Pourquoi vous allez voir des chars et des soldats défiler en Romandie
Dans le cadre d’un vaste exercice, l’armée suisse va déplacer des troupes et des «forces lourdes» de Suisse occidentale vers la Suisse orientale du 21 au 25 septembre. Voici pourquoi elle organise cette opération et dans quelles régions la population locale pourrait être confrontée à davantage de bruit.
Des chars, de l’artillerie, des drones et des systèmes de défense aérienne seront notamment mobilisés. Dans plusieurs régions, la population devra s’attendre à davantage de trafic militaire et, par endroits, à des nuisances sonores.
24 heures pour tout lancer
La devise de l’exercice sera «Prêts en 24 heures». Après leur entrée en service, les soldats, les véhicules et le matériel devront être opérationnels. Il faudra également organiser le commandement, le ravitaillement et la protection des troupes.
La formation devra ainsi être prête à prendre la route au complet en l'espace de 24 heures. Le déplacement vers la Suisse orientale se fera ensuite en plusieurs étapes et s’étalera sur plusieurs jours. Sur certains itinéraires, l’armée fera également appel au drone de reconnaissance ADS 15. Celui-ci servira à recueillir des informations sur les mouvements des troupes.
Des drones, mais aussi des tanks
Avec Mobilo 26, l’objectif ne sera pas seulement de tester la rapidité de la mobilisation. L’armée va également s’entraîner à faire fonctionner différents moyens militaires de concert lors d’un déplacement de longue durée. Aux côtés des chars, de l’artillerie, des drones et des systèmes de défense aérienne, les troupes seront accompagnées de moyens mobiles de communication et de commandement ainsi que de véhicules destinés au transport, au ravitaillement et aux secours médicaux.
L’armée va également s’exercer à franchir des cours d’eau avec des ponts mobiles. La protection contre la surveillance adverse au moyen de drones et de satellites constituera un autre volet important de l’exercice.
La guerre en Ukraine en toile de fond
Pour expliquer le contexte de l’exercice, l’armée renvoie à la guerre en Ukraine. Celle-ci montre, selon elle, que les conflits militaires conventionnels restent une réalité en Europe. Les chars continuent ainsi de jouer un rôle important, puisqu’ils combinent protection, mobilité et puissance de feu.
L’armée souligne toutefois que ces engins ne peuvent être engagés qu’en coordination avec d’autres forces, notamment l’infanterie, l’artillerie, la reconnaissance, les drones et la défense aérienne.
L’exercice se déroulera dans le scénario d’une situation précédant un éventuel conflit armé. L'armée suisse entend avant tout vérifier et démontrer à quelle vitesse des formations importantes pourraient être mobilisées, équipées et déplacées sur de longues distances.
Cette capacité contribuera à la dissuasion – conformément à sa devise: «Pouvoir défendre pour ne pas avoir à le faire».
Où cela va-t-il se passer?
Les mouvements de troupes les plus importants auront lieu du 22 au 25 septembre 2026. Les régions suivantes seront notamment concernées:
- La région lémanique vaudoise
- Le plateau fribourgeois
- Le Seeland bernois
- Le pied sud du Jura soleurois
- L’Emmental
- La Haute-Argovie
Dans ces régions, il faudra s’attendre à davantage de trafic militaire et de bruit. Certains mouvements auront également lieu de nuit. (comm/ trad. joe)
