«Inacceptable»: une famille de victime du Constellation s'en prend aux CFF
Le père et la sœur d’Alexia, grièvement brûlée lors de l’incendie du bar Constellation à Crans-Montana, dénoncent un manque de compassion des Chemins de fer fédéraux. Selon RTL, le père et la sœur de la jeune femme ont été verbalisés par les CFF alors qu’ils se rendaient en urgence à l’hôpital pour lui rendre visite. Les faits remontent au 13 janvier 2026, alors qu’Alexia, brûlée à 70%, était hospitalisée en soins intensifs en Allemagne.
Le véhicule de ses proches étant tombé en panne près de Bâle, ils ont dû prendre un train sans billet pour rejoindre l’hôpital. Malgré les explications fournies au contrôleur, chacun a écopé d’une amende, pour un total de 351 francs suisses. Leur demande d’annulation a été refusée par le service des contentieux des CFF, qui a toutefois accordé un rabais de 40 francs.
«Aucune compassion» des CFF, selon l’avocat
La famille, qui se trouve dans une situation financière précaire, a également sollicité des bons de transport afin de pouvoir se rendre plus facilement au chevet de la victime. Cette requête est restée sans réponse, toujours selon RTL.
L’avocat de la famille, Me Christophe de Galembert, dénonce une attitude «inacceptable». Il estime que les CFF n’ont «manifesté aucune compassion en rapport avec le terrible drame» vécu par ses clients. A RTL, l'avocat juge durement la compagnie ferroviaire:
Il réclame l’annulation des amendes ainsi que «la délivrance pour chacun d’eux d’un bon de transport Lausanne-Cologne pour la durée de l’hospitalisation d’Alexia».
Les CFF répondent et invoquent l’égalité de traitement
Contactés par RTL, les CFF assurent, dans un courriel, exprimer «leur soutien le plus chaleureux» à la famille et aux proches des victimes du drame de Crans-Montana. L’entreprise dit comprendre la demande d’un «geste concret de solidarité», mais justifie son refus par un souci d’égalité de traitement envers d’autres personnes confrontées à des tragédies similaires, «malgré l’émotion que suscite cet événement».
Après publication de cet article, le porte-parole des CFF nous a fait part de la position de la compagnie ferroviaire:
Les CFF reconnaissent qu'il est «compréhensible que, dans une telle situation, l'on veuille que les transports publics aident les proches de victimes hospitalisées à voyager.» Néanmoins, «dans un souci d’égalité de traitement par rapport aux autres clients touchés par d’autres tragiques événements, la branche des transports publics ne peut toutefois pas prendre en charge ces coûts individuels. Pour emprunter les transports publics, les voyageurs doivent être en possession d’un billet valable.»
Le porte-parole précise concernant l'amende que «son montant inclut le prix du billet ainsi que le supplément, qui dépend du nombre de fois où un voyageur a déjà dû payer un supplément pour un voyage sans titre de transport valable. Malgré tout, les CFF ont annulé une partie du supplément par souci de souplesse commerciale.»
(hun)
