Pourquoi l'essence semble bloquée à 1,99 franc en Romandie
C'est bien connu: l'essence que vous injectez dans votre réservoir est tributaire des tensions géopolitiques mondiales. Ce printemps, c'est la campagne de bombardement américaine en Iran suivie des âpres discussions pour un cessez-le-feu qui font monter le prix du pétrole.
La hausse du prix n'a pas eu lieu d'un coup. L'augmentation est lente et douloureuse. Et cela, les stations romandes l'ont bien compris: chez nombre d'entre elles, notamment sur l'arc lémanique, le prix du sans-plomb 95 semble figé à 1,99 franc.
Des clusters de SP95 à 1,99 chf
Il suffit de jeter un coup d'œil à la carte du comparateur de prix du TCS pour s'en rendre compte. En ville de Lausanne ou de Genève, de véritables «clusters» de 1,99 franc ont éclos dans certaines zones. Toutes les marques sont concernées. Par exemple ici, à hauteur de l'échangeur de Lausanne, vers la commune de Bussigny.
De même à Genève, sur la rive gauche.
«Les prix en Suisse sont aujourd’hui répartis de manière assez uniforme entre 1,76 et 2,20 francs, avec la grande majorité des prix autour de 1,93», nous indique Laurent Pignot, porte-parole du TCS. Comment expliquer ces clusters sur l'arc lémanique?
Dans le canton de Fribourg ou du Jura, le prix à de nombreuses pompes est encore inférieur à 1,80 franc. Et dans d'autres régions (Nord-vaudois, Neuchâtel), en-dessous de 1,90 franc.
Lissage des prix
Il n'empêche, pourquoi de tels agglomérats de prix uniformes à 1,99 franc? Les stations sont-elles tentées de s'arranger entre elles? «Non, c’est un système d’offre et de demande. Si une station est en concurrence directe avec plusieurs autres à proximité, les prix tendent à se lisser», explique Laurent Tignot.
Le porte-parole précise que, «au contraire, une station isolée aura tendance à fixer son prix selon ses propres paramètres». Dans certains cas, si la barre est dépassée, on n'hésite pas à y aller à fond sur les prix. A Lausanne, par exemple, on trouve des stations qui vendent l'essence à 2,33, voire à 2,40 francs.
«Les prix de 2,30 ou 2,40 n’ont été atteints que très rarement et uniquement sur des stations isolées, comme durant la crise de 2022», indique Laurent Tignot. C'est-à-dire au début de l'invasion russe de l'Ukraine.
Note: tous les prix ont été consultés en date du 29 mai.
