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Pourquoi les CFF utilisent toujours un logiciel russe

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Pour le contrôle de l'état des rails, les CFF misent désormais sur une solution informatique interne.Image: KEYSTONE

Un logiciel russe gère l'état des rails des CFF, est-ce risqué?

En raison de «risques de panne», les Chemins de fer fédéraux remplacent le logiciel russe nécessaire à l'entretien des voies. Cela prend toutefois pas mal de temps et coûte plus cher que prévu.
24.08.2024, 16:30
Daniel Schurter
Daniel Schurter
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Les entreprises occidentales qui utilisent encore des logiciels russes prennent des risques. Les Chemins de fer fédéraux (CFF) en sont conscients et essaient de se débarrasser le plus rapidement possible d'un système informatique provenant de la société russe Infotrans et de trouver une autre solution. Mais manifestement, ce changement n'est pas si simple.

Que s'est-il passé?

Depuis au moins mars 2022 et les avertissements de la Confédération, on sait que les logiciels russes représentent un risque pour les organisations qui les utilisent.

Intégrer des logiciels russes dans les processus de son entreprise, c'est se rendre dépendant du fournisseur concerné. Les interfaces logicielles nécessaires peuvent également créer des «portes dérobées» dangereuses.

Un exemple connu est le logiciel antivirus de la société de développement russe Kaspersky, qui nécessite des droits d'accès étendus. Cela représente un risque important. Le cas présent est toutefois beaucoup moins explosif. Le potentiel d'abus du logiciel Infotrans russe utilisé par les CFF serait beaucoup plus faible (voir ci-dessous).

Quelques mois après le début de l'invasion russe en Ukraine, les responsables des CFF ont décidé de remplacer les systèmes provenant de l'entreprise russe Infotrans par des systèmes développés par l'entreprise ferroviaire elle-même. Les CFF justifient cette décision par les «risques de panne» (du logiciel ou du système de positionnement).

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Le fait que le logiciel Infotrans soit toujours utilisé deux ans plus tard, comme l'a révélé Blick jeudi, est lié aux défis rencontrés lors du développement de son remplaçant interne. L'effort à fournir pour le projet a manifestement été sous-estimé dans un premier temps.

Par la suite, il est devenu clair que se défaire de la dépendance aux logiciels russes est plus difficile que prévu en raison de la complexité du projet.

A quoi ça sert?

Le logiciel Infotrans en question sert à garantir le contrôle de l'état des rails. Il faut savoir que ce n'est que grâce à de tels systèmes de positionnement que les techniciens des CFF savent exactement où il est nécessaire de réparer le vaste réseau ferroviaire.

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L'explication du porte-parole des CFF Martin Meier:

«Les systèmes de positionnement localisent les données d'état saisies sur le réseau des CFF, qui sont collectées par différents systèmes de mesure et d'inspection avec les véhicules de diagnostic. Cela permet de trouver d'éventuels défauts sur les rails.»

Selon le porte-parole des CFF il est extrêmement complexe de développer un système de positionnement très précis, performant et compatible avec le contexte dans lequel il doit évoluer.

Il explique:

«Avec le nouveau système de positionnement développé en collaboration avec une entreprise établie en Suisse, les CFF disposent désormais d'un système indépendant et plus performant pour le positionnement des données d'état. Le remplacement des systèmes d'Infotrans se fait désormais de manière échelonnée.»

Les CFF souhaitent désormais être indépendants du fournisseur russe d'ici fin 2025. Les délais sont donc respectés.

Combien coûte le remplacement?

A l'origine, les CFF avaient estimé que les coûts de développement de la solution logicielle interne s'élèveraient à environ deux millions de francs. Le porte-parole Martin Meier explique que les coûts supplémentaires prévus se situent désormais autour de 900 000 francs. Il souligne:

«Les coûts de développement actuels de ce système seront relativisés au cours des cinq prochaines années, car les systèmes de positionnement auraient de toute façon dû être remplacés. En décidant de développer leur propre système, les CFF économisent des coûts à moyen terme. De plus, les CFF disposeront ensuite de leur propre système de positionnement, indépendant et performant.»

Quel sont les risques liés au logiciel Infotrans?

Le risque est «extrêmement faible», souligne le porte-parole des CFF, qui explique:

«Aujourd'hui déjà, seule une partie des systèmes Infotrans est encore temporairement en service. Une partie des systèmes a déjà pu être remplacée».

Le risque comparativement faible est également lié à l'objectif d'utilisation du logiciel. Le porte-parole des CFF continue:

  • «Les données sont très spécifiques et ne peuvent être utilisées que pour l'entretien du réseau ferroviaire. Les données saisies par le système appartiennent aux CFF et ne vont sur aucun serveur de la société Infotrans (ou d'une autre entreprise russe)».
  • Par ailleurs, les CFF confirment des déclarations antérieures selon lesquelles aucune donnée n'est transmise à la société Infotrans pendant l'exploitation du logiciel. Des accès (par des développeurs russes) pourraient avoir lieu «dans des cas exceptionnels lors de travaux de maintenance» et se feraient sous surveillance.
  • Le logiciel ne fonctionne pas dans les centres de données des CFF.

Les logiciels russes peuvent-ils encore être utilisés en Suisse?

Oui, c'est possible.

Le porte-parole des CFF précise que l'administration fédérale – concrètement, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) – a accordé une autorisation exceptionnelle pour l'achat de services russes.

«Cette dérogation ne concerne pas l'utilisation du système de positionnement, mais l'achat de services pour le support et la maintenance des systèmes fournis par Infotrans».

PS: Comme le confirme le porte-parole des CFF à watson, aucun autre logiciel russe n'est utilisé dans l'entreprise de transport suisse, à l'exception d'Infotrans.

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

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