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Beatriz Martin pourrait être la première femme à diriger UBS

Beatriz Martin a fait ses débuts dans le secteur bancaire en 1996.
Beatriz Martin a fait ses débuts dans le secteur bancaire en 1996.Image: ubs

Elle pourrait être la première femme à diriger UBS

L'Espagnole Beatriz Martin, 51 ans, se profile pour succéder à l'actuel patron d'UBS Sergio Ermotti grâce à ses performances exceptionnelles dans le cadre du démantèlement de Credit Suisse. Mais le dirigeant souhaiterait rester jusqu'à fin 2026.
27.05.2024, 05:53
Daniel Zulauf / ch media
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Celles et ceux qui parviennent à la direction du groupe UBS sont financièrement à l'abri du besoin – du moins si l'on prend pour référence le niveau de vie des citoyens ordinaires.

Cela vaut également pour le quintette que le PDG Sergio Ermotti a intégré en mai 2023 dans son équipe de direction composée de quinze personnes. Le directeur financier Todd Tuckner, le directeur des ressources humaines Stefan Seiler, la responsable de l'intégration Michelle Bereaux, le directeur général de Credit Suisse Ulrich Körner et Beatriz Martin, la principale responsable du démantèlement de la banque d'investissement de Credit Suisse. Tous ont reçu, dans le cadre de leur promotion, un nombre important d'actions UBS que les heureux élus auront le droit de vendre.

Pas envie de prendre une retraite anticipée

A elle seule, Beatriz Martin possédait à la fin de l'année 463 000 actions UBS d'une valeur actuelle d'environ 12,5 millions de francs – suffisamment pour prendre sa retraite à 51 ans déjà. Mais l'Espagnole n'y songe pas pour le moment. Elle pourrait gravir le dernier échelon dans un avenir proche. C'est l'objectif de tous les managers qui, après des années d'efforts intenses, obtiennent enfin une place à la table de la direction d'un groupe.

Sergio Ermotti, qui a fêté ses 64 ans le 11 mai, n'a pas encore l'intention de quitter son poste de PDG d'UBS, qu'il a accepté en mars 2023. La semaine passée, le Tessinois a confirmé qu'il resterait en fonction au moins jusqu'à la fin de l'intégration de Credit Suisse, c'est-à-dire jusqu'à fin 2026, et peut-être même un peu plus longtemps. A ses yeux, le règlement de sa succession est important, mais pas encore prioritaire.

Mais les préparatifs pour le passage de témoin sont déjà en cours. Une liste de trois successeurs potentiels sera établie d'ici fin 2026, comme l'a déclaré le président d'UBS Colm Kelleher lors d'une conférence à Londres, laissant peut-être déjà implicitement transparaître sa préférence pour une solution interne.

Une solution interne probable

Une telle éventualité semble également plausible, voire probable, d'autant plus que la grande banque pourrait avoir besoin d'une phase de consolidation après les nombreux changements profonds en cours et à venir.

Sur le carrousel pour la succession de Sergio Ermotti, certains candidats tournent depuis un certain temps déjà. Il y a par exemple Iqbal Khan, chef de la gestion de fortune mondiale et donc directeur de la division phare d'UBS. Ou Sabine Keller-Busse, cheffe de la clientèle privée et commerciale suisse. Avec sa promotion au sein des quinze membres de la direction du groupe, Beatriz Martin fait aussi formellement partie du cercle des candidats depuis mai 2023. Ses chances sont assez bonnes.

Ressortissant suisse �g� de 46 ans, Iqbal Khan est arriv� en 2019 chez UBS en provenance de Credit Suisse.
Iqbal Khan aurait des ambitions pour le poste de PDG d'UBS.Keystone

L'unité d'affaires «Non-core and Legacy», dont elle est responsable et qui regroupe en premier lieu les activités de banque d'investissement de Credit Suisse qui ne sont plus poursuivies, a joué un rôle majeur dans le fait que la «nouvelle UBS» a pu afficher un résultat trimestriel positif pour la première fois depuis sa création formelle en juin 2023.

Déconstruction de Credit Suisse rapide et réussie

Beatriz Martin et son équipe ont réduit les actifs pondérés en fonction des risques dans leur «bad bank» de 16 milliards de dollars rien qu'au cours du trimestre sous revue et ont réduit leur portefeuille de 28 milliards de dollars, soit d'un tiers, en seulement neuf mois. Ce démantèlement forcé s'est déroulé dans de bien meilleures conditions financières que prévu initialement. Au lieu d'une perte de 4 milliards de dollars, UBS ne s'attend plus qu'à une perte de 2,5 milliards de dollars pour l'année en cours suite à la réduction des charges héritées de Credit Suisse.

Le déroulement favorable du démantèlement de Credit Suisse n'est bien sûr pas uniquement dû à l'équipe responsable, mais aussi aux conditions favorables sur les marchés financiers, qui n'étaient pas prévisibles il y a un an. Mais le fait est que Beatriz Martin et ses collaborateurs savent saisir les opportunités qui se présentent et aident ainsi la banque à réaliser d'importantes économies.

Chez UBS, on sait depuis longtemps que l'Espagnole excelle dans le négoce de titres difficiles à vendre, généralement à taux fixe. En 2012, Andrea Orcel, alors manager chez UBS et aujourd'hui PDG d'Unicredit, l'avait intégrée à son équipe en tant que chef d'état-major, alors qu'il s'agissait de réduire à une taille saine la banque d'investissement d'UBS, surdimensionnée et lourdement déficitaire dans de nombreux domaines.

En 2014, elle a été promue Chief Operating Officer de la banque d'investissement UBS. En 2019, elle s'est vue confier en plus la responsabilité globale de toutes les activités au Royaume-Uni et en 2020, elle a obtenu la fonction clé de gestionnaire de trésorerie à l'échelle du groupe («Global Treasurer»). Depuis, la banquière domiciliée à Londres fait partie du cercle illustre des Managing Directors, une «caste» d'une bonne centaine de dirigeants, principalement des hommes, dont beaucoup assument une responsabilité directe en matière de résultats et gagnent des salaires élevés.

Les femmes se sentent moins challengées

UBS a répondu négativement à notre demande d'entretien avec Beatriz Martin. C'est pourquoi il n'existe pour l'instant que des sources secondaires qui permettent de se faire une idée des conceptions de la manager en matière de gestion d'entreprise. Ainsi, il y a quelques années, un magazine espagnol l'a citée en ces termes:

«Avec une femme cadre, il est plus facile, lors d'une réunion, de recueillir le point de vue de tous les participants»

Ceci, car les femmes sont plus inclusives que les hommes dans les postes de direction, car elles se sentent en général moins challengées.

Beatriz Martin est entrée dans le monde bancaire en 1996 et a appris le métier de trader à la Deutsche Bank et chez Morgan Stanley. A l'avenir, on rencontrera probablement de plus en plus souvent en Suisse des banquiers espagnols talentueux.

Traduit et adapté par Tanja Maeder

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source: photopress-archiv / bischof
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