans tous les cas à ce qu'Arnet soit accompagnée plus régulièrement par d'autres athlètes de Swiss-Ski lors des compétitions en Coupe du Monde. La Suisse est également bien représentée dans les compétitions de la jeune génération, grâce à l'excellent travail des clubs de ski et des centres de performance. L'objectif est donc clair: dans quatre ans, Arnet ne devrait plus être la seule à devoir répondre seule aux conférences de presse sur le saut à ski féminin.
Une meilleure représentation suisse chez les femmes pourrait aider toute la discipline dans notre pays. Les compétitions de saut à ski pour hommes et femmes étant de plus en plus souvent organisées conjointement en Coupe du Monde, l'idée est de renforcer les liens avec l’équipe masculine suisse, explique Raimund. Cela inclut des formations communes et des échanges de savoir-faire. Les discussions avec le coach de l’équipe masculine, Bine Norcic, avancent bien. Par ailleurs, des progrès notables sont réalisés en matière de détection des talents chez les hommes. L'avenir est en marche.
