Des enfants, des poursuites et un camping-car: le profil de l'incendiaire
«Tu te souviendras de moi»: cette phrase lâchée il y a plusieurs années à un témoin et relayée par le Tages-Anzeiger prend un tout autre sens cette semaine.
Son auteur est l'homme qui s'est immolé par le feu dans un car postal mardi soir à Chiètres (FR), entraînant avec lui cinq autres personnes dans la mort. Le quotidien alémanique nous en apprend davantage sur cet individu de 65 ans, connu pour son instabilité psychique et qui vivait en marge de la société.
Le Tages-Anzeiger a retrouvé sa trace dans un petit hameau près d'Aarberg, dans le canton de Berne, où il vivait dans un camping-car stationné devant une ferme. Mercredi, le véhicule a été perquisitionné par les enquêteurs.
Bouteilles d'alcools, papier toilette, sacs poubelles pleins: celui-ci croulait sous les déchets. A l'extérieur, une boîte aux lettres débordait d'avis de poursuite et autres convocations administratives.
Il vivait dans son propre monde
Le sexagénaire vivait sur place depuis quatre ans. Décrit par une habitante comme réservé mais aimable, il avait autrefois été chauffeur de camion. Dernièrement, il souffrait de problèmes physiques et avait de la peine à se déplacer.
Auprès du Tages-Anzeiger, son bailleur parle d'un homme qui vivait dans son propre monde. Il se méfiait notamment de l'Etat qui s'occupait «des étrangers», mais pas de lui.
Selon les recherches du quotidien alémanique, le Bernois s'était récemment rendu à l’hôpital d’Aarberg en raison de ses douleurs. Il avait précédemment été admis dans un autre établissement.
Mardi, il devait toujours être hospitalisé lorsque sa disparition a été signalée à la police. Un avis de recherche a été émis et les proches de l'individu ont été sondés. Des publications Facebook consultées par le Tages-Anzeiger semblent indiquer qu'il était père de deux enfants.
Le sexagénaire n'a finalement pas été retrouvé avant sa mort dans le terrible incendie à Chiètres, qu'il a lui-même déclenché.
Le mobile reste inconnu
Selon le Tages-Anzeiger, l'homme était sur une mauvaise pente depuis un certain temps. Au bénéfice d'une curatelle, il a été enregistré à huit adresses différentes ces 20 dernières années, la dernière étant le service social d'Aarberg.
Contactée par le journal, l’autorité de protection de l’enfant et de l'adulte du Seeland indique ne pas avoir identifié d'éléments laissant penser qu'il pouvait représenter un danger pour lui-même ou pour autrui. Ce que semblent corroborer d'autres témoignages.
Le Bernois ne devait passer qu'un hiver sur son emplacement d'Aarberg, indique son propriétaire. Mais son séjour s'est prolongé et son état de santé s'est dégradé.
Le bail avait toutefois été résilié en janvier 2026, et il aurait dû déplacer son camping-car pour fin mars. Des démarches avaient été entreprises en parallèle par son curateur pour le placer en EMS.
A l'heure actuelle, le mystère reste entier sur les raisons qui l'ont poussé à commettre l'irréparable mardi soir à Chiètres (FR). Les investigations se poursuivent. (jzs)
