«La porte du car ne s'ouvrait pas»: ils racontent ce qu'il s'est passé
En quelques secondes, le car postal s'est rempli d’une fumée épaisse. Des personnes crient, tentent de sortir, se bousculent et frappent aux portes et aux fenêtres. Plusieurs vidéos ont circulé depuis mardi soir. watson s’est entretenu avec deux personnes qui décrivent ces scènes dramatiques à partir des témoignages de proches directement concernés.
Arbi Berisha, dont le cousin se trouvait dans le bus et a été blessé, ainsi qu’une femme qui souhaite rester anonyme et qui raconte ce que lui a confié une amie également présente dans le car postal. Ce qu'il s’est précisément déroulé fait actuellement l’objet d’une enquête.
Arbi Berisha raconte que son cousin Faton se trouvait dans le bus mardi soir lorsqu’un homme, assis quelques places devant lui, se serait immolé par le feu. Peu après, Arbi a reçu un appel de son cousin:
Selon Arbi Berisha, son cousin était assis à peu près au milieu du car postal — directement derrière l’homme qui se serait immolé. Peu après avoir tourné dans la Murtenstrasse à Chiètres, son cousin aurait vu l'individu «prendre un briquet, s’asperger d’essence et y mettre le feu».
Elle a tout vu, elle raconte
Tout serait ensuite allé très vite, lui a raconté son cousin.
Son cousin aurait tenté de s’échapper par la porte centrale, mais il se serait brûlé les doigts en essayant de l’ouvrir. Il aurait alors essayé de sortir par l’arrière du bus, mais il n’y avait pas de porte à cet endroit. «Il est donc revenu vers la porte centrale et a finalement réussi à sortir du bus en reculant», explique Arbi. Il ne sait pas si quelqu’un l’a aidé. Sur des vidéos, on voit son cousin s’éloigner du bus, le visage noirci.
Lorsque Arbi a finalement retrouvé son cousin dans un restaurant voisin, celui-ci était en train de passer ses mains sous l’eau froide.
Physiquement, son cousin se porte relativement bien compte tenu des circonstances. «Mais pour l’instant, il est très traumatisé.» Le soir même, il a été transporté à l’Hôpital de l’Île à Berne, avant d’être transféré à Lausanne, où les brûlures sont traitées dans un service spécialisé.
«Il regardait nerveusement autour de lui»
Une femme qui souhaite rester anonyme raconte, elle aussi, à watson ce qu’une connaissance lui a confié. Cette dernière se trouvait également dans le car postal. Selon son récit, l’auteur présumé serait monté à bord à Ried et se serait assis au milieu du bus. La femme aurait déjà eu un mauvais pressentiment, car il «regardait autour de lui nerveusement».
Au passage à niveau, lorsque le car postal a tourné dans la Murtenstrasse, l’homme se serait levé, aurait crié quelque chose d’incompréhensible et se serait aspergé d’essence. Peu après, il se serait immolé par le feu, à proximité du passage piéton.
Sa connaissance aurait d’abord été brièvement sous le choc, raconte notre témoin, en se basant sur ce qu'elle appris le lendemain de l’accident. Mais elle a vite compris qu’elle devait sortir. La panique aurait alors éclaté dans le bus.
Son amie aurait alors tenté de sortir par la porte centrale — avec un autre passager, qu’elle suppose être le cousin d’Arbi Berisha. «Les portes ne se sont pas ouvertes toutes seules, mais ils ont essayé à deux et la porte s’est finalement ouverte», poursuit la femme en citant le témoignage de son amie. Elle aurait ainsi réussi à sortir du bus.
Mais à peine dehors, une forte détonation se serait produite et toutes les portes se seraient ouvertes. Elle n’était toutefois pas encore hors de danger.
Celle-ci va actuellement bien sur le plan physique, mais l’événement l’a profondément marquée. Pour l’heure, ce qui s’est réellement passé dans le détail reste incertain et devra être déterminé par l'enquête actuellement en cours. Une chose semble sûre au vu des témoignages et des vidéos: les passagers n’ont eu que quelques secondes pour tenter d’échapper au car postal en flammes.
