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Face à Trump, l'UDC est une exception en Europe

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L'extrême droite européenne rompt avec Trump: l’UDC se tait

La proximité avec Trump devient un risque pour les partis d’extrême droite en Europe. L'AfD, Meloni et consorts tirent le frein d’urgence et se détournent du président américain, tandis que l’UDC choisit une autre stratégie.
26.04.2026, 16:0726.04.2026, 18:48
Patrik Müller / ch media

La guerre en Iran et la défaite de Viktor Orbán en Hongrie entraînent une prise de distance de la droite populiste vis-à-vis du président américain. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a, par exemple, refusé de le soutenir dans la guerre en Iran et a bloqué l’utilisation d’une base aérienne sicilienne.

La semaine dernière, elle a qualifié d’«inacceptable» l’attaque de Trump contre le pape. Le président étasunien a réagi avec amertume, lui qui voyait en Meloni une «amie».

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Leur relation n'est plus aussi harmonieuse qu'auparavant: Giorgia Meloni et Donald Trump en octobre 2025.Image: keystone

En Allemagne, l’AfD a longtemps été favorable à Trump. L’an dernier, Elon Musk s’était notamment invité à une réunion du parti et y qualifiait l’AfD de «dernier espoir» pour l’Allemagne. La direction du parti voyait dans la politique migratoire de Trump et son combat contre le «wokisme» un modèle. Tempi passati. Aujourd'hui l’AfD rejette clairement la guerre en Iran et a réduit ses contacts avec Washington.

En France et en Europe du Nord, le climat change également. Marine Le Pen condamne la guerre, après avoir déjà vivement critiqué les projets de Trump concernant le Groenland. Lors des élections au Danemark en mars, le Parti populaire de droite a lui aussi pris ses distances de manière ostentatoire.

Les populistes perçoivent le changement d’opinion

Trump est devenu toxique. Cela s’est vérifié en Hongrie où Trump et JD Vance ont activement fait campagne pour Viktor Orbán et ont nui davantage qu’ils ne l’ont aidé, selon le bilan du Financial Times britannique. 85% des électeurs auraient souhaité une autre relation avec les Etats-Unis.

Le vainqueur, Peter Magyar, n’est pourtant pas un candidat de gauche. Lui aussi prône une politique migratoire stricte et se positionne contre le «wokisme». La différence: il s’oriente davantage vers l’Europe que vers les Etats-Unis et n’est pas un ami de Vladimir Poutine.

Les partis populistes réagissent par nature rapidement aux évolutions de l’opinion. Cette année et la suivante, plusieurs pays européens seront appelés aux urnes, parfois à l’échelle régionale (Allemagne), parfois au niveau national (France). Les partis ont compris que la proximité avec Trump devient un handicap.

La Suisse ne fait pas exception. Lors de la campagne concernant la redevance de la SSR, des portraits de Trump et de Musk sont apparus dans les gares sur des affiches appelant à voter non. Leurs visages devaient mobiliser contre l’initiative, les stratèges de campagne en étaient convaincus: ces deux figures sont impopulaires en Suisse.

Jusqu’au choc des droits de douane, Trump bénéficiait pourtant d’une certaine sympathie dans les milieux conservateurs de droite. La conseillère nationale UDC Magdalena Martullo-Blocher prétendait, par exemple:

«Trump aime la Suisse»

Récemment, elle a reconnu s’être trompée sur le président américain. Tandis que la milliardaire admet ouvertement son erreur d’appréciation, d’autres responsables du parti restent silencieux.

L'UDC garde le silence

S'ils ne prennent pas publiquement leurs distances, contrairement à d’autres partis de droite en Europe, ils préfèrent ignorer Trump. Ce silence vise sans doute à faire passer le message suivant:

«Nous n’avons de toute façon jamais eu de lien avec Trump»

Cela peut être vrai pour la base du parti, au sein de laquelle Trump n’a jamais été majoritaire selon les sondages. Mais certains élus et responsables, comme Andreas Glarner, Thomas Matter ou Franz Grüter, se sont distingués par des prises de position favorables à Trump.

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Franz Grüter s'est exprimé à plusieurs reprises en termes élogieux à l'égard de Donald Trump et de sa politique.Image: KEYSTONE

Depuis janvier, toutefois, plus aucune déclaration pro-Trump n’a été relevée. Le point de bascule a été le Forum économique mondial à Davos, lorsque le républicain a vivement critiqué la Suisse pendant plusieurs minutes, affirmant que «sans les Etats-Unis, la Suisse n’existerait pas». Au plus tard à ce moment-là, tout est devenu clair, affirme un parlementaire UDC qui souhaite rester anonyme:

«L’UDC ne doit pas être associée à Trump. Sinon, cela nous nuit»

C’est précisément pour cette raison que certains membres du parti s’agacent de l’hebdomadaire Weltwoche, dirigé par l’ancien conseiller national UDC Roger Köppel. Le journal encense régulièrement Trump et a fait de Viktor Orbán un héros. Interrogé à ce sujet, le conseiller national UDC Mauro Tuena a éludé la question ce week-end dans l’émission politique télévisée «SonnTalk», préférant rappeler que l’UDC enchaîne les succès électoraux, notamment lors de récents scrutins communaux dans le canton de Zurich.

epa11694544 Die Weltwoche editor-in-chief Roger Koeppel hosts a panel discussion titled 'Peace in Europe' in Vienna, Austria, 31 October 2024. The event was organized by Swiss weekly newspap ...
Roger Köppel continue d'apprécier Trump.Image: keystone

Le patriarche du parti Christoph Blocher a toujours mis en garde contre toute alliance avec des politiciens et partis de droite étrangers; il avait notamment refusé de participer à l’émission «Arena» aux côtés d’un représentant de l’AfD. La génération suivante à la tête de l’UDC se montrait moins stricte. Mais aujourd’hui, alors que la proximité avec Trump et Orbán pourrait nuire au parti, la ligne défendue par Blocher revient sur le devant de la scène. Roger Köppel, lui, confirme semaine après semaine qu’il fait figure d’exception. (trad. hun)

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