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Durant le match Suisse-Irlande du Nord, Breel Embolo a amené du mouvement et de la percussion à des Britanniques dépassés.
Durant le match Suisse-Irlande du Nord, Breel Embolo a amené du mouvement et de la percussion à des Britanniques dépassés.Image: KEYSTONE
Nati

Breel Embolo est-il le grand attaquant que la Suisse attend?

Il a pesé de tout son poids (88 kg) dans la victoire 2-0 de la Nati face à l'Irlande du Nord. Mais ses deux passes décisives sont entachées de nombreuses occasions ratées, ce qui entretient un doute.
10.10.2021, 17:3211.10.2021, 08:45
jonathan amorim

Vingt-sept tirs à deux. Sans parler des «expected goals», outil de donnée très prisé dans le football moderne, qui calcule le nombre de buts potentiels par équipe (autrement dit, la qualité des occasions de buts): 4,43 xG à 0,08.

Face à une Irlande du Nord réduite à dix après 36 minutes, la domination helvétique a été totale. Pour un «petit» 2-0 au final... La Nati s'est créée beaucoup d'occasions, notamment autour de son duo Shaqiri-Embolo. L'attaquant du Borussia Mönchengladbach, longtemps annoncé comme le «grand attaquant» national, s'est montré décisif mais n'a pas marqué. Tout un paradoxe.

Deux passes décisives

Titularisé à la pointe de l'attaque de l'équipe nationale à la place d'Haris Seferovic (blessé), Breel Embolo a amené du mouvement et de la percussion à des Britanniques dépassés. Sa performance est à créditer de deux passes décisives.

Sur le premier but, c'est toute sa qualité physique qui fait la différence. Sur une perte de balle à mi-terrain des Irlandais, Embolo a juste besoin de trois touches de balle pour accélérer, traverser le terrain et servir Zuber qui n'a plus qu'à conclure. Beaucoup, beaucoup de puissance (et un peu de réussite) sur cette action qui met en lumière cette qualité que personne d'autre n'a dans cette équipe de Suisse.

Mais Breel Embolo n'est pas seulement un monstre physique. S'il n'est pas toujours récompensé par des buts, il sait également prouver son intelligence de jeu, comme sur le deuxième but samedi soir. Alors qu'on joue les arrêts de jeu et que la fait peut parfois défaut à ce moment du match, Embolo se retrouve en un contre un sur une contre-attaque. Petit coup d'œil, petit crochet, et un service millimétré pour Christian Fassnacht qui n'a également plus qu'à conclure. 2-0, merci, au revoir.

De la puissance et de l'intelligence de jeu, deux qualités qui ont permis à la Suisse de s'imposer. Mais est-ce suffisant?

Beaucoup de ratés

En parallèle, l'attaquant formé au FC Bâle a passablement vendangé devant les cages irlandaises. Un défaut qui le poursuit depuis longtemps en équipe nationale. Il reste bloqué à six réussites en 49 rencontres, soit un but tous les huit matches.

Samedi, il a eu deux très grosses occasions: à la 55e minute et, surtout, à la 72e, après un travail exceptionnel de Kevin Mbabu. Des situations qui doivent finir au fond des filets à ce niveau-là. Depuis son départ du FC Bâle en 2016 pour la Bundesliga, Embolo n'a par ailleurs jamais réalisé une saison à dix buts ou plus: il ronronne à une moyenne de 3 à 8 réussites, son maximum.

Ses statistiques en club

Source: lequipe.fr

Des statistiques qui nous rappellent que Breel Embolo n'est pas un vrai attaquant, un vrai finisseur. Il est clairement plus à l'aise dans un rôle de deuxième attaquant, de faux neuf ou d'ailier. Dans le système de jeu actuel de la Nati, il est donc difficile de l'imaginer à long terme à ce poste, seul à la pointe de l'attaque.

Des éloges et des espoirs

Même si son attaquant est resté muet sur la pelouse du stade de Genève, Murat Yakin semblait satisfait de sa performance:

«Il a réalisé une excellente prestation. Il a été d’une grande aide pour l’équipe. Malheureusement, il n’a pas marqué, mais il a permis notre succès. Il a fait un gros travail, en étant très souvent présent dans la surface. Il a pris des tirs et aurait mérité de trouver la faille. Ce sera peut-être pour la prochaine fois.»

Embolo n'a pas que convaincu son sélectionneur: la presse nationale est unanime au moment de juger sa prestation face aux Irlandais. Dans la NZZ am Sonntag, on peut lire qu'il «a été à l'image de la Suisse: mobile, volontaire et inspiré offensivement, contrairement au match à Belfast».

Du côté de la presse romande et du Matin Dimanche, on affirme que ce sont notamment les retours de Shaqiri et d'Embolo qui «ont offert des solutions offensives». Des critiques positives, certes, mais qui ne doivent pas faire oublier le manque d'efficacité des joueurs offensifs, comme le soulignait Kevin Mbabu hier après la rencontre:

«Notre ratio occasion/buts marqués est assez bas. On a toujours dit qu'on devait progresser dans ce domaine. C'est ce qui nous manque pour faire le prochain pas et se frotter aux meilleures nations du monde.»

Le «grantatakan»?

On aurait tendance à l'oublier, mais Breel Embolo est encore jeune. Il n'a que 24 ans. Talent précoce, il s'était imposé dès ses 18 ans au FC Bâle, inscrivant par la suite 21 buts en 60 matchs de Super League. Un très bon ratio pour un jeune attaquant.

Depuis son départ pour l'Allemagne, c'est forcément plus compliqué, le niveau y étant bien plus relevé. Mais il reste sur deux saisons pleines avec le Borussia Möchengladbach: 13 buts et 14 passes décisives au total. Un bilan qui démontre que Breel Embolo arrive à maturité. Sa forme du moment est également remarquable, comme le montre ce magnifique but inscrit la semaine dernière:

Cette maturité était déjà perceptible à l'Euro 2020 où il a été très bon dans un système à deux attaquants. C'est lui qui avait notamment marqué contre le Pays de Galles. À cinq mois de fêter ses 25 ans, Breel Embolo possède encore de belles années devant lui. Avec un Seferovic qui arrive sur ses 30 ans, il devrait rapidement devenir le leader offensif de la Nati.

Avec, on l'espère, un peu plus de réussite devant le but pour pouvoir entendre beaucoup plus souvent ce merveilleux chant suisse allemand : «I de Nati, de Schwiizer Nati, do esch de Breel dihei. I de nati, de Schwizer Nati, do esch de Breel dehei. Oh Embolo, oh Embolo etc…»

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