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Pourquoi les primes maladie 2025 augmenteront plus en Romandie

Pourquoi les primes risquent d'augmenter plus fortement en Romandie
Selon plusieurs experts, les Romands ont tendance à aller plus souvent chez le médecin. (image d'illustration)Image: KEYSTONE

Pourquoi les primes maladie vont plus augmenter en Romandie

Dans plusieurs cantons romands, les coûts de la santé ont enregistré une hausse supérieure à la moyenne nationale au premier semestre 2024. Par conséquent, les primes risquent de suivre la même tendance l'année prochaine. Une situation qui s'explique.
12.09.2024, 06:00
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Le moment approche à grands pas. A la fin du mois, la Confédération va communiquer les primes maladie pour l'année prochaine. L'annonce risque d'être désagréable: plusieurs analystes prédisent une nouvelle hausse des prix. Ce serait la troisième d'affilée. Santésuisse craint une augmentation de près de 5%, alors que Comparis table sur un renchérissement de 6%. Pour bonus.ch, la hausse moyenne pourrait même avoisiner les 7%.

La raison la plus souvent invoquée: la flambée des coûts de la santé. Sur les six premiers mois de l'année, ceux-ci ont augmenté de 5,1%, indique ce mardi bonus.ch. Cela représente une hausse de plus d'un milliard de francs par rapport à 2023.

En regardant ces chiffres de plus près, on s'aperçoit que les coûts n'ont pas augmenté partout de la même manière. En effet, de grosses différences subsistent entre un canton et l'autre. Le Jura enregistre la hausse la plus marquée (+11%), tandis qu'à Nidwald, les coûts ont même légèrement baissé (-1%).

De manière générale, les régions romandes affichent les valeurs les plus élevées, à quelque exception près. En plus du Jura, c'est le cas de Vaud (+9%) et de Neuchâtel (+7%). Le Valais et Fribourg ont également enregistré une hausse supérieure à la moyenne nationale (+6%).

Par conséquent, les primes devraient augmenter plus fortement dans ces cantons l'année prochaine, indique bonus.ch, car «l'évolution des primes suit de près celle des coûts». Dans un entretien avec les journaux de Tamedia, la directrice de Santésuisse avance des chiffres et un constat similaires: «Les primes doivent couvrir les coûts», résume-t-elle.

Le Tessin se distingue également, avec une hausse de 7%. Les augmentations les plus faibles concernent la Suisse centrale et orientale, à l'exception de Zurich et d'Obwald.

Une question de comportements

Comment expliquer que les coûts aient plus tendance à augmenter en Suisse romande que dans le reste du pays? «Les comportements en matière de santé diffèrent beaucoup en fonction de la région linguistique», estime Patrick Ducret, CEO de bonus.ch.

«Les Latins ont plus tendance à consommer de la médecine, et vont plus souvent chez le médecin»
Patrick Ducret, bonus.ch

«Cela a toujours été le cas», poursuit Patrick Ducret, qui parle d'un «constat historique». «Les Suisses alémaniques n'hésitent d'ailleurs pas à le faire remarquer, en soulignant que cela fait augmenter les prix», complète-t-il.

«C'est une question de comportement», lui fait écho Felix Schneuwly, expert santé auprès de Comparis. «Si on veut être très simples et un peu provocateurs, on peut dire que les Romands consomment plus de médecine que les Alémaniques».

«Cela explique pourquoi, dans cette partie du pays, les primes sont plus élevées et augmentent plus fortement qu'en Suisse alémanique.»
Felix Schneuwly, Comparis

Le spécialiste de Comparis ajoute une autre variable: «On voit que dans les régions urbaines, c'est-à-dire les villes et les agglomérations, la consommation est plus élevée qu'en campagne», avance-t-il. Et de fournir l'exemple suivant en guise d'exemple:

«A Genève, la consommation de médecine est beaucoup plus élevée qu'en Appenzell, et les prestataires médicaux plus nombreux. Avant d'aller voir un médecin remboursé par l'assurance maladie, un Appenzellois aurait plutôt recours à des méthodes alternatives»

Et de conclure: «Pourtant, les habitants d'Appenzell ne sont pas moins contents que les Genevois, ni plus souvent malades, et l'espérance de vie est similaire».

Selon Patrick Ducret, à cela on peut ajouter le fait que les politiques de santé et la gestion des hôpitaux changent d'un canton à l'autre. «Cela a également une influence sur l'évolution des coûts de la santé», estime-t-il.

La faute aux politiques

Si tout le monde s'accorde à dire que l'augmentation des coûts de la santé est la raison principale expliquant la hausse des primes, Felix Schneuwly estime que cela ne devrait pas être le cas. Les caisses maladie disposent de réserves censées faire en sorte que les primes soient plus stables que les coûts, explique-t-il: «Une forte augmentation des coûts ne devrait pas mener à une forte hausse des primes».

Mais les choses ont changé. «Ces dernières années, la politique a forcé les assurances à baisser leurs réserves, et c'est désormais le contraire qui se produit: la volatilité des primes est plus grande que la volatilité des coûts», poursuit l'expert de Comparis.

«Si la politique n'avait pas forcé les caisses maladie à baisser leurs réserves, elles auraient maintenant assez d'argent pour freiner la hausse des primes, du moins en partie»
Felix Schneuwly, Comparis

Historiquement, note bonus.ch, les caisses maladie avec un taux de réserves bas sont davantage sujettes à d'importantes variations de primes. A l'inverse, les assureurs «avec un taux de réserves élevé ont tendance à maintenir la stabilité de leurs primes, voire à les diminuer», explique le comparateur en ligne.

Par conséquent, assure Felix Schneuwly, les fortes augmentations des primes enregistrées les dernières années, ainsi que la hausse prévue en 2025, découlent en grande partie de «l'influence de la politique dans ce domaine». Le spécialiste est malgré tout convaincu que tout le monde pourrait jouer un rôle pour améliorer la situation:

«Si la population changeait ses comportements, cela pourrait faire baisser les coûts de la santé et, par conséquent, les primes»
Felix Schneuwly, Comparis
Le quotidien d'une infirmière en gériatrie
Video: watson
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