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Kerzers/Chiètres: pourquoi les marteaux n'ont pas été utilisés

David Bürge est commandant des pompiers d'Aarau (AG) depuis 2019.
David Bürge est commandant des pompiers d'Aarau (AG) depuis 2019.Image: Sandra Ardizzone

Voici pourquoi les marteaux d’urgence n’ont pas été utilisés

Un incendie dans un bus peut virer au drame en quelques minutes. Gaz toxiques, réflexes humains et manque de réaction expliquent pourquoi les passagers se retrouvent pris dans un piège mortel.
13.03.2026, 05:3713.03.2026, 05:37
Sabine Kuster
Stefan Ehrbar

Les bus sont aujourd'hui plus légers que jamais: hormis la structure métallique principale, les revêtements intérieurs, le sol, les sièges et bien d'autres éléments sont fabriqués en polymères. Les bus consomment ainsi moins d'essence, mais ils ne sont pas pour autant ignifuges.

Sabyasachi Gaan, responsable du groupe Chimie Advanced Fibers au laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche Empa, indique:

«Ces matériaux sont certes généralement fabriqués de manière à être retardateurs de flamme. Mais ils restent combustibles en raison des hydrocarbures qu'ils contiennent, lorsqu'un grand incendie éclate.»

Un danger mortel inodore

Du côté des pompiers, David Bürge, commandant des sapeurs-pompiers d'Aarau (AG), abonde:

«Le bus est constitué de matériaux difficilement inflammables. Un briquet n'y peut pas grand-chose. Il faut un défaut rarissime ou un acte délibéré pour qu'un incendie se déclare.»

Le car postal incendié est un véhicule à plancher bas du fabricant allemand Setra, qui était exploité par une entreprise de transport par autocar de Morat (FR) pour le compte de CarPostal. Le bus dispose d'une porte à l'avant et d'une au milieu, mais pas en queue de véhicule.

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Le réservoir se trouve entre la porte avant et la porte centrale, et les batteries sont logées à l'arrière du bus. Selon les indications du fabricant, le délai entre le déclenchement d'un incendie et l'embrasement total n'est que de «quelques minutes». Le magnésium et l'aluminium intégrés dans les bus du fabricant pourraient, en cas d'incendie, atteindre des températures allant de 2000 à 3000 degrés Celsius.

Lors de la conférence de presse d'hier, un inspecteur cantonal a indiqué que le feu avait manifestement disposé de suffisamment d'oxygène, de chaleur et de matières combustibles pour se propager avec cette rapidité et cette ampleur, ce que l'on appelle un flashover, ou embrasement généralisé éclair (EGE), un phénomène connu après la catastrophe incendiaire de Crans-Montana.

Mais ce n'est souvent pas le feu en lui-même qui est mortel; ce sont les gaz toxiques dégagés par la combustion qui tuent en premier, comme l'explique Gaan:

«Tout incendie produit du dioxyde de carbone toxique. Mais lorsque l'oxygène vient à manquer, comme dans un véhicule fermé, il se forme du monoxyde de carbone inodore, dont la dose létale est bien plus faible.»

A forte concentration dans un espace clos, la perte de conscience peut survenir après quelques respirations seulement, et la personne peut mourir en quelques minutes.

Des moyens d'urgence souvent non utilisés

Mais même si les passagers sont encore en mesure d'agir un instant: le commandant des pompiers Bürge souligne que «le réflexe de fuite ne s'enclenche souvent pas immédiatement». C'est seulement lorsque le premier réagit qu'une réaction en chaîne se met en marche chez les personnes en danger. Bürge ajoute:

«De plus, l'être humain veut toujours ressortir par où il est entré. C'est pourquoi les marteaux d'urgence rouges destinés à briser les vitres ne sont souvent pas utilisés, même lorsque la sortie est bloquée. Nous sommes conditionnés à ne rien endommager. Agir à l'encontre de ce réflexe demande du courage.»

De même, les passagers ne grimpent pas spontanément par-dessus les sièges pour fuir lorsque le couloir est obstrué.

Un marteau de secours, ici dans un train.
Un marteau de secours, ici dans un train.Image: Gaëtan Bally / Keystone

Dans les bus, une difficulté supplémentaire vient du fait que toutes les vitres ne peuvent pas être brisées, mais uniquement celles qui sont marquées et prévues à cet effet. Car, dans certains bus, les vitres constituent des éléments porteurs, comme le précise Bürge:

«Le marteau d'urgence lui-même est facile à manier, et le scellé n'est pas non plus difficile à briser. Une voie de fuite est alors immédiatement dégagée.»

Un état de panique qui change tout

De nombreux bus disposent également d'un extincteur dans la partie avant du car postal, mais, là aussi, il est difficile pour des non-initiés de réagir correctement et de l'utiliser dans la panique. Mais les chauffeurs de bus sont-ils suffisamment préparés? En réponse à une demande, CarPostal indique que leurs employés sont formés à intervalles réguliers dans le cadre de formations continues, y compris pour les cas d'incendie.

Celui qui parvient à atteindre une porte peut sortir: à condition de se souvenir qu'il existe une commande manuelle d'ouverture de porte. Elle est marquée en rouge et se trouve au-dessus de la sortie: en la tournant, la porte s'entrouvre et peut être écartée davantage à la main. Selon le service de presse de CarPostal, tous les véhicules sont équipés d'une telle commande. Bürge rappelle néanmoins:

«Contrôlé et homologué, le bus est un moyen de transport très sûr»

Même lors d'accidents impliquant des bus, il ne se souvient d'aucun incendie. Les pompiers d'Aarau ne sont intervenus qu'une seule fois, lorsque le moteur d'un essuie-glace avait surchauffé et dégagé de la fumée, ce qui avait été rapidement résolu.

Loquet permettant d'entrouvrir les portes de bus.
Un loquet permettant d'entrouvrir les portes de bus.Image: Capture d'écran
Incendie dramatique à Chiètres (FR)
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Incendie dramatique à Chiètres (FR)

Un car postal a brûlé le 10 mars 2026 à Chiètres, dans le canton de Fribourg.

source: dr
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Incendie d'un car postal à Chiètres
Video: watson
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